
La Finance Décentralisée était-elle un mirage ? 30 000 ETH ont été gelés
AI Summary
L'émission débute par un tour d'horizon des marchés, marqué par une hausse notable du Bitcoin, dépassant les 79 000 dollars. L'intervenant exprime un scepticisme quant à la durabilité de ce "pump", estimant qu'un retour à des niveaux plus bas est probable, malgré son optimisme habituel. Il souligne que la hausse actuelle ne repose pas sur des catalyseurs majeurs. Un point intéressant est soulevé concernant l'avis d'un amiral américain au Sénat, qui, interrogé sur l'intérêt géopolitique du Bitcoin face à la Chine, a réorienté le débat vers les fondamentaux du Bitcoin : cryptographie, blockchain et preuve de travail, éléments constitutifs du consensus de Nakamoto, soulignant sa résilience et son antifragilité. Cette intervention est perçue comme un signe que même au sein de l'armée, une compréhension lucide des vertus du Bitcoin commence à émerger.
Concernant l'Ethereum, la tendance est moins favorable. L'intervenant confie avoir liquidé ses positions en ETH fin 2024, estimant que malgré l'intérêt pour la technologie Ethereum, le token lui-même n'a plus sa place dans son portefeuille. Cette opinion est partagée par un autre participant, qui constate une absence de fondamentaux justifiant une reprise de valeur de l'ETH, en dépit de la solidité du réseau. Le "price action" de l'Ether est jugé catastrophique, et les altcoins sont toujours considérés en "bear market", contrairement au Bitcoin qui a su se démarquer.
La discussion s'élargit sur la thèse d'investissement de l'Ether. Il est avancé que le passage à la preuve d'enjeu (Proof of Stake) et la mise en avant des Layer 2 ont redirigé la création de valeur vers ces réseaux externes, ne ramenant pas d'argent ni de valeur sur Ethereum, et donc sur le token ETH. Le ratio "price earning" de l'ETH est jugé catastrophique. L'intérêt pour les cryptos, y compris l'Ether, est éclipsé par l'intelligence artificielle, entraînant un "repricing" nécessaire. Seul le Bitcoin, avec sa proposition de valeur distincte, échappe à cette tendance.
Il est souligné que même le secteur du minage de Bitcoin se tourne vers l'IA pour des raisons de rentabilité. Le Bitcoin est désormais intégré dans la finance traditionnelle, mais les investisseurs institutionnels ne semblent pas encore avoir pleinement compris sa thèse. En période de tensions géopolitiques, ils vendent les actifs risqués, y compris le Bitcoin, pour se positionner sur l'or. Le Bitcoin est vu comme étant dans une phase de maturation, passant d'un actif purement spéculatif à une valeur refuge potentielle. L'exemple de l'Iran envisageant d'utiliser le Bitcoin comme moyen de paiement est cité comme un signe positif de reconnaissance de sa fonction monétaire originelle.
Le débat se poursuit sur la distinction entre la monnaie d'État et la monnaie "réserve de valeur". Il est suggéré que l'État, en créant la monnaie fiat, a dissocié ces deux concepts, une anomalie que le Bitcoin pourrait corriger en les réassociant. Une intervention d'Yves Chefati sur Bitcoin comme prochain étalon mondial de mesure de la valeur est recommandée.
La conversation aborde ensuite le hack de Kelp, un protocole de "restaking", pour 292 millions de dollars. Ce hack, lié à la technologie Layer 0 et à la compromission d'un réseau de vérification décentralisé (DVN), a permis aux hackers de créer des RSETH synthétiques non "backés". Les fonds volés ont été déposés sur Aave comme collatéral pour emprunter du WETH réel, laissant Aave avec des créances irrécouvrables et provoquant une perte de 10 milliards de dollars de TVL.
En parallèle, Arbitrum a pris la décision de bloquer les 30 000 ETH volés, en les rendant inaccessibles. Cette action, bien que légitime pour empêcher le financement d'entités comme la Corée du Nord, soulève un débat crucial sur la décentralisation. Arbitrum, bien que prétendant être décentralisé, a démontré sa capacité à censurer des fonds, ce qui est contraire aux principes de la finance décentralisée (DeFi). L'intervenant, bien que favorable à la récupération des fonds, critique le fait qu'une telle décision soit possible, révélant la centralisation sous-jacente des Layer 2.
Il est rappelé que la plupart des Layer 2, y compris Arbitrum, reposent sur un séquenceur unique, ce qui les rend centralisés et potentiellement censurables. Le terme "DeFi" est jugé trompeur, et il est suggéré d'utiliser plutôt "finance on-chain" pour refléter la réalité de ces systèmes. La décentralisation n'est pas un tout, et il existe différents niveaux de centralisation au sein de l'écosystème. La gouvernance des DAO est également remise en question, souvent détournée par les investisseurs majeurs, et ne servant parfois qu'à contourner les régulations.
L'incident d'Arbitrum est perçu comme un "turning point", une opportunité pour une prise de conscience collective sur la véritable nature de la finance "on-chain" et ses différents niveaux de décentralisation. Les utilisateurs sont invités à faire leur propre recherche (DYOR) et à ne pas déposer leurs fonds sur des réseaux qu'ils ne comprennent pas.
Enfin, l'émission aborde des sujets de sécurité plus larges. Des enlèvements liés à des fuites de données personnelles, notamment celle de la NTS (institution émettant les cartes d'identité), sont mentionnés comme une menace croissante. L'application de vérification d'âge de l'Union Européenne, déjà piratée deux fois, est présentée comme une menace supplémentaire pour la vie privée et la centralisation des données. Face à ces risques, la promotion de Noster, un protocole de communication décentralisé et incensurable, est faite comme une alternative pour protéger la vie privée et les informations personnelles.