
Le guide 2026 pour protéger votre entreprise des cyberattaques
Audio Summary
AI Summary
Axel Drefus, co-fondateur de l'école 2600, la première école française dédiée à la cybersécurité, partage son parcours exceptionnel et sa vision du secteur. Né en 1969, il a commencé à programmer à 11 ans, s'immergeant dans la culture micro-informatique et la scène démoaking. Son parcours entrepreneurial débute très tôt, lançant sa première société web à 20 ans en 1993, à une époque où Internet n'est pas encore accessible au grand public. Cette première entreprise, Redwood, vend du matériel informatique, fait du "modding" pour Atari et travaille pour des studios musicaux. Parallèlement, ils sont parmi les premiers à créer des sites web et à connecter des bases de données au web, anticipant la révolution Internet.
Après la vente de sa première entreprise à Reware, Axel Drefus connaît une période de transition, notamment une tentative de rejoindre une société américaine qui échoue suite à un délit d'initié. Il se retrouve sans emploi, mais cette situation le pousse à rebondir. Il lance alors Foot.com, le premier titre sportif sur le web en France, coïncidant avec la Coupe du Monde 1998. Il y invente le "direct live" textuel, transmettant les actions de match en temps réel, attirant des audiences considérables. Cette période est marquée par des luttes pour la reconnaissance des journalistes web face aux médias traditionnels et aux syndicats.
Le modèle économique évolue vers la publicité, mais une chute brutale des revenus en 2000-2001 le pousse à réévaluer la situation. Il recentre ses activités sur Londres, explorant le marché du IVR (serveurs vocaux interactifs) et des numéros surtaxés, un business très lucratif à l'époque. Il contribue au lancement d'Echo, un assistant à reconnaissance vocale précurseur. Cette expérience le convainc que l'avenir se trouve dans le mobile.
En parallèle, il rencontre Cédric Nicolas, un expert Java, qui travaille sur le lancement de l'i-mode pour Wiko Telecom, le premier usage de l'internet mobile. Axel et son équipe développent des services pour l'i-mode, notamment des jeux et des logos, inspirés du modèle de NTT Docomo au Japon. Ce succès mène à l'acquisition de leur société par un groupe japonais après deux ans et demi. Cette période au Japon est décrite comme une expérience enrichissante, marquée par une relation de confiance et une culture axée sur le long terme.
Après cette vente, Axel Drefus poursuit son parcours en participant à des projets variés, y compris l'acquisition d'un club de football pour son centre de formation, une expérience paradoxale et intéressante. Il souligne l'importance du timing dans l'entrepreneuriat, citant des exemples de sociétés qui ont échoué pour avoir vendu trop tôt ou trop tard.
L'entrepreneuriat est pour lui une évidence, née de la passion pour la technologie et de l'absence d'écosystème à l'époque. Il met en avant la créativité et la curiosité comme moteurs de la culture hacker, une culture de "bidouille" qui cherche à comprendre et à détourner les objets pour de nouveaux usages. Il illustre cela avec des exemples modernes comme l'armée ukrainienne, qui fait preuve d'une créativité remarquable face à des défis extrêmes.
L'école 2600 est fondée en réponse à cette prise de conscience des risques systémiques liés à la cybersécurité. Le nom 2600 fait référence à la fréquence de 2600 Hz, utilisée par les "blue boxes" des pionniers comme Steve Wozniak et Steve Jobs pour passer des appels gratuits. L'école propose un modèle d'apprentissage 100% gratuit pour les étudiants, financé par les entreprises via la taxe d'apprentissage. Cette approche vise à rendre la formation accessible et à former des professionnels compétents pour un secteur en tension.
Axel Drefus insiste sur la gravité des cyberattaques, qui surpassent désormais le trafic de stupéfiants en termes de chiffre d'affaires. Il détaille les fraudes sophistiquées, comme les "refunds" ou les "info-stealers", qui exploitent les vulnérabilités des systèmes et le manque de vigilance. Il met en garde contre les dangers de l'IA, qui abaisse les barrières à l'entrée pour les cybercriminels, et souligne la nécessité d'une vigilance constante et d'une formation continue.
Il évoque les risques liés à l'utilisation d'IA génératives par les employés ("shadow AI"), qui peuvent entraîner des fuites de données sensibles. Il mentionne également la menace croissante des attaques quantiques, capables de déchiffrer les communications actuellement sécurisées.
Pour les entrepreneurs, le conseil principal est de prendre conscience des risques, de se former et de se faire accompagner par des professionnels. Il souligne l'importance de la discrétion dans ce domaine et met en garde contre les "experts" sensationnalistes. Il recommande de se méfier des attaques de "social engineering", qui exploitent la psychologie humaine, et de ne jamais réagir sous la pression. Il insiste sur la vérification des identités et la séparation des usages, en particulier pour les données sensibles.
Le déclic personnel d'Axel Drefus est lié à son arrière-grand-père, Charles Ferdinand Drefus, qui a consacré sa fortune à la création du premier CFA agricole en France après la Première Guerre mondiale. Cet héritage familial, axé sur la transmission, l'enseignement et la destination de tous, a inspiré sa démarche de créer une école de cybersécurité pour former les générations futures à la défense du numérique, un secteur devenu essentiel à l'économie et à la société.
La vision de l'école 2600 est de plateformiser l'enseignement pour le rendre accessible partout, y compris dans les territoires d'outre-mer, et de développer son activité à l'international via un modèle "school as a service". L'objectif est de mutualiser les investissements en infrastructure et de permettre à d'autres acteurs de créer rapidement des départements de formation en cybersécurité, grâce à la plateforme et aux contenus pédagogiques développés par 2600.