
Pourquoi tu ne deviendras JAMAIS riche
Audio Summary
AI Summary
Cette vidéo, présentée par Théo et Alexis Dieu, expert en psychologie, aborde l'importance de la psychologie dans la prise de décisions d'investissement et l'enrichissement personnel. L'objectif est de fournir des outils pour devenir un meilleur investisseur en comprenant et en gérant ses émotions.
Alexis, qui gère les réseaux sociaux chez Onanasset, est également psychothérapeute depuis plus de dix ans, spécialisé en hypnose et passionné par la mécanique de la prise de décision. Il s'appuie sur des connaissances scientifiques pour aider les gens à changer leurs comportements. Théo a invité Alexis pour son approche basée sur la collecte et l'application de données dans les décisions d'investissement, soulignant que la théorie seule ne suffit pas sans une bonne gestion psychologique.
La discussion vise à expliquer pourquoi, malgré la connaissance, il est parfois difficile d'agir, pourquoi on se sabote, et pourquoi on a l'impression d'être retenu par une force invisible. Théo évoque des exemples concrets : la peur de la volatilité en bourse, la réticence à investir dans le Private Equity même pour les ultra-riches, ou encore des personnes qui s'enrichissent puis perdent tout. Il mentionne le livre "The Psychology of Money" et l'ironie que son auteur, bien que connaissant l'argent, ne soit pas lui-même riche. Théo partage son expérience avec des entrepreneurs qui stagnent, connaissant les réponses mais n'appliquant pas les solutions, souvent par peur de gérer l'argent ou d'être perçu différemment.
Alexis explique que les blocages psychologiques proviennent souvent de valeurs profondes. Il cite des recherches montrant que les valeurs de sécurité s'opposent à celles de prise de risque et de développement. Si la sécurité est prioritaire, on hésitera à prendre des risques nécessaires pour gagner de l'argent. Consciemment, les gens ne classent pas le pouvoir (qui inclut l'argent) comme une valeur importante, mais dans une société capitaliste, il occupe une place majeure. Cette dissonance entre l'image que l'on veut projeter et ce qui est réellement important peut freiner l'enrichissement. Certains associent l'argent à la corruption ou à la perte de liens sociaux, ce qui les pousse à ne pas développer leur patrimoine. Il est crucial de déconstruire ces croyances.
Théo confirme l'impact des croyances sociétales, citant la diabolisation des ultra-riches par les médias. Il compare les réactions des marchés francophones et américains : les francophones cherchent à se protéger, tandis que les Américains sont orientés vers l'action et l'enrichissement. Cette différence se retrouve aussi dans les commentaires en ligne, avec plus de critiques et de jalousie sur les plateformes francophones.
Alexis identifie quatre grands profils de croyances inconscientes liées à l'argent, formées souvent pendant l'enfance :
1. **Le culte de l'argent** : l'argent résout tout, il en faut toujours plus. Cela mène à l'épuisement professionnel (burnout) car on ne sait pas s'arrêter.
2. **L'argent est sale/corrompt** : il ne faut surtout pas gagner trop d'argent. Ces personnes sous-facturent et ne cherchent pas à s'enrichir, craignant de devenir de "mauvaises personnes".
3. **L'anxiété de dépenser** : il ne faut pas utiliser l'argent pour son plaisir. Ces personnes, même riches, restent très économes, comme le dragon protégeant son trésor.
4. **Le statut par l'argent** : la valeur personnelle est liée à la richesse. Ces individus dépensent pour impressionner, achetant des biens ostentatoires même si ce n'est pas judicieux.
La première étape pour dépasser ces blocages est d'en prendre conscience par l'introspection. Théo partage son expérience, ayant traversé ces phases : d'abord dépensier pour prouver sa réussite, puis très réservé après la vente de son entreprise, cherchant à sécuriser ses gains. Il raconte l'anecdote d'un ami multimillionnaire qui, après un "mauvais mois", s'est refusé un bel hôtel et a logé dans une chambre minuscule, illustrant l'anxiété liée à la dépense. Il mentionne aussi des jeunes entrepreneurs qui investissent tout leur patrimoine dans des voitures.
Alexis présente l'étude de l'auto-handicap : des participants résolvent un problème, certains avec succès réel, d'autres non, mais tous reçoivent une bonne note. Ensuite, on leur propose une "pilule magique" qui soit améliore, soit perturbe leurs capacités cognitives avant un second test. Le groupe qui ne savait pas pourquoi il avait réussi choisit significativement plus la pilule perturbatrice. L'auto-handicap permet de se donner une excuse en cas d'échec ("c'est à cause de la pilule") ou de renforcer l'ego en cas de succès ("malgré la pilule, j'ai réussi"). On le voit chez ceux qui ne se lancent jamais complètement dans un projet ambitieux par peur de l'échec. Théo corrobore, citant des entrepreneurs qui ont de bonnes idées mais ne les réalisent pas par peur de dépenser.
Un autre mécanisme est l'autovérification : les gens préfèrent s'entourer de personnes et se mettre dans des situations qui confirment leurs croyances sur eux-mêmes. Si quelqu'un a une mauvaise image de soi, même avec un partenaire qui a une bonne image d'eux, ils s'engageront moins pour prouver leur "mauvaise nature". Transposé à l'argent, ceux qui pensent ne jamais être riches ne feront pas d'efforts, s'entoureront de personnes qui les confortent dans cette idée, et attribueront la chance à leurs rares succès, et l'échec à leur incompétence. C'est un cercle vicieux.
Théo relie cela à la peur des impôts : certains entrepreneurs évitent de dépasser certains plafonds pour ne pas payer plus d'impôts, se sabotant ainsi. Il souligne qu'il est préférable de gagner plus et de payer des impôts que de gagner moins pour ne pas en payer. Il critique l'attrait pour les enveloppes fiscales avantageuses mais peu performantes (comme le PEA qui favorise les actions françaises moins performantes que les américaines), montrant que la peur de l'impôt peut mener à de mauvaises décisions d'investissement.
Alexis aborde les biais cognitifs, des "illusions d'optique" de la pensée qui influencent nos décisions. La douleur de la perte est 2,25 fois plus forte que le plaisir du gain. Il illustre avec un exemple de choix entre un gain sûr de 9 millions et 90 % de chances de gagner 100 millions (Théo choisit le gain sûr), puis entre une perte sûre de 9 millions et 90 % de chances de perdre 100 millions (Théo choisit l'option risquée). Face au gain, on cherche la sécurité ; face à la perte, on est plus joueur pour l'éviter. Un fond d'investissement présenté comme "gagnant 7 années sur 10" est plus attrayant que "perdant 3 années sur 10", même si c'est la même information. Il suggère d'inverser la formulation d'une proposition d'investissement pour déjouer ces biais.
Théo interroge sur la difficulté de couper une position perdante en bourse. Alexis explique la "maladie du retour à zéro" : tant que la position n'est pas coupée, la perte n'est pas "officielle". C'est la douleur psychologique d'officialiser la perte qui retient. Comme au casino, où l'on veut "se refaire", on prend des risques démesurés. Perdre 50 % de 100 euros nécessite de faire 100 % pour revenir à 100 euros, ce qui est beaucoup plus difficile.
Alexis évoque la surconfiance : les créateurs d'entreprise surestiment massivement leurs chances de succès par rapport aux statistiques et à leurs concurrents. Théo fait le lien avec la courbe de Dunning-Kruger : au début, on sait qu'on ne sait rien, puis on atteint rapidement un pic de confiance (l'effet "Loup de Wall Street") avant de se heurter à la réalité et de regagner humblement de la compétence. Théo, avec plus de 10 000 heures d'expérience en investissement, se considère inconsciemment compétent, évitant les erreurs de débutant. Il cite l'exemple de ne pas investir dans les cryptomonnaies ou le bois, malgré la réussite d'amis dans ces domaines, car il n'y a pas l'expertise nécessaire.
Une étude montre que les problèmes financiers diminuent les capacités cognitives. Si l'on pense à une grosse dépense imprévue, on réussit moins bien des tâches logiques. Cela signifie qu'en période de stress financier ou de forte volatilité boursière, il est plus difficile de prendre de bonnes décisions. D'où l'importance d'avoir un plan d'investissement préétabli pour éviter de négocier avec son "moi émotionnel" sous pression.
La question "l'argent fait-il le bonheur ?" est abordée. Des recherches de 50 ans sur le sujet ont d'abord suggéré un plafond de bonheur à 75 000 dollars de revenus annuels. Cependant, cette simplification médiatique ne distinguait pas le bonheur général (eudémonique) du bonheur immédiat. Une étude ultérieure, utilisant une application pour évaluer le bonheur en temps réel, a montré que le plafond disparaît : le bonheur continue d'augmenter avec les revenus. Les chercheurs des deux études ont collaboré et ont conclu que l'argent rend heureux et que le bonheur augmente avec les revenus, mais surtout pour les personnes qui sont déjà globalement heureuses dans leur vie. Pour ceux ayant des problèmes matériels, l'argent apporte plus de liberté et de bonheur. En revanche, pour des problèmes non résolvables par l'argent (deuil, anxiété, dépression), l'argent n'apporte pas plus de bonheur.
Théo partage son expérience : l'argent lui a apporté une explosion de bonheur par la liberté, puis cette liberté est devenue la norme. Le bonheur est ensuite venu de l'accomplissement de projets. Il pense que le plafond de bonheur lié à l'argent est plutôt lié aux dépenses et aux décisions, et qu'au-delà d'un certain point, l'accomplissement devient plus important.
Concernant la volonté, l'expérience du marshmallow (enfants résistant à la gratification immédiate pour une récompense future) a été réévaluée. Des études ultérieures ont montré que la réussite des enfants n'était pas tant liée à la volonté qu'à des stratégies (penser au marshmallow comme un nuage plutôt qu'à son goût) et surtout au milieu social. Les enfants de milieux défavorisés, habitués aux promesses non tenues, mangeaient plus souvent le marshmallow, tandis que ceux de milieux aisés avaient confiance en la promesse des adultes. Une fois ces biais supprimés, la capacité à résister au marshmallow n'a aucune incidence sur la réussite future. La conclusion n'est donc pas que les riches restent riches et les pauvres pauvres, mais que des stratégies et un environnement propice peuvent changer la donne.
La motivation intrinsèque (accomplissement, aider les autres) est plus pérenne que la motivation extrinsèque (montant sur le compte en banque). Théo, issu d'un milieu modeste, a vaincu sa peur de manquer d'argent en diversifiant ses revenus passifs et en aidant sa famille et des causes qui lui sont chères. Il a ainsi pu se déconnecter de la compétition et de la comparaison. Il insiste sur l'importance d'avoir un plan pour l'argent qui va au-delà de l'achat immédiat de biens matériels, en le liant à des objectifs d'accomplissement et d'aide.
Enfin, Alexis souligne l'importance de fixer des objectifs concrets et tangibles. Plutôt que "économiser plus", il faut définir des actions précises : "à chaque salaire, je