
Elle vit dans une ferme autonome en Thaïlande (vie hors norme)
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Sabrita rencontre Magali à Kanchanaburi, en Thaïlande, cinq ans après leur dernier reportage. Magali vit dans une ferme en autonomie, un mode de vie qu'elle et son mari souhaitent partager. Ils ont agrandi la ferme et accueillent désormais des visiteurs pour leur montrer leur quotidien. Magali explique que l'autonomie et la sobriété sont des sujets de plus en plus pertinents, et qu'elle a appris à utiliser les réseaux sociaux pour diffuser son message, chose qu'elle n'était pas prête à faire auparavant.
La ferme, située à 15 km de Kanchanaburi, n'est pas autonome à 100% mais vise à produire un maximum de ressources sur place. Le mode de vie est basé sur la sobriété, incluant le recyclage, la réparation et la fabrication maison pour s'éloigner du consumérisme, même en Thaïlande. Leurs valeurs sont profondément environnementales. Leur vie est simple : ils cultivent leur jardin et élèvent des poissons (tilapia, gourami géant), des volailles (canards, dindes, poules). Magali souligne que le gourami géant peut atteindre 10 kg.
Magali explique qu'ils n'achètent rien de neuf sauf si absolument nécessaire, comme une perceuse. Leur voiture a 6500 km et tous leurs vêtements sont d'occasion, à l'exception des sous-vêtements. Cette démarche vise à minimiser leur impact environnemental.
Le potager de Magali s'est transformé en forêt comestible, nécessitant très peu d'entretien. De nombreuses plantes et arbres y poussent naturellement, comme des papayers et des mûriers. Magali utilise des plantes médicinales comme la chirette verte, efficace contre les rhumes et le Covid en Thaïlande, et l'aloe vera pour les brûlures et les problèmes de peau. Elle mentionne aussi les feuilles de mûrier comestibles et le moringa, dont les graines moulues peuvent purifier l'eau.
Pour vivre en autonomie, il faut acquérir des connaissances, mais Magali estime que l'information est facilement accessible grâce à internet. Elle est autodidacte et n'a pas de formation en botanique ou pharmacie, bien qu'elle ait fait une année d'école d'infirmière il y a longtemps.
Magali affirme qu'il serait plus difficile de mener ce mode de vie en France en raison des nombreuses législations. Par exemple, en France, il faut demander l'autorisation de la mairie pour installer un poulailler ou un abri de jardin de plus de 5m², tandis qu'en Thaïlande, on peut faire ce que l'on veut sur son terrain. Elle précise que le terrain appartient à son mari et à son fils.
Magali montre un citronnier géant, un hybride de citronnier et de pamplemousse, très juteux. Elle prépare une limonade gazeuse naturelle avec le jus, du sucre et de l'eau. L'objectif est de mieux manger et de prendre soin de son corps, un luxe face à la malbouffe omniprésente, même en Thaïlande, qui contribue à l'obésité et aux cancers. Elle insiste sur l'importance de "se réapproprier nos assiettes".
Magali trouve que les villes sont des pièges, car on est trop dépendant de l'extérieur pour la nourriture et on ne peut rien produire soi-même, ce qu'elle juge dangereux. Elle apprécie de pouvoir gérer son temps librement, de travailler à son rythme et de profiter de la nature. Son métier et celui de son mari est musicien, et le reste du temps, ils s'occupent de la ferme.
Elle n'est pas attirée par les paysages de carte postale des îles thaïlandaises comme Koh Samui ou Phuket, en partie à cause du traumatisme du tsunami de 2004, mais surtout parce qu'elle trouve la nature magnifique là où elle vit et n'a pas besoin de ces destinations touristiques. Elle déplore la destruction de la nature par le tourisme de masse et les constructions de condominiums.
Magali pense que le retour à la nature est possible partout, mais que les contraintes légales et sociales peuvent être un frein. Elle reconnaît que ce mode de vie demande un investissement considérable et que tout le monde n'a pas les mêmes opportunités. Elle a pu s'installer en Thaïlande et acheter le terrain grâce à des années de travail saisonnier.
Elle raconte sa rencontre avec son mari thaïlandais. Venue pour un grand tour d'Asie de six mois, elle a fait la fête à Bangkok, puis s'est rendue à Kanchanaburi sur les conseils de proches. Elle devait rester trois jours mais est tombée amoureuse du guitariste du groupe de musique local avec qui elle a commencé à chanter. Elle a fêté 20 ans de mariage en février et 22 ans de vie commune.
Magali possède quatre "rais" (unité de mesure de surface thaïlandaise) de terrain. La partie verger, où poussent bananiers, cocotiers, manguiers et mûriers, a été donnée à leur fils de 16 ans. Un enfant mineur ne peut pas acheter de terrain en Thaïlande, mais peut en être propriétaire par donation. Le terrain ne pourra pas être vendu avant que leur fils atteigne 20 ans. Leur fils, né en Thaïlande, a la double nationalité. Il suit un cursus agricole et fait un service militaire anticipé (ODOR) pendant ses études, ce qui le dispense de la loterie militaire.
Magali montre les bananiers qui poussent très vite (plantés à partir de petites pousses), les cocotiers qui mettent environ 7 ans à fructifier, et les jars servant à récupérer l'eau de pluie, filtrée pour la consommation. Elle utilise aussi les fibres de bananier pour fabriquer des paniers et des bijoux.
Elle a demandé la nationalité thaïlandaise il y a 8 ans, un processus long et complexe, surtout dans une province peu habituée à ce genre de dossier comme Kanchanaburi. La nationalité lui permettrait de ne plus avoir besoin de permis de travail pour la musique et de faire de l'artisanat, activités interdites aux étrangers. Elle pourrait aussi bénéficier de la sécurité sociale thaïlandaise, ce qui n'est pas le cas actuellement car son permis de travail est spécifique à sa situation de femme mariée à un Thaïlandais travailleur indépendant.
Kanchanaburi convient aux profils qui aiment la nature et le calme, pas la vie nocturne ou les commerces de proximité. C'est la 4ème plus grande province de Thaïlande, très naturelle, avec sept parcs nationaux. C'est une destination touristique prisée des Thaïlandais (97% des visiteurs), qui y viennent pour se ressourcer. C'est un lieu propice à l'immersion et à l'authenticité pour les étrangers. Cependant, il y a peu d'expatriés, et donc un manque de contact avec des personnes parlant la même langue et de produits étrangers.
Magali montre des ruches d'abeilles sauvages qu'elle a construites. Elle récolte la moitié du miel une fois par an, laissant l'autre moitié aux abeilles.
Elle propose aux visiteurs une immersion dans leur mode de vie : découverte de la ferme, cours de cuisine avec son mari, et ateliers d'artisanat (savons, bijoux en fibre de bananier) avec elle. C'est un échange et un partage, où les visiteurs sont accueillis comme des amis, après avoir établi un "feeling". Elle fait du pain français maison et son mari cuisine les repas, comme une salade de papaye râpée, des œufs de cane et des pilons de poulet.
Leur fils, Willow, 16 ans, parle français, thaïlandais et anglais. Il étudie au lycée et aime la musique (il est batteur). Il sort avec ses amis et se baigne dans la rivière locale. Ses parents le laissent faire ses choix, comme celui de son école agricole proche de la maison, mais il pourrait choisir de vivre en ville ou même en France à l'avenir. Magali estime qu'on élève les enfants pour qu'ils prennent leur envol.
Le mari de Magali parle un "Franglaishtaille", un mélange des trois langues, mais il a oublié le français. Magali et son mari peuvent être contactés via leur page Facebook "Freeman Farm Conchabory" pour ceux qui souhaitent les rencontrer et découvrir leur ferme.
Sabrita conclut en exprimant son plaisir de retrouver ce style de vie à la campagne, loin du rythme effréné de Bangkok, pour se ressourcer et se reconnecter à la nature.