
Présidentielle: la question mise sous le tapis
Audio Summary
AI Summary
Bienvenue à l'Université de l'Épargne pour cette nouvelle année, marquée par une élection présidentielle française particulière. Habituellement, cette élection détermine le rythme politique pour cinq ans, même si les promesses ne sont pas toujours tenues. Cette année, le président sortant, Emmanuel Macron, ne peut se représenter en raison de la règle constitutionnelle limitant les mandats à deux consécutifs. Une guerre de succession est en cours, avec de nombreux candidats.
Nous ne nous intéresserons pas aux programmes politiques, souvent vagues et partiellement appliqués. Au lieu de cela, nous allons discuter d'un sujet peu abordé : la souveraineté. Bien que la souveraineté matérielle (énergétique, industrielle, technologique) soit souvent évoquée – ce qui signifie généralement produire localement et parfois relève du protectionnisme ou des subventions – la souveraineté juridique, politique, monétaire et militaire est rarement discutée. Quand elle l'est, c'est souvent à l'échelle européenne, sans positionnement clair de la France en tant qu'unité politique autonome.
Pourquoi ce débat sur la souveraineté française a-t-il disparu ? Depuis 20 ou 30 ans, un système d'exclusion automatique a ciblé toute personnalité politique, commerciale ou culturelle qui osait parler de la souveraineté de la France. Ceux qui l'ont fait, comme Marine Le Pen avec l'idée de sortir de l'euro ou de l'Union européenne, ont été marginalisés. Cela remonte peut-être à des figures comme Renaud Camus, et inclut des personnalités comme Philippe de Villiers. En somme, les partisans de la souveraineté française ont été réduits au silence pendant des décennies.
Cependant, malgré cette exclusion, une grande majorité de Français (environ 7 sur 10) est mécontente de la gestion de l'Union européenne, sans pour autant souhaiter une sortie pure et simple de l'UE ou de l'euro. Cette défiance s'explique en partie par la peur de l'inconnu et la préférence pour la continuité, même imparfaite. L'histoire nous montre que les résistants et ceux qui anticipent les chocs ne représentent qu'une petite minorité, environ 5% de la population. Aujourd'hui, on observe que 80% des Français suivent le courant, menés par des dirigeants qui, parfois, ne comprennent pas ce qui les attend. L'Institut des Libertés cherche à alerter sur cette situation.
Le peuple français a été habitué à des abandons répétés de sa volonté. Par exemple, lors du référendum sur la Constitution européenne, les Français ont voté "non", mais cette constitution leur a été imposée par le Traité de Lisbonne, via Nicolas Sarkozy. C'était une forfaiture, une trahison de l'électorat, qui aurait dû entraîner de graves conséquences dans une démocratie normale. Ce sentiment d'impuissance explique pourquoi de nombreux Français, surtout dans les zones rurales, refusent de voter, estimant que cela ne sert à rien. L'abstention atteint des niveaux très élevés, parfois 50% au niveau national, même si elle est un peu moins forte aux élections présidentielles (environ 30%).
Il est paradoxal de voir des candidats se bousculer pour devenir président, l'homme le plus puissant de France, alors que la plupart proposent de dissoudre leur propre pouvoir et la souveraineté française au sein de l'ensemble européen. Leurs programmes promettent des mesures (comme raccompagner les gens à la frontière) qui ont été rendues impossibles par les décisions des majorités précédentes, dont ils ont souvent fait partie. Par exemple, la Cour européenne des droits de l'homme peut empêcher de telles actions. L'entrée de la France dans cette cour, sous Alain Poher, a retiré au pays la maîtrise juridique de ses frontières, sans consultation du peuple ni du Parlement. On nous a imposé cette décision, comme celle de Sarkozy pour la Constitution européenne.
Le vrai débat de cette élection devrait être : voulez-vous le retour d'une France souveraine ou sa disparition en tant qu'entité politique ? Pourtant, aucun candidat majeur ne pose cette question. Les candidats qui l'évoquent, comme Asselineau ou Philippot, n'ont pas les 500 parrainages nécessaires pour se présenter. C'est surprenant, surtout quand on se souvient que la génération de la Résistance se battait pour la souveraineté de la France. À l'époque, l'ennemi était clairement identifié (les Allemands), et la souveraineté nationale était la priorité. Aujourd'hui, le pouvoir légal et constitutionnel n'est plus à Paris mais à Bruxelles. L'élection présidentielle française ne signifie donc plus grand-chose, car le président élu n'aura que peu de pouvoir.
Les dirigeants français actuels sont perçus comme des "agents" de Bruxelles, des "traîtres" qui ont contribué à la destruction de la souveraineté nationale. Si les Français élisent des candidats choisis par un système qui nie la souveraineté, il n'y aura pas de véritable démocratie. L'exemple de Chirac, qui a choisi Juppé comme Premier ministre sous la pression de Bruxelles, au lieu de Philippe Séguin qui avait parfaitement identifié les dangers de l'Europe, illustre cette tendance. Chirac, que l'on pensait résistant, s'est révélé être un "pétainiste" dans l'âme, préférant s'allier aux "traîtres" pour faire carrière.
Aujourd'hui, nous avons une "élection de chacals", où tous les "lions" (ceux qui ont du caractère et défendent la souveraineté) ont été éliminés. Des figures comme Glucksmann, dont le passé en Géorgie est peu interrogé par les médias, ou des politiciens comme Édouard Philippe, qui a préféré voter communiste au Havre, ou encore Gabriel Attal, dont la compétence est remise en question, sont représentatives de cette classe politique.
Marine Le Pen, par exemple, promet de libérer l'économie française et de rembourser la dette grâce à une croissance rapide. Cependant, la croissance potentielle de la France est structurellement faible (environ 1% par an), tandis que les taux d'intérêt sont plus élevés. Soit elle ne comprend rien, soit elle ment. Les propositions économiques du Rassemblement National sont souvent jugées mauvaises. Il n'y a pas de solution au déficit budgétaire par l'augmentation des impôts, mais seulement par la réduction des dépenses publiques et la baisse du poids de l'État dans l'économie. La dette n'est pas le problème principal si le poids de l'État diminue, permettant ainsi au secteur privé de croître.
Les entrepreneurs quittent la France en raison de la pression fiscale et réglementaire, aggravée par des propositions comme la "taxe de sortie" (exit tax). On en arrive à une situation où les citoyens doivent payer une rançon pour retrouver leur liberté. C'est comme le mur de Berlin, que les Allemands de l'Est appelaient le "mur antifasciste" : un gouvernement qui nous accuse de fascisme pour mieux nous asservir.
Les problèmes de la dette, pourtant cruciaux, ne sont pas abordés par les candidats car cela impliquerait de parler de l'Europe et de l'euro, des sujets interdits. Toute tentative de remettre en question ces tabous est immédiatement écartée. Zemmour, en tentant d'ouvrir la discussion sur des sujets interdits comme l'immigration, a été marginalisé. Les groupes politiques eux-mêmes excluent ceux qui veulent dire la vérité économique.
On ne peut pas résoudre un problème sans le nommer. Le problème fondamental est que la France n'est plus souveraine. Sans souveraineté, il est impossible de s'attaquer à la dette, car on ne peut pas dévaluer la monnaie comme De Gaulle l'a fait en 1958 pour relancer l'économie. Aucun candidat n'ose le dire par peur de ne pas être élu. Pourtant, être élu sans pouvoir, c'est risquer de devenir un "Pétain", un traître mené à l'échafaud.
Des personnalités comme David Lisnard devraient avoir le courage de parler de la souveraineté, de dire aux Français qu'ils sont souverains. Être seul ne signifie pas avoir tort. Si le conférencier était président, il sortirait de l'Europe et de l'euro dès le lundi matin, enverrait la lettre recommandée, et dévaluerait la dette en francs français, puis ordonnerait à la Banque de France de racheter cette dette. Ensuite, il supprimerait tout ce qui est inutile dans l'État et baisserait les impôts au fur et à mesure que les dépenses diminuent. Il redeviendrait "roi de France" plutôt que "proconsul de Bruxelles".
Le problème est que le discours sur la souveraineté n'intéresse pas le grand public, car il n'y a pas de "conflit" visible entre Paris et Bruxelles. Les gens ont l'impression que c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Il faudrait un pouvoir conflictuel avec Bruxelles, sur des questions populaires, pour que le débat sur la souveraineté devienne pertinent.
L'Europe actuelle est qualifiée de "malfaisante" et "criminelle". Des scandales comme les contrats de vaccins signés par Ursula von der Leyen, ou les 65 milliards de fraudes dans les budgets européens, montrent une dérive. Le nombre de lobbyistes à Bruxelles est quatre fois supérieur à celui des élus au Parlement, ce qui influence des lois absurdes.
Le Brexit est souvent cité comme un échec du souverainisme, mais le Royaume-Uni n'est pas réellement sorti de la Cour européenne des droits de l'homme ni de la suprématie des cours européennes. La classe dirigeante britannique, majoritairement contre le Brexit, a œuvré pour que la sortie soit incomplète. Cependant, la production industrielle et l'emploi ont augmenté plus rapidement en Angleterre qu'en France depuis le Brexit. Des pays comme la Norvège, l'Islande, la Suisse, et la Pologne (qui a sa souveraineté monétaire) se portent très bien, contrairement aux pays de l'euro.
Cette élection présidentielle est présentée comme un choix entre "Pétain et Laval". Les candidats actuels ne veulent pas reprendre le pouvoir pour la France, mais devenir des "serviteurs de Madame von der Leyen". Le futur de l'Europe pourrait être déterminé par l'Allemagne si l'AfD gagne, ce qui pourrait entraîner la sortie de l'Allemagne et la fin de l'Europe telle que nous la connaissons. L'Italie pourrait aussi sortir, car elle a des excédents primaires et ses déficits sont financés par les Italiens.
Il est crucial de ne pas oublier l'importance de son vote. Notre rôle est d'influencer les personnalités qui ont une once d'influence. Le conseil est de parler de la France à la France, et de dire que tous les problèmes viennent de Paris et de Bruxelles. Il faut mener une campagne pour la France et contre Paris, et contre Bruxelles.