
Aux frontières du réel : portail sur les phénomènes surnaturels – Interview Bragi Bellovaque
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Ludovic reçoit Bragi Bellovac, chercheur en phénomènes paranormaux, pour discuter de son nouveau livre "Qualon ou le portail des phénomènes surnaturels". Bragi, ingénieur agronome de formation et issu d'un milieu rationnel, s'est tourné vers la spiritualité jeune, explorant la cryptozoologie, l'ufologie, les phénomènes de hantise, l'exorcisme et le spiritisme. Son livre est une synthèse de ces années de recherche.
Bragi explique que le terme "inexpliqué" ne lui convient plus car il propose des explications, préférant le terme "surnaturel", qu'il met entre parenthèses car il considère ces phénomènes comme du "naturel" que nous ne comprenons pas encore. Son approche est à la fois cartésienne et matérialiste, expliquant comment ces phénomènes s'ancrent dans notre réalité, et spirituelle, en leur donnant un point d'origine. Il introduit le concept du "Quilon", une membrane, une réalité subtile qui entoure notre réalité matérielle. Des phénomènes, qu'ils soient cogénérés ou autogénérés, traversent cette membrane, se manifestant avec une perte d'espace ou de temps, créant une divergence et une instabilité. Il part toujours de la matérialité, comme la radiesthésie avec un pendule, pour ensuite basculer vers l'immatérialité. Le Quilon est cette porte d'entrée, le moment précis où le physique bascule dans le surnaturel.
Ludovic précise que le livre est sorti il y a dix mois et que Bragi a déjà participé à plusieurs émissions. Pour cette discussion, Ludovic a préparé des questions en trois parties : le concept d'infraphone, médiiaphone et supraphone ; le fonctionnement du Quilon ; et la création des phénomènes surnaturels.
Avant d'aborder les questions techniques, Ludovic souhaite cadrer la démarche de Bragi. Il rappelle la théorie de Bragi selon laquelle la plupart des phénomènes (ufologiques, cryptozoologiques, de hantise) ne sont pas purement matériels. Bragi confirme cette "sémi-matérialité" des phénomènes, une idée partagée par d'autres chercheurs. Il mentionne des cas où des empreintes de pas de Bigfoot sont trouvées dans la neige sans que la créature soit vue, ou des phénomènes qui vident les batteries, suggérant une interaction électromagnétique. Il a trouvé des pistes dans la théosophie, notamment le concept des "atomes germes", des concepts immatériels et géométriques autour desquels la matière se cristallise. Il compare la matière à l'eau, capable de changer d'état vibratoire. Selon lui, une adjonction ou une défragmentation de ces atomes germes peut faire basculer la matière d'un plan à un autre, expliquant les apparitions et disparitions spontanées. Il s'appuie sur la théosophie pour son architecture des plans, du plan subjectif (mental) à l'émotionnel, puis au plan éthérique qui structure la matière, avant le plan matériel.
Concernant la réception de ses théories, Bragi note des réticences dans les anciennes générations d'ufologues, mais un basculement s'opère chez les ufologues de terrain et avec l'émergence de concepts comme ceux d'OVNI conscience. Il n'a pas eu de retours de scientifiques académiques, seulement des comparaisons avec des chercheurs considérés comme alternatifs.
Ludovic s'interroge sur la bibliographie de Bragi, qui contient de nombreux théosophes et des scientifiques aux démarches marginales. Il demande si cela ne fragilise pas ses travaux. Bragi répond que la fragilité serait présente s'il restait dans la théorie pure. Or, il reprend les témoignages surnaturels et y apporte des réponses grâce à sa théorie, qui "colle" pour de nombreux cas, révélant même des cycles naturels (comme les alignements gravitationnels Soleil-Terre-Lune). Il a effectué des vérifications sur le terrain, mesurant des courants électriques dans les sols de lieux où des phénomènes ont été observés, et a même constaté des inversions de polarité, validant des témoignages anciens. Il préfère s'appuyer sur des scientifiques qui osent aller plus loin car la science académique ne peut pas répondre à ces phénomènes.
La question de la valeur du témoignage est soulevée. Ludovic exprime sa méfiance envers les témoignages, soulignant leur subjectivité. Bragi reconnaît la faiblesse du témoignage humain, les canulars, les hallucinations, mais insiste sur la multiplicité des phénomènes liés à la multiplicité des témoins. Il a lui-même été témoin de phénomènes qu'il n'a pas pu montrer à sa compagne. Pour pallier cela, il démultiplie les enquêtes, sélectionne les cas les plus anciens et crédibles, puis applique sa théorie du Quilon, vérifiant les types de sol, les spécificités météorologiques et les alignements planétaires. Il cite un cas où il a validé un témoignage en retrouvant des conditions météorologiques spécifiques (effet de foehn) qui correspondaient à sa théorie.
Ludovic interroge la cosmogonie de Bragi. Bragi explique qu'il s'appuie sur une assise théosophique, mais qu'il a inversé le schéma traditionnel pour partir des plans intérieurs vers les plans matériels, à l'image d'un oignon. Il décrit sept plans généraux et sept sous-plans, soit 49 plans au total, allant de la conscience pure à la matière physique. Il utilise ce modèle car il offre des pistes de réflexion qui se recoupent avec les témoignages d'expériences de sortie de corps ou de phénomènes vécus. Il précise qu'il n'adhère pas à la théosophie par croyance, mais parce que c'est un modèle qui lui a permis de débloquer ses recherches et d'expliquer ce qu'il constatait sur le terrain. Il compare les expériences de mort imminente (EMI) occidentales et les "déloc" tibétains, où la phénoménologie est similaire mais l'interprétation diffère selon les croyances culturelles. Bragi explique que l'astral, plan des émotions et des croyances, modèle la réalité autour de la conscience de l'expérimentateur, d'où la diversité des visions.
Bragi introduit les concepts d'infraphone, médiiaphone et supraphone. L'infraphone regroupe les phénomènes sombres, parasitaires, qui "piratent" la réalité en utilisant des contextes tenseurs créés par la pollution humaine (ex: Dogman dans des milieux marécageux pollués, Mothman autour d'une usine). Ces phénomènes génèrent de la peur. La supraphone, à l'inverse, concerne des phénomènes plus lumineux, souvent des entités qui apportent de l'information, suscitant un intérêt pour la spiritualité ou l'environnement (ex: certains cas d'OVNI). La médiiaphone, au centre, est l'homme, qui subit l'influence des deux. Bragi précise que ces concepts évoluent et qu'il tend à voir ces phénomènes comme des archétypes s'adaptant à l'observateur. Il cite l'exemple d'un médium qui lui a transmis un message d'un Dogman expliquant être "l'homme dans sa bestialité" et "l'animal qui courait dans vos forêts", ce qui l'a fait réfléchir à l'idée que ces phénomènes pourraient être des leçons pour l'humanité.
Ludovic s'interroge sur la non-permanence des contacts et la non-reproductibilité des phénomènes. Bragi explique que les sites nucléaires ne sont pas surveillés par des OVNIs, mais sont des zones de "contextes tenseurs" où des déséquilibres dans la matière créent des possibilités de manifestation. Il ajoute que la conscience de l'individu est cruciale : il faut une "tension intérieure" liée à une émotion non mentale pour se connecter. Il a remarqué que les artistes et les personnes ultra-sensibles sont plus souvent témoins. Il a émis l'hypothèse que l'émotion peut provoquer une inversion de polarité dans le cerveau, ouvrant le Quilon de l'individu.
Ludovic aborde le tellurisme. Bragi explique qu'il a reconstitué un modèle géométrique de "lignes" (lay lines) à partir d'un site web disparu et d'une intuition, puis l'a validé en constatant que ces lignes suivaient les voies romaines, les mégalithes, et convergeaient vers les cathédrales gothiques. Il a constaté que les sites avec des phénomènes récurrents se trouvaient sur ces lignes. Il a même calculé qu'il y aurait 100 grandes lignes majeures faisant le tour de la planète, sur lesquelles se trouvent les grands monts sacrés et les sites connus pour des phénomènes.
Sur les phénomènes tenseurs électriques, Ludovic interroge la validité scientifique. Bragi réaffirme avoir vérifié sur le terrain la présence d'électricité et d'inversions de polarité dans les sols spécifiques. Il a constaté que les contextes tenseurs sont multiples : pollution humaine, acidification naturelle des sols, dômes de chaleur dans les déserts (expliquant les OVNIs au Nevada), courants électriques permanents dans le triangle des Bermudes, ou gradients thermiques dans les lacs profonds (expliquant les monstres lacustres). Chaque fois qu'il tire le fil des contextes tenseurs, il trouve une tension électrique.
Il donne des pistes pour "voir" un phénomène : choisir un aspect temporel (pleine ou nouvelle lune, J-3 à J+3), un contexte tenseur local (site mégalithique, ancien temple, forêt), et surtout l'état d'esprit de la personne, qui est la clé. Il mentionne que les disparitions inexpliquées sont souvent corrélées à ces contextes tenseurs et sites sacrés, invitant à la prudence.
Concernant la création des phénomènes surnaturels, Ludovic demande pourquoi ne pas apprendre à les contrôler. Bragi estime que c'est le chemin que l'humain devrait atteindre, une reconnexion à ces "énergies". Il pense que les plans intérieurs sont plus énergétiques que le nôtre, et que les phénomènes qui se manifestent s'accompagnent de dégagements de chaleur et d'énergie mesurable. Il spécule que la solution à notre crise énergétique pourrait venir de l'esprit, de la maîtrise du Quilon. Il pense que des figures comme Jésus, Bouddha ou des mystiques comme le Padre Pio maîtrisaient intuitivement cette capacité à inverser la polarité et à manipuler la matière malléable derrière la réalité. Les occultistes, eux, tentent de le faire par la technique, ce qui est plus dangereux.
Bragi décrit sa propre méthode, qui s'apparente à de la méditation, utilisant un pendule pour calmer son mental et retrouver un état de lâcher-prise propice aux expériences. Il privilégie des méthodes simples, inspirées de ceux qui génèrent des phénomènes spontanément.
Ludovic pose la question cruciale de la distinction entre la réalité d'un phénomène et l'auto-illusion. Bragi explique qu'il a fait de nombreux rêves où des informations lui étaient données, des phrases qu'il ne comprenait pas mais qui restaient ancrées dans son esprit. Il compare cela à l'illusion des médiums qui, sous pression, ne donnent que des informations personnelles. Il reconnaît la difficulté de distinguer l'exogène de l'interne, mais pense qu'il y a toujours une co-dépendance, une empreinte de la personne sur le phénomène. Il cite l'exemple d'un médium qui lui a donné des coordonnées Google Map, corrigeant ses propres tracés de lignes telluriques qu'il tenait secrètes. Pour Bragi, cela relève d'un "acte de foi", une recherche de sens que la science ne pourra jamais totalement prouver.
Enfin, Ludovic interroge Bragi sur la maxime "savoir, oser, vouloir, se taire" et demande s'il ne craint pas de violer un interdit en révélant ces possibilités. Bragi répond que tout l'a poussé vers la communication, mais que ses travaux