
SCANDALE MONDIAL : le FBI enquête sur le foot argentin (et la FIFA savait...)
Audio Summary
AI Summary
Le journaliste sportif Romain Molina, invité par Idris, dénonce un scandale sportif majeur, potentiellement le plus gros depuis le FIFA Gate. Il souligne l'inefficacité de la justice suisse dans les affaires de gestion déloyale, citant les non-lieux, prescriptions et acquittements dans les enquêtes concernant la FIFA, Infantino et Platini. L'affaire Jeffrey Epstein est également mentionnée pour illustrer l'absence d'enquête pour gestion déloyale concernant une transaction de 22 millions de dollars.
Molina aborde ensuite la politisation effrénée de la Coupe du Monde, avec des enjeux géopolitiques considérables. Une finale France-Argentine pourrait générer 2 milliards de vues, bénéficiant notamment à Donald Trump pour attirer Miley aux États-Unis, et surtout, faire s'effondrer les paris en cas de finale différente. La FIFA rêve d'une telle finale pour battre des records d'audience, estimant la précédente finale à 1 à 1,5 milliard de téléspectateurs. Le football est décrit comme une arme géopolitique, et non plus un simple sport.
Le cœur de l'enquête porte sur la Fédération argentine de football (AFA) et un détournement potentiel de plus de 300 millions de dollars. L'AFA est accusée de se livrer à des dépenses ostentatoires, telles que des voitures de sport et des jets privés, sans complexe. Contrairement aux montages opaques habituels pour détourner des fonds, les procédures mises en place par l'AFA sont jugées étonnamment simples et rapides.
Le schéma détourné s'articule ainsi : la sélection argentine génère des revenus (droits TV, sponsoring, prize money FIFA). L'argent, au lieu d'aller directement à la Fédération, est détourné. Neuf jours avant la finale de la Coupe du Monde 2022, l'AFA octroie une licence exclusive d'exploitation des droits télévisuels, contrats de sponsoring, organisation de matchs, logistique et hôtels à "Tour Prod Center", une société basée à Miami, créée trois mois et demi auparavant par des ressortissants argentins. La société est officiellement détenue par l'épouse d'un producteur de théâtre et ancien homme politique argentin, M. Faroni.
Cette société "Tour Prod Center" récupère l'exclusivité de tous les revenus extérieurs destinés à la Fédération. Le contrat prévoit une commission fixe de 30% pour cette société, un taux jugé exorbitant, la norme étant autour de 10%. Cette commission est qualifiée de "loufoque" et inhabituelle, surtout compte tenu de la jeunesse et du manque d'expérience de "Tour Prod Center", qui ne dispose même pas d'agents licenciés FIFA pour organiser des matchs.
Une des raisons de ce montage est la différence entre le taux de change officiel et le taux du marché noir du dollar en Argentine. La Fédération ne souhaitait pas que l'argent arrive directement sur ses comptes pour éviter des pertes dues à la dévaluation du peso. Ainsi, 42 millions de dollars de prize money de la FIFA, et d'autres revenus d'Adidas et de sponsors, ont été virés à "Tour Prod Center" plutôt qu'à l'AFA. Depuis 2022, les revenus estimés de cette société dépassent les 300 millions de dollars.
Molina compare ces pratiques à celles de la mafia, évoquant des montages financiers dignes de cartels sud-américains. La société détourne environ 100 millions de dollars via des schémas complexes, incluant des "bonos" (cartes prépayées) pour éviter le taux de change officiel, et des sommes importantes transférées en liquide chaque semaine, avec des montants avoisinant parfois les 90 000 dollars par semaine pour certains dirigeants.
L'argent transite par plusieurs banques américaines (JP Morgan, City Bank, Sivanus) avant d'être versé à quatre sociétés fantômes basées à Miami, qui ont reçu plus de 42 millions de dollars. Ces sociétés sont détenues par des couples vivant à Bariloche, en Argentine, dont certains endettés et ayant bénéficié de logements sociaux. Ces sociétés ont depuis été fermées.
L'enquête met en lumière le rôle du président de la Fédération, "Chiqui" Tapia, un péroniste proche du gouverneur de la province de Buenos Aires, qui aurait utilisé ses connexions pour entraver la justice argentine. L'élection de Javier Milei, opposé aux péronistes, est vue comme un tournant. Miley aurait demandé à Trump d'agir contre ses ennemis, ouvrant la voie à une intervention du FBI, rendue possible par l'utilisation de sociétés américaines dans le circuit financier.
La Fédération argentine est également liée à des sociétés dans des paradis fiscaux comme le Delaware et le Wyoming. Les fonds détournés auraient servi à l'achat d'immeubles et d'appartements de luxe à Miami pour le couple Faroni, ainsi qu'à l'acquisition d'un club de football italien, "Pouja", pour plus de 6 millions de dollars, financé par les succès de l'équipe argentine.
Le scandale touche aussi l'équipe féminine argentine. Des joueuses ont accusé un entraîneur, diplômé de la FIFA, de harcèlement moral, psychologique et sexuel, allant jusqu'à exiger des photos intimes de mineures et des menaces de viol. Malgré des preuves accablantes, la FIFA aurait couvert l'entraîneur, voire divulgué l'identité des plaignantes contre leur gré, alors que la condition d'anonymat était essentielle pour leur témoignage. L'AFA n'a jamais sanctionné cet entraîneur, qui continue d'opérer dans le milieu du football.
La FIFA est accusée de fermer les yeux sur ces anomalies, y compris dans le cas d'un président de fédération africaine condamné à perpétuité pour blanchiment et faux usage de faux, mais toujours soutenu par la FIFA. Cette complaisance s'explique par le système de vote au sein de la FIFA, où chaque fédération compte une voix, et par la volonté d'Infantino de maintenir son pouvoir.
Concernant la Coupe du Monde 2030, la FIFA aurait favorisé l'Amérique du Sud pour s'assurer le soutien de la confédération sud-américaine (CONMEBOL), présidée par un Paraguayen, Alejandro Dominguez, lui-même visé par une plainte pour détournement de fonds de la FIFA.
Le football est présenté comme une arme géopolitique et un outil de soft power, expliquant l'implication des politiques, de Donald Trump à Xi Jinping. L'exemple du nouveau président colombien, Gustavo Petro, qui a fait campagne avec un maillot de l'équipe nationale alors qu'il prétendait détester le football, illustre cette instrumentalisation.
L'intervention de Donald Trump pour faire annuler le carton rouge de l'attaquant américain Folarin Balogun, en contact avec le directeur exécutif de la FIFA Task Force, Julianni, est décrite comme un exemple de l'influence politique. Malgré l'absence de droit d'appel officiel pour les cartons rouges, la FIFA a réuni un comité disciplinaire pour surseoir à la suspension, motivée par un lobbying intense de la Maison Blanche.
La corruption touche aussi d'autres pays, comme la Tunisie, la Corée du Sud, et le Sénégal, avec des dirigeants menant un train de vie ostentatoire. L'affaire Negreira en Espagne, impliquant des paiements du FC Barcelone à un ancien responsable de l'arbitrage, est mentionnée comme un exemple de la corruption dans le football espagnol.
Enfin, Molina conclut que le problème n'est pas seulement l'AFA ou la FIFA, mais un système qui a laissé prospérer la corruption. Il souligne l'importance de la transparence, mais aussi les difficultés à l'appliquer face aux volumes d'affaires astronomiques, notamment dans les paris sportifs, qui représentent un chiffre d'affaires similaire à celui de Coca-Cola et constituent un marché clandestin majeur.
Le mot de la fin de Romain Molina insiste sur le fait que le football, malgré ses dérives, reste un vecteur d'union et de pédagogie. Il appelle à l'indignation et à l'action pour faire changer le système, encourageant le public à s'informer via ses ouvrages.