
Elle a quitté la France pour vivre dans la jungle en Thaïlande
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Ce résumé retrace l'expérience de Constance et Cyril, un couple français expatrié en Thaïlande, dans le nord du pays, près de Chiang Mai. Ils partagent leur parcours, leurs motivations, les défis rencontrés et la philosophie de vie qu'ils ont adoptée en Thaïlande.
Constance explique avoir découvert la Thaïlande il y a 25 ans, ressentant immédiatement un sentiment d'être "chez elle", malgré sa première fois en Asie. Après une longue absence, elle est revenue seule avec son sac à dos, atterrissant à Chiang Mai. Des rencontres marquantes, notamment avec un moine bouddhiste, ont mené à des projets d'aide aux enfants à la frontière birmane, où elle a rencontré son "frère de cœur" et sa famille, possédant des éléphants depuis des générations. Elle a été "adoptée" par ces gens, recevant même un prénom thaïlandais, Jam Jan.
Le couple a décidé de quitter la France car ils sentaient que "le vent tournait" et que la direction prise par le pays ne leur convenait pas. Constance avait déjà du mal à trouver sa place en Occident, ne se sentant pas en résonance avec le système. Ils ont choisi de sortir de ce système pour en construire un autre, basé sur des valeurs de partage, de générosité, de soutien et de solidarité.
Ils décrivent la Thaïlande comme la "France des années 70", où, malgré la monarchie, il existe une grande liberté et une forte solidarité, avec moins de restrictions qu'en France. Ils ont été frappés par la rigidité et le nombre de règles en France lors d'un récent séjour, contrastant avec la "fraîcheur" et la souplesse de la vie thaïlandaise. Pour eux, il faut accepter d'être "un triangle dans un monde rond" et de vivre sa vie en accord avec soi-même.
Depuis le Covid, ils observent un éveil des consciences en Europe, poussant les gens à chercher un autre mode de vie, plus proche de la nature. Cependant, ils mettent en garde contre l'idéalisation de la vie à la campagne ou dans la jungle, soulignant que ce n'est "pas si simple" et demande beaucoup de travail. L'expatriation en Thaïlande est facile "si le pays t'appelle autant que tu l'appelles" et si l'on vient pour donner autant que pour prendre.
Le couple a connu des difficultés, notamment la perte d'un sanctuaire d'éléphants, un projet qui s'est "très mal fini" et leur a coûté l'équivalent de 80 000 à 100 000 euros. Malgré cela, ils n'ont jamais envisagé de rentrer en France. Ils sont arrivés ici avec peu de moyens, commençant avec des logements très rudimentaires. Leur première maison en Thaïlande était faite de "quatre feuilles de tôle avec des trous" et la deuxième, avec Cyril, de "3 m² avec une planche en bois pour le lit et la terre par terre". Ils ont appris à vivre comme les locaux, à "encaisser" la météo et les défis quotidiens.
Constance se sent acceptée par les locaux, qui l'ont invitée à vivre avec eux. Ils ont deux "familles de cœur" : les Akha et la famille de Bobby, le "frère de cœur" de Constance, qui s'occupe des éléphants. Ces tribus du nord de la Thaïlande (Akha, Mong, Karen, Lisu, Lahu, Padong) contribuent à la richesse culturelle de la région.
Ils soulignent les différences culturelles importantes. Les Thaïlandais vivent beaucoup dans le moment présent, ayant parfois du mal à planifier à long terme, contrairement aux Occidentaux. La Thaïlande leur a appris la patience, le lâcher-prise et le concept de "pen mai pen" (ce n'est pas grave). En Thaïlande, "tout peut s'écrouler en 24 heures et se reconstruire en 48 heures", ce qui nécessite une grande capacité d'adaptation émotionnelle. Ils insistent sur la nécessité de comprendre la culture et la mentalité thaïlandaise pour éviter les malentendus. Les Thaïlandais sont moins directs et peuvent laisser les étrangers faire leurs erreurs pour qu'ils apprennent par eux-mêmes, par respect.
Concernant les soins hospitaliers, Constance, infirmière de formation, trouve la qualité des soins en Thaïlande excellente et peu coûteuse, même dans les hôpitaux publics. Elle a été "un peu honteuse" en rentrant en France, constatant que les Thaïlandais "n'ont rien, ils font tout, on a tout, on fait rien".
La Thaïlande est un pays de paradoxes, où la modernité de Bangkok côtoie la vie en communion avec la nature. Les Thaïlandais ont une connaissance profonde de leur environnement, sachant par exemple quelles plantes sauvages sont comestibles. Cette capacité à vivre sans dépendre du système est une source d'enseignement et d'humilité pour les Occidentaux.
Leur projet actuel est une "homestay" (maison d'hôtes) de 3 hectares, avec quatre lodges, pouvant accueillir jusqu'à 12-13 personnes. Leur concept est de partager leur vie et leur environnement avec les visiteurs, offrant une "expérience humaine" et de déconnexion. Les clients viennent souvent pour les éléphants, mais aussi pour découvrir la nature, les cascades et se ressourcer. Les repas sont pris en commun, et les activités encouragent l'interaction et les jeux de société, loin des téléphones.
Cyril, le mari de Constance, a rencontré Constance à Marseille, où il a vécu 26 ans et travaillé dans l'immobilier. Ils se sont mariés en août 2020, après avoir démarré leur entreprise en Thaïlande. Ils ont tout appris sur les éléphants avec la famille de Bobby.
Leurs choix de vie sont parfois critiqués par leur entourage en France, notamment la décision de s'expatrier alors qu'ils ont des enfants. Ils insistent sur le fait qu'ils n'ont pas "abandonné" leurs enfants et qu'ils les soutiennent. Malgré les critiques et les difficultés, ils n'ont jamais envisagé de rentrer en France, leur vie étant désormais en Thaïlande. Ils espèrent que leurs enfants pourront aussi bénéficier de cette "rampe de lancement" en Asie si l'Europe devient trop compliquée.
Le couple s'engage dans la sensibilisation des touristes sur le bien-être des éléphants. Ils expliquent l'histoire des éléphants en Thaïlande et ce qui est éthique ou non, comme éviter de monter sur une nacelle. Ils nuancent les généralisations, expliquant que chaque éléphant est un individu et que certaines interactions, comme se baigner avec eux, peuvent être positives si l'animal est consentant. Un éléphant habitué à l'homme ne peut pas être remis à l'état sauvage car il reviendra toujours chercher de la nourriture auprès des humains. L'objectif est de gérer au mieux ces situations complexes.
Concernant le budget, Cyril a pu investir environ 50 000 euros de la vente de son appartement à Marseille pour vivre et développer le business. Constance a également investi un pécule lié au décès de son père. Ils ont eu la malchance de démarrer leur entreprise deux mois avant le Covid, ce qui a entraîné une année d'inactivité et des difficultés.
Ils soulignent l'importance de ne pas partir sur un "fantasme" ou une "fuite", mais de bien préparer son projet, surtout en tant que parents. Ils ont mis "tapis" mais de manière responsable, pour assurer l'avenir de leurs enfants.
Ils ont appris des Thaïlandais à ne pas trop se soucier du futur, qui est "hypothétique". Une phrase de leur "petit frère Akha", John, les a marqués : "En Thaïlande, les solutions arrivent aussi vite que les problèmes." Cette philosophie leur a permis de rebondir après l'échec de leur premier projet.
Pour se faire respecter des locaux, ils estiment que ce n'est pas un "effort", mais une question de donner pour recevoir et de respecter la culture. Apprendre la langue est utile, mais pas forcément nécessaire d'être bilingue. Quelques phrases de base et une attitude respectueuse suffisent. La communication non verbale est très importante. Ils insistent sur l'humilité et l'adaptation aux codes de fonctionnement thaïlandais.
Leur homestay propose également un "yoga shala", un espace de pratique pour des retraites de yoga et pour les hôtes qui souhaitent se ressourcer. C'est un lieu pour "être" et non pour "faire" ou "avoir", en contraste avec la société occidentale. Ils accueillent tout le monde, mais préviennent que la vie dans la jungle est pour ceux qui aiment la nature et les animaux, sans craindre les araignées ou les serpents (inoffensifs).
Le couple a aussi recueilli deux suricates, Mirza et Léon, animaux du désert qui n'ont rien à faire en Thaïlande en raison du climat humide. Ils en prennent grand soin, car ces animaux sont nés en captivité et ne peuvent être remis à l'état sauvage.
Constance et Cyril offrent un guide gratuit sur l'expatriation en Thaïlande et proposent des appels personnalisés pour ceux qui envisagent de s'installer dans les 12 à 18 prochains mois, afin de les aider dans leurs démarches (visas, assurances, logement, scolarité, fiscalité).