
Le cauchemar de Netanyahou: les partis arabes.
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La situation politique israélienne post-électorale est décrite comme mathématiquement catastrophique, non pas au sens d'une simple addition, mais dans le cadre de la théorie des catastrophes, impliquant des bifurcations potentielles avec des répercussions mondiales, notamment via l'IPAC aux États-Unis et la géopolitique du Moyen-Orient. Des rumeurs persistantes évoquent la possibilité d'une arme nucléaire tactique utilisée par Donald Trump sur l'Iran, et la présence de défenses anti-aériennes devant Maralago ajoute à la tension.
La structure de ces élections est particulièrement intéressante. Aucun camp n'a obtenu les 61 sièges nécessaires pour gouverner sur les 120. Le camp de Netanyahu totalise 53 sièges, tandis que les 19 sièges des partis arabes deviennent cruciaux, faisant d'eux des "king makers" – un rôle ironique étant donné les efforts historiques du Likoud pour les marginaliser.
Ceci est la première élection depuis le 7 octobre 2023, marquant un tournant après trois ans de guerre. La Knesset sortante a tenu quatre ans, une durée inédite depuis 1988, en raison de la stratégie du Likoud basée sur la "peur permanente". Cette stratégie, construite sur plus de 40 ans, utilise l'argument de la peur de la mort comme levier politique le plus puissant, promettant aux Juifs d'être le seul rempart contre l'extermination par des ennemis tels que les Palestiniens, le Hamas ou le Hezbollah. Cette peur, même chez les Juifs athées, les pousse à voter pour Netanyahu, perçu comme le garant de leur survie, malgré ses alliances avec des partis ultra-orthodoxes et fondamentalistes.
La participation électorale a atteint un record depuis 1999, avec 77,9% des électeurs se rendant aux urnes. Ce taux élevé suggère une foi persistante dans le vote, mais pas nécessairement un soutien aveugle à Netanyahu. Les critiques internes, même d'anciens chefs militaires, soulignent que Netanyahu a mal géré des situations sensibles pour des raisons électorales, comme l'utilisation des "bipers" (terme non explicité mais lié à la sécurité).
Concernant les diasporas, une distinction est faite entre les pays où les musulmans sont majoritaires et les États-Unis, où les Juifs sont plus nombreux. Aux États-Unis, le vote anti-Netanyahu est plus prononcé qu'en France, expliquant le succès de certains mouvements critiques.
Le vote arabe est particulièrement marquant : environ 80% des citoyens arabes ont voté, une augmentation significative par rapport à 2022. Ce vote témoigne d'une croyance persistante en une solution politique, ce qui est mauvais pour le narratif du Likoud qui associe les Arabes à la violence. Près de 840 000 voix ont été attribuées aux listes arabes, dont 64% chez les Bédouins du Néguev, qui ont une forte présence dans l'armée israélienne. Ces Arabes qui croient aux urnes représentent une anomalie pour le système politique actuel.
La Knesset fonctionne selon des lois fondamentales, Israël n'ayant pas de constitution. L'obtention de 61 sièges est cruciale, mais une majorité si étroite rend toute réforme majeure difficile et expose à l'instabilité. Le vote se fait pour des listes nationales, et les coalitions sont toujours nécessaires. Le seuil de 3,25% des voix pour obtenir des sièges empêche les petits partis d'être représentés, mais ne constitue pas un scrutin "guillotine" à l'anglaise. Des partis comme "Publiced" ou "Peuple d'Israël" n'ont pas réussi à dégager un message clair, les préoccupations actuelles étant centrées sur la sécurité plutôt que sur des questions sociales ou économiques. La stratégie de Netanyahu consiste à utiliser la politique étrangère pour se faire élire, ce que son opposition lui reproche.
Le bloc de Netanyahu compte 53 sièges, incluant des partis d'extrême droite comme celui d'Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich (sionistes religieux). L'opposition, menée par Benny Gantz et Gadi Eisenkot (ancien chef d'état-major), regroupe 48 sièges. Les 19 sièges des partis arabes sont décisifs. La formation d'une coalition entre les partis arabes et l'opposition semble compliquée, notamment en raison des positions d'Avigdor Lieberman.
Une analogie est faite avec l'huile et l'eau, qui ne se mélangent pas sans un émulsifiant comme la gomme arabique. Dans le contexte politique, la formation d'une coalition entre le parti de Gadi Eisenkot et les partis arabes est comparée à cet effet "gomme arabique". Netanyahu cherche à empêcher cette union en propageant l'idée que tous les Arabes veulent l'extermination. Eisenkot reproche à Netanyahu non pas d'avoir utilisé les "bipers", mais de l'avoir fait au mauvais moment, mettant en danger la sécurité du pays pour des raisons politiques. Les partis arabes partagent un reproche similaire envers Netanyahu.
Le Likoud reste le premier parti en nombre de sièges, mais sa capacité à former des coalitions est limitée par son incapacité à s'allier avec les partis arabes. La formation du gouvernement dépend donc de la capacité à assembler des coalitions, un jeu complexe typique des républiques parlementaires. Le bloc de Netanyahu, avec 27 sièges pour le Likoud, est complété par des partis de droite comme celui de Ben Gvir et l'Union ultra-orthodoxe. Netanyahu semble apprécier d'avoir des partis alliés sans pouvoir réel, le rendant moins dépendant de chacun d'eux.
Des spéculations existent sur une possible prédiction messianique concernant Netanyahu, le considérant comme le dernier Premier ministre avant le "Mashiach" (Messie), ce qui justifie pour certains de le maintenir au pouvoir à tout prix. Netanyahu est également présenté comme le dirigeant ayant servi le plus longtemps en Israël, grâce à sa capacité à mobiliser l'IPAC et les chrétiens sionistes aux États-Unis, qu'il utilise comme argument pour garantir la sécurité d'Israël via l'alliance américaine.
L'opposition juive, totalisant 48 sièges, est composée de partis du centre-gauche et de droite laïque. Elle est menée par Gadi Eisenkot, soutenu par des personnalités comme Benny Gantz et Yair Lapid. La coalition de l'opposition est complexe, avec des divergences entre les partis, notamment sur l'alliance avec les partis arabes. Avigdor Lieberman, un sioniste révisionniste, refuse catégoriquement une alliance avec les partis arabes, bien qu'il ait porté plainte contre Netanyahu pour haute trahison, l'accusant de vouloir escalader la guerre en Iran pour gagner les élections. Cette situation est comparée à des récits religieux sur le bien et le mal.
Benny Gantz et Yair Lapid, qui ont déjà gouverné ensemble en 2021, forment une liste commune. Lapid est plus ouvert à une alliance avec les partis arabes, considérant cela comme l'avenir d'Israël. L'alliance entre Gantz et Lapid est délicate, leurs approches politiques étant différentes.
Les partis arabes ont obtenu 19 sièges, un record, avec une participation importante et un soutien croissant de la part d'une partie de l'électorat juif israélien, qui considère ce vote comme légitime. Des manifestations extrêmes ont eu lieu, associant les Arabes à la violence. Le narratif du Likoud, qui assimile les Palestiniens au terrorisme, risque de s'étendre aux Arabes d'Israël, bien que la diplomatie israélienne dépende des alliances régionales avec des pays arabes. Des témoignages suggèrent que Netanyahu était informé de l'attaque du 7 octobre par les services de renseignement émiratis, égyptiens et qataris, ces derniers finançant le Hamas. Netanyahu aurait justifié cette approche en affirmant que ceux qui s'opposent à la solution à deux États doivent financer le Hamas.
La presse d'opposition, comme Haaretz, joue un rôle crucial dans le débat public. La pluralité des voix est essentielle pour un pays sain. Cependant, la "drogue de la peur" rend plus facile l'imposition d'une seule ligne médiatique. L'accusation de "traître" est lancée contre l'opposition, creusant le fossé entre Juifs et Arabes. Le vote arabe est perçu comme une arme contre eux.
Les deux principales listes arabes ont des positions divergentes : Mansour Abbas souhaite entrer au gouvernement, tandis que la liste commune refuse tant que l'occupation de la Cisjordanie perdure. Cette divergence fait écho à celle d'Avigdor Lieberman, qui refuse d'entrer au gouvernement s'il y a une alliance avec les partis arabes.
Sans les 19 sièges arabes, personne n'atteint 61. L'opposition avec les partis arabes totalise 67 sièges, mais une coalition stable est difficile à former. Netanyahu cherche à diviser ces blocs. La pensée nuancée est présentée comme essentielle, à l'image de la peinture de la Joconde, nécessitant des couleurs variées pour un résultat harmonieux. Une pensée limitée à deux pixels, comme celle des "abruti moyen", ne permet pas de comprendre les subtilités politiques.
Le rôle d'Avigdor Lieberman est clé. Il refuse de s'allier avec Netanyahu, craignant d'être absorbé par le Likoud, comme le Parti communiste français l'a été par Mitterrand. Il recommande Eisenkot mais refuse un gouvernement soutenu par les partis arabes. La possibilité d'une fraude électorale a été soulevée par Netanyahu, mais la commission électorale a maintenu les résultats. Le Shin Bet, les services de renseignement, semblent de plus en plus s'opposer à Netanyahu.
Le président Herzog cherche des solutions créatives pour éviter de nouvelles élections, qui seraient la solution préférée du Likoud. Un nouveau vote pourrait se tenir début 2027, maintenant Netanyahu en affaires courantes. La guerre en Iran est présentée par Netanyahu comme un moyen de noyer les enjeux politiques internes.
L'idée d'une rotation au poste de Premier ministre, comme celle entre Yitzhak Shamir et Shimon Peres, est évoquée, mais rejetée publiquement par l'opposition en raison du contexte de guerre. Une minorité tolérée par les partis arabes est également une option, mais Lieberman la juge trop risquée car elle donnerait trop de pouvoir aux Arabes.
L'image d'Israël dans le monde s'est dégradée depuis le 7 octobre, et une instabilité politique prolongée pourrait renforcer les critiques d'apartheid. L'accusation de trahison est utilisée de part et d'autre. L'accusation portée contre Netanyahu par Lieberman concernant l'escalade de la guerre en Iran est soulignée, Eisenkot ayant lui-même affirmé que cette guerre n'était pas dans l'intérêt d'Israël.
En conclusion, le vote des Juifs et des Arabes est présenté comme une victoire de la démocratie, privilégiant les urnes à la rue et à la guerre. La volonté des partis israéliens comme Yair Lapid de tendre la main aux Arabes est remarquable. L'exemple de l'Afrique du Sud est cité comme un avertissement : l'incapacité à éviter la contagion de l'euphorie Mandela en Israël dans les années 90 a conduit à une situation catastrophique où les peurs des Afrikaners se sont réalisées. De même, l'exploitation par Netanyahu de discours haineux, comme ceux de Julius Malema en Afrique du Sud, vise à alimenter la peur et à justifier sa politique. La capacité à avoir une pensée nuancée, à voir le monde avec plus de "pixels" que la simple opposition noir/blanc, est présentée comme essentielle pour la paix et la construction d'un pays sain.