
How Todd Rundgren Changed Rock Forever
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L'intervenant raconte son parcours, débutant par l'installation d'un studio vidéo analogique à Bearsville, qui, bien qu'étant un investissement coûteux, a finalement été utilisé pour des répétitions de tournées plutôt que pour la production vidéo. Il décrit ensuite ses premières expériences d'enregistrement avec un magnétophone chez un ami au lycée, où ils s'amusaient à créer des émissions de radio et des effets vocaux.
Après le lycée, il rejoint un groupe de blues, puis se tourne vers la musique psychédélique californienne. Il fonde ensuite son propre groupe, The Nazz, et raconte comment ils ont dû enregistrer des démos en direct dans les studios des maisons de disques, faute d'équipement personnel. La première chanson qu'il a écrite, "Hello, It's Me", une ballade, contraste avec le style rock du groupe. Elle est placée en face B de leur premier single, "Open My Eyes". Contre toute attente, "Hello, It's Me" devient le seul succès des Nazz, après que l'intervenant ait quitté le groupe.
Il explique son départ du groupe par des tensions internes et une gestion de carrière particulière : le manager maintenait le groupe "hors du marché" pour faire monter les prix, ce qui limitait leurs performances en direct. Durant cette période, il commence à s'intéresser à l'ingénierie et à la production. Le premier album des Nazz est produit par un Américain qui ne s'implique pas beaucoup, ce qui le pousse à mixer l'album lui-même, sans expérience préalable mais avec un studio à disposition. Il se nomme ensuite producteur du deuxième album, une décision qui contribue à la dissolution du groupe.
En 1969, après avoir quitté les Nazz, il est engagé comme auteur-compositeur par Screen Gems. Il est ensuite recruté par l'organisation d'Albert Grossman, dont le mandat est de moderniser le catalogue d'artistes folk vieillissants. Son premier projet sérieux est un album de Jesse Winchester, produit par Robbie Robertson. Il est remarqué pour son efficacité à obtenir les sons souhaités, notamment grâce à sa connaissance du placement des micros et de la sélection des micros (par exemple, un micro dynamique pour la caisse claire). Il privilégie la prise de décision rapide pendant l'enregistrement pour éviter d'accumuler les choix à la fin du projet.
Il est ensuite chargé de l'ingénierie de l'album "Stage Fright" de The Band. Il admet n'avoir pas pleinement réalisé l'ampleur de leur succès à l'époque. Il décrit des sessions d'enregistrement chaotiques en raison des problèmes personnels des membres du groupe. Il joue lui-même du cor baryton sur le titre "WS Walcott Medicine Show" pour obtenir un son amateur. Ce projet le met sur la carte.
Il évoque des rencontres marquantes, notamment avec Eric Clapton, son idole. Il raconte une anecdote où il prête sa guitare à Clapton pour une jam session impromptue avec Muddy Waters et Howlin' Wolf. Plus tard, il brise une corde en jouant avec Clapton au Madison Square Garden, et Clapton lui prête sa propre guitare.
Après plusieurs projets d'ingénierie et de production, il demande à sa maison de disques un budget pour un "projet de vanité" – un album solo sans intention de carrière. Il enregistre "We Got to Get You a Woman", qui est accidentellement diffusé à la radio, le forçant à se produire sur scène. N'ayant jamais été chanteur principal, il doit apprendre à chanter pendant plus de 20 minutes sans perdre sa voix. Il s'inspire de chanteurs comme Stevie Wonder, dont il analyse la technique vocale et l'usage de la compression. Il s'entraîne en criant dans sa voiture pendant des heures pour développer son diaphragme.
Il explique sa méthode d'enregistrement : il compose d'abord pour un orchestre, enregistrant tous les instruments lui-même (batterie en premier, puis piano, etc.), avant d'ajouter les voix. Pour ses propres disques, il a tendance à jouer tous les instruments. Le premier album où il a tout joué lui-même est "Something/Anything?". Il confie avoir appris à jouer de la batterie spécifiquement pour l'enregistrement. Il utilise un micro Neumann U87 pour la voix mais préfère les micros dynamiques pour sa propre voix, car ils modèrent les pics.
Il mentionne les défis des premières technologies d'enregistrement, comme le passage du 4 pistes au 8 pistes, puis au 16 et 24 pistes. Il construit son propre studio, Secret Sound, à New York, où il enregistre "Wizard of True Star". Il conçoit et construit sa propre console de mixage en bois, avec des faders Penny and Giles et des égaliseurs graphiques sur chaque canal. Il découvre l'efficacité de la soustraction de fréquences plutôt que de l'ajout. Il utilise des équipements inhabituels comme le Cooper Time Cube pour des délais courts. Il est un adepte des limiteurs 1176.
Pour l'enregistrement des guitares, il utilise des micros dynamiques, mais expérimente aussi avec des systèmes de manipulation électronique du son. Il apprécie les amplis Mesa Boogie pour leur son. Il accorde une attention particulière à l'enregistrement de la batterie, qu'il considère comme le plus grand défi. Il utilise des micros PZM pour les overheads, appréciant leur directivité.
Il évoque la production de son album "Adventures in Utopia" et le titre "Road to Utopia", expliquant que le son de guitare est inspiré des "Blues Breakers" d'Eric Clapton. Il décrit l'intensité sonore des concerts de l'époque.
Le projet Utopia est né de son désir de continuer à jouer de la guitare, car ses propres compositions devenaient très axées sur le piano. Utopia est un groupe de rock progressif à l'américaine, influencé par le jazz fusion, contrairement au rock progressif britannique plus classique. Les concerts duraient de quatre à quatre heures et demie, avec de longs solos pour chaque musicien. Malgré cela, il réussissait à produire de nombreux disques par an (trois productions, un album solo, un album d'Utopia).
Albert Grossman, son manager, a fait de lui le producteur le mieux payé au monde, lui assurant des points et des avances importantes. Dans les années 70 et 80, il adopte un modèle où il reçoit le budget total de l'album, couvre tous les coûts (studio, musiciens) et garde le reste comme avance. Les maisons de disques apprécient cette approche car elle garantit un coût fixe.
Il aborde la transition vers le numérique, en commençant par les machines ADAT utilisant des cassettes VHS, puis en passant à Pro Tools. Il est critique envers Avid, la société qui a racheté Pro Tools, en raison de leur service client. Il finit par s'éloigner de Pro Tools et utilise Reason pour les instruments et Rewire pour les connecter.
Il mentionne les studios Sigma Sound à Philadelphie où il a mixé le deuxième album des Nazz et a développé une technique d'écho inversé qui a inspiré Joe Tarsia pour un morceau des O'Jays. Il explique que certaines innovations sont le fruit d'accidents, comme l'effet de flanger qu'il a découvert en essayant de doubler une piste mono.
Il décrit le processus de mixage avant l'automatisation, où il devait exécuter chaque mouvement de fader en direct. Il parle de l'édition de bandes magnétiques, une tâche de précision. Il exprime ses réserves sur l'utilisation continue de l'analogique en raison de la dégradation des bandes. Il reconnaît les avantages du numérique, malgré les critiques de certains artistes.
Il souligne que la fidélité sonore est moins importante pour le public que la qualité de la chanson elle-même, l'enthousiasme et l'engagement de l'artiste. Il privilégie la pré-production pour s'assurer que le matériel est solide et que les musiciens sont confiants.
Il explique sa méthode de travail pour ses projets solo : il laisse son subconscient faire le travail, notant des idées et les laissant mûrir. Quand le moment est venu, les paroles et les mélodies émergent presque automatiquement. Il compose d'abord les arrangements instrumentaux avant d'ajouter les voix. Son studio actuel est simple : un ordinateur portable, un clavier contrôleur et un microphone.
Concernant le streaming, il estime que la fidélité compte peu pour les auditeurs modernes, qui ont des habitudes d'écoute différentes (écouteurs Beats avec basses amplifiées). Il pense que la valeur de l'expérience d'écoute de qualité a diminué. Il conclut qu'il faut se concentrer sur la création d'un disque que l'on aime, et laisser le reste aux "muses de l'internet".
Il admire Elvis Costello pour sa capacité à compresser beaucoup d'idées dans un format simple. Il a également été impressionné par Burt Bacharach et la qualité constante de ses chansons.