
Tesla Roadster : un rêve qui s'envole avec SpaceX !
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Jeudi soir au Texas, une Tesla Roadster a effectué un saut spectaculaire à l'aide de propulseurs SpaceX, atterrissant sur ses roues après une vrille en l'air. Cet événement a soulevé la question de l'utilité d'une telle voiture et de l'entrée dans une nouvelle ère technologique.
Eric Larchevêque, co-fondateur de Ledger, était présent à Dallas et a partagé son expérience. Il avait précommandé le nouveau Roadster en 2021, quatre ans après son annonce initiale en 2017. À l'époque, il avait versé 250 000 dollars pour l'édition Founder, limitée à 1 000 exemplaires, motivé par la beauté du véhicule et l'idée que ce serait un bon investissement. Les spécifications initiales, comme 1 000 km d'autonomie et des réacteurs SpaceX permettant des accélérations record, semblaient fantaisistes, la voiture étant même décrite comme potentiellement volante. Eric voyait cet achat comme une opportunité de rêver et un placement potentiellement lucratif, avec la possibilité d'un remboursement à tout moment.
Le design du Roadster présenté a cependant évolué, s'éloignant des courbes arrondies du modèle initial pour adopter un style plus anguleux, mélange de Cybertruck et de Lamborghini. Cette modification a divisé les premiers acheteurs, certains étant déçus, d'autres l'adorant. Eric a avoué avoir été initialement surpris, mais le spectacle de la présentation l'a fait changer d'avis, trouvant finalement le nouveau design magnifique et l'ancien "vieilli".
Pierre Gobille, "El Professor" de Silicon Carnet, a souligné que Tesla avait vendu un véhicule sans date de livraison, sans garantie de design ni même de production, en se basant uniquement sur la confiance en la marque et en Elon Musk. Le contrat actuel stipule toujours que le véhicule est un prototype et qu'aucune garantie n'est donnée sur le modèle final. Pour Eric, cet achat représente "le droit de rêver", une motivation alimentée par la force de la marque Tesla et la personnalité de Musk. Il a comparé cet achat à la 2CV ou à la voiture volante de Fantômas, notant que le rêve était un moteur essentiel.
Sur le plan technique, le Roadster se décline en trois modèles. Le modèle de base intègre un système d'aspiration impressionnant, permettant au véhicule de rester collé à la rampe d'essai. Cette technologie, bien que déjà utilisée par le passé et interdite en Formule 1 en raison des projections de graviers qu'elle peut générer, offre une tenue de route exceptionnelle et pourrait, à terme, améliorer la sécurité des voitures de série, bien que son homologation sur route soit incertaine.
Le deuxième modèle, la version "performance", intègre des "thrusters" (réacteurs) qui éjectent de l'air comprimé à haute pression et refroidi, propulsant le véhicule de 0 à 100 km/h en seulement 80 centièmes de seconde. Cette accélération de 3G est extrême et pourrait provoquer des évanouissements ou des vomissements, rendant son utilisation sur route impossible et la limitant aux circuits. Ces propulseurs sont bruyants, comparables à des aspirateurs puissants, et génèrent des projections dangereuses. La version "Thrust" qu'Eric a précommandée intègre cette technologie, mais il envisage de la modifier en version "performance" pour pouvoir l'utiliser sur route, car la version "Thrust" nécessiterait un brevet de pilotage d'avion selon la FDA.
La troisième version, la "Rocket", est encore plus extrême, nécessitant une bonbonne supplémentaire d'hydrogène ou d'azote et n'étant disponible que sur invitation. Il est clair que la plupart de ces versions ne sont pas destinées à la route.
L'annonce du Roadster intervient dans un contexte difficile pour Tesla, avec un recul de 2 % des livraisons au troisième trimestre et l'arrêt des modèles X et S. Eric a souligné le désintérêt d'Elon Musk pour la partie automobile au profit des robots et de SpaceX, ce qui a freiné l'innovation dans les véhicules Tesla, désormais concurrencés par des voitures électriques chinoises souvent de meilleure qualité.
Pierre a ajouté que Musk a compris que la bataille de la voiture traditionnelle est terminée. L'avenir réside dans les véhicules entièrement autonomes comme le Cybercab et les lignes d'assemblage de robots. Il a comparé le Roadster à de la haute couture, une démonstration de savoir-faire technologique sans vocation d'usage quotidien, servant à renforcer la réputation de la marque et à financer d'autres projets plus ambitieux. Le Roadster est un démonstrateur technologique à plusieurs niveaux : les propulseurs à gaz froid sont issus des systèmes de fusées réutilisables de SpaceX, les réservoirs sous pression en fibre de carbone sont similaires à ceux des fusées, les ailerons mobiles sont sophistiqués, et l'intelligence artificielle pilote l'ensemble sans intervention humaine. Ces synergies entre Tesla et SpaceX alimentent les rumeurs d'une possible fusion des entités de Musk.
La question de l'utilité du Roadster, souvent posée sur les réseaux sociaux, a été abordée. Eric a répondu que, tout comme la haute couture, l'exploration lunaire ou les premières inventions comme l'électricité, l'utilité n'est pas toujours immédiate. Pour lui, le message de Musk est une invitation à rêver, à dépasser les limites et à nourrir l'âme humaine dans un monde dominé par l'IA. Il voit Musk comme un "enfant" qui, ayant les moyens, réalise des choses extraordinaires pour le plaisir de l'innovation et pour inspirer. Cette approche est à l'opposé des visions nihilistes et de la décroissance, prônant une croissance infinie et la conquête du cosmos.
Pierre a complété cette idée en soulignant que, historiquement, les inventeurs n'avaient pas toujours une visée mercantile. Musk, en tant qu'inventeur, a créé ce Roadster comme une "soupape personnelle", un projet "qui sert à rien" mais qui combine des technologies incroyables et inspire la prochaine génération de créateurs. Il a rappelé la phrase de Peter Thiel : "On nous avait promis la voiture volante et on nous a filé un réseau social avec 140 caractères", Musk démontrant que la voiture volante est désormais une réalité.
Le message de Musk est également une invitation à la conquête, à dépasser les frontières et à s'éloigner d'une "morale de la sobriété" ou d'une "écologie de la pénitence". Il invite l'humanité à rêver plus grand et à utiliser la technologie pour repousser les limites. Eric, émerveillé par la démonstration, a partagé son sentiment d'avoir 10 ans à nouveau, sans se soucier de l'utilité pratique. Il a souligné que Musk raisonne à l'échelle de Kardashev, cherchant à faire passer la civilisation à un niveau où elle serait capable d'utiliser toute l'énergie de son étoile pour conquérir le cosmos et rendre l'humanité multiplanétaire. Cette vision, à l'inverse de la décroissance, est celle d'une croissance infinie grâce à des ressources infinies. Eric a salué Musk comme une figure rare qui ose défier le politiquement correct et contribue de manière spectaculaire à l'humanité, notamment en offrant une tribune d'expression libre avec X (anciennement Twitter). Il a conclu en disant qu'il ne chercherait pas à déconcentrer Musk s'il le rencontrait, souhaitant qu'il reste focalisé sur sa vision.
La discussion s'est conclue sur une note humoristique avec la réaction de Yann LeCun, qui a minimisé l'innovation du Roadster, à laquelle Elon Musk a répondu par une réplique tirée des Monty Python, "I farted in your general direction", illustrant le caractère provocateur de Musk.