
BlackRock va DÉTRUIRE Strategy avec son nouveau produit ?!
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Black Rock, le plus grand gestionnaire d'actifs mondial, lance un nouvel ETF Bitcoin nommé Lhares Bitcoin Premium Income ETF (ticker Bita Beta), le 16 juin 2026. Ce produit promet un rendement annuel de 15 à 25 % tout en capturant environ 70 % de la hausse du Bitcoin, versé mensuellement en espèces. Cette promesse, bien que séduisante, repose sur une ingénierie financière complexe, notamment la vente de produits dérivés.
Concrètement, l'ETF détient du Bitcoin directement et des parts de l'ETF Bitcoin Spot de Black Rock. Les frais s'élèvent à 0,65 % par an, supérieurs à ceux de l'ETF spot seul (0,25 %) mais inférieurs à certains concurrents. La garde des Bitcoins est assurée par Coinbase.
Le rendement est généré par une stratégie appelée "covered call". Il s'agit de vendre des options d'achat sur le Bitcoin détenu. L'acheteur de l'option a le droit, mais pas l'obligation, d'acheter le Bitcoin à un prix fixé (strike). Le vendeur encaisse une prime, qui constitue le rendement. C'est couvert car l'ETF possède le Bitcoin pour livrer si l'option est exercée. L'analogie est celle de louer son Bitcoin pour toucher un loyer (la prime).
Pourquoi ces primes sont-elles élevées sur le Bitcoin ? La volatilité. Plus un actif est volatile, plus les options sont chères. Le Bitcoin étant très volatile, les primes sont substantielles. En vendant des "calls", l'ETF est payé pour assurer les autres contre les mouvements importants.
Les gains pour l'investisseur sont un revenu mensuel régulier et un léger amortissement de la volatilité. Les pertes sont plus subtiles : l'investisseur renonce à une partie significative de la hausse du Bitcoin. Les gains les plus importants du Bitcoin se concentrent souvent sur de courtes périodes. En vendant des "calls", l'ETF rate ces fenêtres de performance. L'espérance de hausse est donc moindre par rapport à la détention directe de Bitcoin. L'ETF vise à capturer 70 % de la hausse, mais les 30 % abandonnés correspondent précisément aux mouvements les plus violents, ceux qui définissent un marché haussier.
Un second piège réside dans l'affichage du rendement. Le "distribution rate" (taux de distribution) est calculé en annualisant la dernière distribution par rapport à la valeur du fonds, sans garantie de répétition. La vraie performance se mesure par le "total return" (prix + distributions). De plus, le "return of capital" (ROC) peut survenir : si le fonds distribue plus qu'il ne gagne, il rend une partie du capital de l'investisseur, le présentant comme un revenu. Cela érode la valeur du fonds. Des exemples comme le fonds MSTY montrent que le ROC peut représenter une part très importante, voire la totalité, des distributions, entraînant une perte de capital malgré des revenus affichés élevés.
Bien que le Bita soit plus prudent que MSTY (vendant des "calls" sur une portion moindre de ses positions, sans levier et avec un traitement fiscal avantageux), même la meilleure stratégie "covered call" sous-performe souvent le Bitcoin seul.
Le produit s'adresse principalement aux acteurs institutionnels (assureurs, fonds de pension) qui ont besoin d'actifs générant un revenu, ce que le Bitcoin seul ne fait pas. Black Rock répond à ce besoin, concurrençant des stratégies similaires comme celles de MicroStrategy avec ses actions préférentielles. Le marché des options du Bitcoin est profond, permettant de meilleures primes.
Le succès de ce produit dépendra de sa capitalisation. Si elle atteint des milliards, cela signifiera que Wall Street a adapté le Bitcoin à ses propres mécanismes, comme il l'a fait avec des ETF actions comme le JEPI de JP Morgan. L'ETF Bita peut être vu comme un moyen d'introduire le Bitcoin auprès des institutionnels dans un format familier et rassurant. Le véritable indicateur à surveiller n'est pas le rendement affiché, mais la croissance de la capitalisation du fonds.