
Le Yen explose… et personne ne vous dit pourquoi
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Salut à tous et bienvenue pour ce débrief hebdomadaire. Je suis assis pour des raisons techniques et physiques, suite à un petit incident. J'espère que vous allez bien en ce 1er mai. Les marchés américains sont ouverts, contrairement à Euronext en France. Merci pour votre patience et cette pause de 15 jours. Je suis de retour en forme pour aborder les marchés avec vous.
Cette semaine a été riche en événements. Le yen a explosé, le dollar contre le yen baissant. La Banque centrale du Japon (BoJ) est intervenue après que le dollar ait dépassé les 160 yens, provoquant un "short squeeze". Sur une unité de temps hebdomadaire, le mouvement n'est pas si important, mais le yen reste à des plus bas. La BoJ a racheté 35 milliards de dollars de sa propre monnaie pour effrayer les investisseurs qui jouent contre le yen. Cette intervention, plus virile que de simples déclarations, vise à contrer l'augmentation des coûts d'importation, notamment du pétrole, due à la faiblesse du yen.
En macroéconomie, nous avons eu le dernier discours de Jerome Powell. J'ai accompagné ces 8 années de mandat en direct mercredi soir. Une partie du replay est disponible sur Twitter. Powell a consacré la moitié de son discours à des adieux, bien qu'il reste au conseil et aux commandes de la Fed jusqu'à l'arrivée de Kevin Wars vers la mi-mai. Il n'a pas dit grand-chose de nouveau, soulignant l'inflation sans s'en inquiéter outre mesure pour le moment. Il a rappelé que l'impact des droits de douane sur l'inflation avait été temporaire, permettant à la Fed de baisser les taux l'année dernière. Aujourd'hui, aucune nouvelle baisse des taux n'est attendue avant fin 2027. Kevin Wars a déjà annoncé vouloir changer des choses, notamment le double mandat de la Fed (gérer les prix et l'emploi), contrairement à la Banque centrale européenne dont le mandat est exclusivement lié aux prix. Powell a aussi insisté sur l'indépendance de la Réserve fédérale par rapport à la politique.
Jeudi, le PIB américain n'était pas bon, ce qui a peut-être accentué la baisse du dollar, les marchés anticipant de potentielles baisses de taux. L'indice d'inflation PCE, mieux pondéré que le CPI et mesurant le comportement des consommateurs, était conforme aux attentes.
Concernant la Banque centrale européenne, je n'ai pas suivi les annonces cette semaine, tant l'actualité était dense. Je pense que beaucoup sont passés à côté.
Le conflit en Iran continue d'influencer les cours du pétrole. Le WTI est revenu à 110 dollars, s'apaisant temporairement. Cependant, cette semaine, le Brent a pris 10% et le WTI plus de 11%. Cela inquiète les marchés, même si l'impact est mitigé.
Le dollar américain s'est replié, mais reste dans une zone d'achat importante depuis 2022. L'euro-dollar est très plat depuis l'été dernier. L'or ne montre pas de gros flux, mais la moyenne mobile 50 hebdomadaire pourrait être une zone d'achat à moyen ou long terme autour de 4000-4100 dollars. Les taux à 10 ans aux États-Unis ont remonté toute la semaine, restant tendus et proches des plus hauts depuis la guerre en Iran. Cela pèse sur le coût de la dette américaine, qui dépasse désormais le budget de la défense.
Malgré tout, le SP500 a atteint de nouveaux records historiques cette semaine. Cette pression haussière est liée aux publications des géants de la tech.
Meta a perdu 10% après sa publication. Le chiffre d'affaires a progressé de 33% (plus de 56 milliards de dollars) et le bénéfice net par action a dépassé les attentes (plus de 10 dollars contre 6 attendus). Cependant, Mark Zuckerberg a annoncé une augmentation des dépenses d'investissement (capex) pour 2026, passant de 115-135 milliards à 125-145 milliards de dollars. Le problème pour Meta est qu'elle n'a pas de cloud, contrairement aux autres géants où le cloud, le stockage de données et la puissance de calcul sont en pleine explosion. Le marché interprète cela comme un besoin de calmer les investissements.
Google, en revanche, a été très bien accueilli. Avec 110 milliards de dollars de chiffre d'affaires, son cloud a connu une croissance de plus de 60%, atteignant 20 milliards de dollars. L'IA rapporte du cash maintenant, ce que le marché attendait. Google a aussi annoncé une hausse de son dividende de 5%.
Amazon et Microsoft se situent dans le ventre mou. Amazon a vu son free cash flow s'effondrer à 1,2 milliard de dollars, contre 25 milliards l'année dernière, en raison d'investissements massifs (60 milliards) dans les serveurs et l'IA. Bien que l'action ait progressé et atteint des records, la réaction n'a pas été aussi euphorique que pour Google. Microsoft a également publié des chiffres stratosphériques (chiffre d'affaires de près de 80 milliards, +18%, cloud +40%) mais avec des investissements de 35 milliards de dollars. Le marché est de plus en plus exigeant face à des valorisations très élevées.
Apple a bien performé après bourse, progressant de 3%. L'iPhone 17 a très bien marché en Chine (+40% de progression), défiant les attentes négatives sur le marché asiatique. Les services liés à l'IA et aux appareils ont généré 31 milliards de dollars de chiffre d'affaires avec une marge brute de 76%. Apple ne verse pas de dividendes mais rachète ses propres actions pour 100 milliards de dollars, ce qui fait augmenter le bénéfice net par action et propulse l'action.
Plus de 40% des entreprises du SP500 ont publié cette semaine. Je ferai un bilan complet lundi matin dans le "Morning Mood" et toute la semaine sur IVT. Malgré la remontée des prix du pétrole, la tech a réussi à satisfaire les attentes. Les réactions du marché ont été mitigées, avec des hausses et des baisses importantes, mais globalement, les points positifs ont compensé les négatifs.
Les marchés américains sont tirés par la tech. Le NASDAQ se porte bien. Le Dow Jones, malgré la hausse du pétrole, a suivi le mouvement. Le Russell 2000 (petites capitalisations américaines) montre également un bon comportement et des tendances haussières.
En Europe, la situation est plus compliquée. Le DAX reste dans un range depuis mai. J'ai préféré travailler à la vente sur le CAC, qui était plus faible. Il a perdu 3% entre le début de semaine et le plus bas de jeudi, avant une légère remontée. J'ai pris des bénéfices à 7950 points sur mes positions de vente. Je travaille les indices faibles à la vente près des résistances et à l'achat près des supports. Je ne suis pas à l'aise pour acheter les indices américains à leurs niveaux actuels, car ils sont très forts. Je ne vais pas non plus vendre contre la tendance.
Sur l'euro-dollar, j'ai continué à vendre cette semaine, mais sans grand succès. J'ai fermé quelques positions car le dollar s'est replié jeudi, notamment à cause du yen, du bon PCE et du mauvais PIB aux États-Unis. Cela pourrait indiquer une Fed plus accommodante sous Kevin Wars.
Attention aux cours du pétrole. Ils peuvent monter très vite, et l'impact sur les prix des engrais, la consommation et l'alimentation se fera sentir dans les prochaines semaines et mois. Pour l'instant, les marchés sont complaisants et très concentrés sur la tech.
Concernant les cryptos, ma stratégie n'a pas changé. L'objectif est d'augmenter progressivement l'exposition au Bitcoin jusqu'à 55 000 dollars. La tendance long terme reste haussière. Le croisement des moyennes mobiles 20 et 50 hebdomadaires indique que la tendance court terme remonte, tandis que la tendance moyen terme devient plus neutre. Il est crucial de construire les étages progressivement et de tenir les 75 000 dollars dans les prochains mois pour changer la psychologie baissière actuelle. Le marché respire par cycles, avec des excès. Pour l'instant, il n'y a pas de retournement psychologique ou de tendance radical.
Sur l'Ether, nous sommes dans un méga range hebdomadaire. J'augmente mon exposition quand ça baisse et je réduis quand ça monte. Si l'Ether dépasse les 2400-2500 dollars, ce ne sera pas le moment d'acheter pour moi, mais plutôt de vendre. Les Altcoins, au-delà du Bitcoin et de l'Ether, restent compliqués, avec des opportunités limitées. L'indice Total 3 (hors Bitcoin, Ether et stablecoins) est dans un range, plus proche du bas que du haut, donc neutre.
La semaine prochaine, le NFP aux États-Unis sera à surveiller, malgré les jours fériés en France et la Golden Week au Japon. Je resterai calme sur mes expositions, privilégiant la vente des indices faibles (CAC) près des résistances et l'achat des supports. Si vous êtes à l'aise avec l'achat des indices américains, continuez, car le marché vous donne raison. Je me fixe des alertes, par exemple sur le SP500 à 7176 points, pour éviter les erreurs. Le marché est très focus sur les points positifs, voyant le verre à moitié plein.
Je vous souhaite un très bon weekend, peut-être prolongé, de bonnes vacances ou bon courage à ceux qui travaillent. N'oubliez pas de laisser un pouce bleu, de vous abonner et d'activer la cloche. Ciao !