
LE GRAND RECAP : La FrenchTech en crise, Maddyness vs Silicon Carne !
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Bienvenue dans ce grand récap de la semaine, un format qui a rencontré un franc succès. Cette semaine, nous recevons Maxence Fabrillon de Maddyness pour discuter de son format "Balle Perdue" et de sa critique de la French Tech. Nous abordons ensuite le sujet de l'IA et du burnout avec Flavie Prévot, ainsi que les intentions de l'Arcom concernant les interviews politiques sur YouTube. Enfin, nous analysons le lancement du modèle "Chonk" de Mistral AI, baptisé Large 4.
Maxence Fabrillon, rédacteur en chef adjoint de Maddyness, revient sur notre précédente "balle perdue" concernant son format "Balle Perdue" qui cible les absurdités de la French Tech. Il clarifie que le choix de son polo de l'équipe de France de rugby n'avait aucun sens caché, malgré notre interprétation. Maxence insiste sur le fait que "Balle Perdue" vise les "absurdités de la French Tech" et non les entrepreneurs eux-mêmes, citant les "bullshit jobs" comme les Chief Happiness Officers. Il réfute l'idée que Maddyness ne fait que célébrer la French Tech, soulignant qu'ils ont couvert des sujets négatifs comme la chute des valorisations des licornes françaises et les plans de sauvegarde de l'emploi. Il défend le rôle d'un média d'investigation qui doit couvrir le bon comme le mauvais.
Fabrice, quant à lui, souligne le manque d'investigation approfondie dans le secteur tech français, contrastant avec son expérience passée dans des journaux d'investigation plus traditionnels. Il note une tendance à la communication plutôt qu'à l'enquête réelle, bien qu'il existe des tentatives sur des plateformes comme Substack. Flavie suggère que la "startup nation" pourrait devenir "cringe", observant une fatigue générale face à cet imaginaire, particulièrement chez les jeunes générations. Elle se demande si les Gen Z aspirent toujours à rejoindre des startups.
Maxence réagit à la promesse de Macron de transformer la France en startup, suggérant ironiquement que l'objectif a été atteint, avec une France qui ne produit pas de résultats et une dette énorme. Il reconnaît une possible fatigue du monde des startups, une "forêt magique" qui semble déconnectée de la réalité, surtout après le Covid et le changement d'attitude des investisseurs en 2022. Cependant, il ne pense pas que la French Tech va s'effondrer.
Concernant une éventuelle réorientation éditoriale de Maddyness, Maxence dément une réunion spécifique mais confirme que la situation évolue et que le média s'adapte. Il précise que le modèle économique de Maddyness ne dépend pas uniquement de l'événementiel, mais inclut aussi le contenu de marque blanche, la publicité et une offre premium. Il rejette l'idée de "retourner sa veste" et affirme que l'objectif est d'apporter de la légèreté et de titiller, sans intérêt personnel dans l'écosystème tech.
Carlos évoque le rôle de l'IA, qui a rendu Silicon Carnet plus mainstream en abordant un sujet compréhensible par le grand public. Il suggère à Maddyness d'exploiter ce fil conducteur. Il voit également une évolution vers les "solo founders" qui créent d'énormes startups seuls, un phénomène moins visible dans les médias traditionnels. Maxence reconnaît la nécessité d'innover dans les médias à l'ère de l'IA et des réseaux sociaux, comme Maddyness l'a fait en 2012 en tant que challenger.
Le débat se tourne ensuite vers le burnout lié à l'IA. Flavie, solopreneure, décrit son expérience comme une "farm d'IA", gérant de nombreuses conversations et une charge mentale importante, mais trouvant un côté "jouissif" et dopaminergique à orchestrer ces outils. Elle constate que le temps gagné est réinvesti dans la création de nouvelles solutions. Elle comprend que pour les salariés, la situation est différente, avec une surcharge cognitive et la peur de l'obsolescence, transformant des tâches autrefois tranquilles en corvées. Fabrice partage cette idée de "mind fuck" entrepreneurial, où la capacité à faire plus de choses en parallèle peut mener à des comportements non sains. Il mentionne un ami ayant fait un burnout à cause de l'IA, mais souligne que pour les salariés, l'augmentation des objectifs par les employeurs, sans baisse de la masse salariale, risque de mener à des licenciements et à une compétition accrue. Il évoque également le "flicage des tokens" et le travail inutile généré par l'utilisation excessive de l'IA.
Flavie défend l'idée que le travail, lorsqu'il a du sens, peut être "revivifiant", contrastant avec la vision française qui associe souvent travail et épuisement. Elle trouve le passage du salariat à l'entrepreneuriat énergisant, à condition que le travail ait du sens et qu'on sache se reposer. Carlos compare l'utilisation de l'IA à des "cheat codes" qui compressent le temps, l'argent et les compétences nécessaires, rendant les solopreneurs plus autonomes. Il reconnaît le caractère parfois inutile de certaines créations d'IA, mais apprécie la possibilité de créer des logiciels sans barrière technique.
Le sujet de l'Arcom et des interviews politiques sur YouTube est abordé. Fabrice exprime sa préoccupation quant à l'application des règles de temps de parole aux plateformes numériques, notamment pour les élections de 2027. Il souligne l'impossibilité de transposer les méthodes de mesure traditionnelles au numérique et la complexité de garantir la pluralité des intervenants. Il anticipe plutôt une convention d'usage négociée entre les acteurs majeurs de YouTube. Carlos s'inquiète de la montée du "clipping" de vidéos et de la politisation des médias de contre-culture sur YouTube, qui pourraient influencer les élections plus que les interviews directes. Il note une tendance à la "droitisassion" de sa propre consommation YouTube et appelle à une plus grande diversité de contenu. Fabrice, de son côté, explique son rôle médiatique en tant que vulgarisateur de concepts techniques et sa capacité à susciter l'audience, tout en reconnaissant la difficulté d'aller en profondeur dans les formats courts des plateaux télévisés.
Enfin, le lancement de Large 4 par Mistral AI est au cœur des discussions. Anaël, invité pour commenter, souligne que malgré les retours positifs, le lancement n'a pas eu un "énorme splash" mondial aux États-Unis. Il apprécie le clin d'œil de Mistral à la communauté avec le "chat fat". Fabrice note la réaction positive des politiques français, malgré une compréhension limitée du sujet, mais souligne que Mistral est le seul acteur français majeur dans ce domaine. Il détaille les aspects techniques de Large 4, sa consommation frugale de puces Nvidia, et sa position en troisième place mondiale derrière les États-Unis et la Chine en termes de benchmarks. Anaël et Jean-Louis débattent de la place de l'Europe dans cette course technologique. Jean-Louis compare le développement de Mistral à la capacité de faire une pizza maison, même si ce n'est pas encore la meilleure Margherita. Il met en avant l'autonomie de Mistral sur l'architecture, les données et le calcul, facteurs clés de succès.
Les tests informels de Large 4, comme celui de la bicyclette, sont jugés peu pertinents par Anaël et Jean-Louis, qui préfèrent se concentrer sur les benchmarks plus techniques comme la cybersécurité, domaine où Mistral excelle. Ils soulignent l'importance pour Mistral de développer des modèles qui répondent aux besoins des clients, notamment en B2B, et la promesse d'itérations futures. Jean-Louis ajoute que la comparaison des performances doit se faire sur les "flops" et non sur le nombre de GPU, compte tenu de l'évolution rapide des technologies. Il insiste sur l'importance pour l'Europe d'avoir un modèle d'IA indépendant et souverain. Le potentiel impact des réglementations européennes sur la personnalisation des modèles est également soulevé.
Le segment se termine avec une discussion sur l'ex-chercheur d'OpenAI, Jacob Corson, qui accuse la Chine d'espionner OpenAI et Anthropic. Fabrice et d'autres estiment que cette accusation, bien que potentiellement fondée en raison des capacités cybernétiques chinoises et du nombre important de talents IA chinois, pourrait être un prétexte pour vouloir interdire les IA open-weight, au profit des géants américains. L'argument est que les IA open-weight, si utilisées par des entreprises européennes avec des modèles chinois, réduiraient la captation de valeur par les États-Unis.
Enfin, le film "Artificial" sur l'éviction et le retour de Sam Altman est mentionné, avec des premières réactions le décrivant comme provocateur et horrifiant, ajoutant à la narration catastrophiste autour de l'IA. Le rôle d'Andrew Garfield dans la peau de Sam Altman est souligné. Il est suggéré que le film dépeindra les dirigeants de l'IA comme des psychopathes, une réalité potentiellement proche, surtout compte tenu de l'impact sociétal de leurs entreprises. La possibilité de poursuites judiciaires contre le film est évoquée. La question est posée de savoir si la France pourrait produire un film similaire sur Arthur Mensch.