
Pétrole à 100 $ : le piège qui bloque les marchés
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Ce débrief hebdomadaire aborde trois points clés : la tétanisation des marchés, la situation d'OpenAI et le début de la saison des publications de résultats.
Les marchés sont actuellement tétanisés. Le pétrole Brent a atteint plus de 104 dollars le baril en une journée, avec une hausse de 4 % jeudi. Cette semaine a été marquée par des tensions géopolitiques : le magazine The Atlantic a rapporté que la Maison Blanche envisageait de nouvelles frappes contre l'Iran avant les élections de mi-mandat. Un pétrolier a été touché au large du Qatar, et l'Iran a menacé de bloquer le détroit d'Ormuz. Cette pression sur le prix du baril a été temporairement apaisée par un message de Trump sur son réseau social, indiquant qu'aucune attaque sur l'Iran n'aurait lieu avant le 3 novembre. Cependant, ce message n'élimine pas le risque, mais le décale, ce qui explique la réticence des investisseurs à prendre des positions majeures. Le coût élevé du pétrole entraîne une reprise de l'inflation, poussant les banques centrales à augmenter leurs taux d'intérêt, ce qui tend les valorisations des actions. Aux États-Unis, le prix à la pompe a augmenté de 50 % depuis février, et de 30 % en France. L'Agence internationale de l'énergie a libéré des stocks, priorisant le diesel.
Concernant les taux d'intérêt, le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a atteint 5,35 %, proche de son plus haut niveau en 24 ans. Christopher Waller de la Fed a confirmé qu'il y avait un risque de hausse des taux si l'inflation persistait. Malgré la hausse du coût de la dette, l'appétit pour la dette américaine reste fort. Deux adjudications majeures cette semaine ont montré une demande quasi trois fois supérieure à l'offre pour les bons à 10 ans et à 30 ans, indiquant que les investisseurs sont acheteurs au-dessus de 5 %. Le dollar reste fort pour trois raisons : le pétrole est payé en dollars, les États-Unis exportent de l'énergie tandis que l'Europe en importe, et les rendements américains sont plus attractifs (5,2 % pour le 10 ans américain contre 3,6 % pour l'allemand). L'euro-dollar a atteint l'objectif de 1,06, avec une stratégie de prise de bénéfices. Pour le CAC 40, il n'y a pas encore de signal de retournement, et l'attente est fixée à 7600 points pour des achats progressifs. Le CAC est la lanterne rouge européenne avec -5 % depuis janvier, tandis que Francfort, Madrid et Milan affichent plus de 10 % de gains.
Le deuxième point concerne OpenAI. Le Financial Times a révélé que le chiffre d'affaires annualisé de la société serait de 50 milliards de dollars, et non les 70 milliards précédemment évoqués. Cet écart de 20 milliards a provoqué une réaction immédiate sur le marché, le secteur de l'IA perdant entre 4 et 5 %. Nvidia a chuté de 3 % (170 milliards de capitalisation envolés), AMD de 4 %, et Oracle de 6 %. Cependant, cet écart n'est pas dû à une baisse des ventes, mais à une différence de méthode de comptage : 70 milliards représentent le chiffre d'affaires brut incluant la part des partenaires, tandis que 50 milliards correspondent à ce qu'OpenAI perçoit réellement. Cette distinction est cruciale car la valorisation de toute la chaîne de l'IA est basée sur ces chiffres. Une valorisation à 1400 milliards de dollars avec 70 milliards de revenus représente 20 fois le chiffre d'affaires, mais 28 fois avec 50 milliards. L'argent étant cher (taux à plus de 5 %), le marché recalcule les valorisations. La demande pour l'IA reste forte, avec une croissance des revenus de plus de 70 % pour OpenAI au troisième trimestre. Le marché s'interroge désormais sur le prix à payer pour cette demande.
Enfin, la saison des résultats commence. L'action française Hop Mobility (anciennement Plastic Omnium), un équipementier automobile, a chuté de plus de 20 % en une journée après avoir abaissé ses objectifs 2026 et annoncé 770 suppressions de postes. Cette sanction violente s'explique par le fait que la direction avait confirmé ses objectifs deux mois et demi plus tôt. Le marché sanctionne non seulement les chiffres, mais aussi la crédibilité de la direction et sa communication. Ce profit warning envoie un message : les attentes sont très élevées, notamment aux États-Unis où les analystes anticipent 30 % de croissance des bénéfices sur un an pour le S&P 500, qui se négocie à 19 fois les bénéfices attendus. Avec des rendements obligataires à plus de 5 %, une obligation d'État rapporte autant que les bénéfices attendus des actions. Par conséquent, toute entreprise qui déçoit est sévèrement sanctionnée.
En ce qui concerne le Bitcoin, après une euphorie quasi extrême, le marché a consolidé, revenant sur des niveaux clés. L'évolution des prochains jours sera cruciale pour confirmer la tendance haussière court terme.
La semaine prochaine sera chargée : mardi marque le coup d'envoi de la saison des résultats avec les grandes banques américaines (JP Morgan, Wells Fargo, Goldman Sachs, City Group), suivies mercredi par Bank of America et Morgan Stanley. Les banques américaines ont perdu 9 % en un mois, et leurs publications ainsi que les discours de leurs dirigeants sur la consommation et le crédit seront scrutés. Mercredi, les chiffres de l'inflation aux États-Unis pour septembre seront publiés (attente de 3,6 % sur un an, contre 3,4 % le mois dernier). Ce chiffre est crucial avant la réunion de la Fed fin octobre. Jeudi, les prix à la production et la publication de TSMC (Taiwan Semiconductor), un acteur majeur de l'IA, seront à surveiller pour évaluer la demande de puces