
Equal Highs & Lows: The Liquidity Target Most Traders Miss
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Dans cet épisode, nous abordons la notion de "hauts égaux" (equal highs - EQ) et de "bas égaux" (equal lows - EQL) dans l'analyse des prix. Un débat persiste dans le monde du price action : est-ce que de multiples touches d'un niveau le rendent plus fort ou plus faible ? La réponse est que ces deux visions sont erronées. En réalité, chaque fois que le prix touche un niveau ou crée des hauts ou des bas égaux, c'est de la liquidité qui s'accumule à ce niveau, et cette liquidité est destinée à être exploitée.
Les hauts ou bas égaux sont simplement deux ou plusieurs points d'oscillation (swings) qui se forment à peu près au même niveau. Il n'est pas nécessaire qu'ils soient exacts au centime près ; on parle de niveaux "relativement égaux". L'aspect visuel est donc crucial. Plutôt que de voir ces niveaux comme des zones de support ou de résistance solides, il faut les considérer comme des accumulations de liquidité. Les hauts égaux représentent une accumulation de "buy stops" (ordres d'achat stop) au-dessus du marché, tandis que les bas égaux représentent une accumulation de "sell stops" (ordres de vente stop) en dessous du marché.
Le raisonnement derrière ce concept s'inscrit dans une perspective institutionnelle du marché. Pour un trader lambda, voir un niveau de résistance touché à plusieurs reprises peut le convaincre de vendre (short) à ce niveau, en plaçant ses stop loss au-dessus. Inversement, un niveau de support touché plusieurs fois peut inciter les traders à acheter (long), en plaçant leurs stop loss en dessous. Ce que les institutions font, c'est exploiter cette psychologie. Lorsque le prix atteint un niveau de résistance perçu comme fort, les institutions peuvent le faire "exploser" pour déclencher les stop loss des traders qui ont vendu, utilisant ainsi cette liquidité (buy stops) pour remplir leurs propres ordres de vente à découvert. De même, lors d'un support perçu comme fort, elles peuvent faire baisser le prix pour déclencher les stop loss des acheteurs (sell stops), utilisant cette liquidité pour remplir leurs propres ordres d'achat avant de faire remonter le prix.
Les hauts et bas égaux ne servent pas toujours de point de retournement. Ils peuvent également être une cible (target). Si un trader identifie une opportunité d'achat, les hauts égaux précédents peuvent servir de cible de profit. Les institutions qui cherchent à vendre leurs positions longues ont besoin d'acheteurs, et la liquidité sous forme de buy stops au niveau des hauts égaux leur fournit cette opportunité.
La distinction entre un niveau de retournement potentiel et une cible dépend du contexte global de l'analyse, notamment de la tendance de fond (high time frame bias) et de la fourchette de négociation (dealing range). Si la tendance est haussière et que le prix effectue un repli, des hauts égaux peuvent apparaître comme une cible de profit pour une position longue déjà ouverte, plutôt qu'un point de retournement. Inversement, dans une tendance baissière, des hauts égaux peuvent servir de zone de vente (short entry).
Le concept de "liquidité ingénierée" est souvent lié aux hauts et bas égaux. Parfois, le prix peut s'approcher d'une zone d'entrée souhaitée par les institutions (par exemple, un order block) sans la toucher, créant ainsi des hauts ou des bas égaux juste au-dessus ou en dessous. Cela incite les traders à entrer prématurément, pensant que le support ou la résistance est déjà établi. Le prix finit par "nuker" (balayer) ces bas égaux pour atteindre la zone d'entrée réelle (l'order block), déclenchant les stop loss des traders qui sont entrés trop tôt, avant de finalement initier le mouvement attendu.
Pour identifier les hauts et bas égaux, il faut observer visuellement deux ou plusieurs points d'oscillation (swings) à peu près au même niveau. La présence de plusieurs bougies formant un swing significatif, avec du temps et de l'espace entre eux, renforce l'idée d'une accumulation de liquidité. Des figures classiques comme les "double tops" et "double bottoms" sont en réalité des exemples de hauts ou bas égaux. Il est important de noter que l'égalité n'est pas stricte ; des différences de quelques ticks ou points sont acceptables.
Dans le contexte du cycle AMD (Accumulation, Manipulation, Distribution), les hauts et bas égaux qui se forment souvent autour de la range asiatique peuvent servir de zones d'entrée ou de cibles. La manipulation new-yorkaise peut viser à balayer la liquidité des bas égaux, offrant une entrée pour une distribution ultérieure vers les hauts égaux.
Les hauts et bas égaux peuvent être considérés comme de la liquidité interne (à l'intérieur de la fourchette de négociation) ou externe (à l'extérieur de la fourchette de négociation). Le marché oscille entre ces deux types de liquidité. L'important est de comprendre que ces niveaux ne sont pas du support ou de la résistance au sens traditionnel, mais des zones où la liquidité s'accumule pour être exploitée.
Le balayage (sweep) de ces niveaux de liquidité crée souvent des déséquilibres de prix tels que des "fair value gaps" (FVG), des "order blocks" ou des "breaker blocks". Ces formations peuvent ensuite servir de points d'entrée pour des trades à haute probabilité, le mouvement suivant étant souvent dirigé vers une autre zone de liquidité. Par exemple, le balayage de bas égaux peut créer un FVG, qui devient ensuite une zone d'entrée pour un trade visant les hauts égaux.
Il est crucial de comprendre que les hauts et bas égaux ne sont pas un signal immédiat d'entrée. Leur pertinence dépend du contexte : la tendance, la position dans la fourchette de négociation, le cycle AMD, etc. Ils indiquent une destination potentielle pour le prix, mais le timing et la manière dont le prix y parvient sont dictés par le contexte. De plus, tous les balayages de ces niveaux ne mènent pas nécessairement à un retournement ; ils peuvent simplement être une étape dans une tendance établie, servant de cible de profit.
Des exemples concrets sur Bitcoin, Ethereum, Euro/USD, Russell et US/CAD illustrent ces concepts. On y voit des bas égaux balayés avant un bottom, des hauts égaux servant de cible ou de point de retournement, des cycles AMD avec des hauts et bas égaux, et des sweeps de liquidité créant des FVG pour des entrées.
En résumé, les trois points clés à retenir sont :
1. Les hauts et bas égaux sont de la liquidité. Les multiples touches d'un niveau n'indiquent pas sa force, mais l'accumulation de liquidité prête à être exploitée.
2. Les hauts et bas égaux sont souvent la liquidité que l'on cible dans notre cadre de trading, qu'il s'agisse de liquidité interne ou externe à la fourchette de négociation. Ils peuvent servir d'entrée ou de cible.
3. Le balayage de ces niveaux crée souvent des FVG, des order blocks, ou des breaker blocks, qui deviennent des zones d'entrée potentielles pour des trades à haute probabilité.
Avec la fin de la phase 2, les outils nécessaires pour le cadre de trading sont acquis. La phase 3 se concentrera sur les modèles d'entrée et l'application concrète de l'analyse top-down.