
Steel Beans: How The F*ck Does He Do This?
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Jeremy, alias Steel Beans, originaire de North Everett, Washington, partage son parcours musical, marqué par une vidéo virale massive. Il décrit North Everett comme une petite ville à 30 minutes au nord de Seattle, qu'il affectionne malgré la hausse des prix. Jeremy raconte avoir commencé à écrire des chansons au début des années 2000, formant un groupe avec des musiciens aux lineups alternatifs. Il enregistrait lui-même la musique, mais jouait de la guitare et chantait en live, gérant les répétitions et les réservations de concerts.
L'idée de jouer de la batterie, de la guitare et de chanter simultanément lui est venue un jour en tapant sur la batterie avec une baguette, frustré par l'absence de sa section rythmique. Ce n'est que des années plus tard, après avoir déménagé dans le jardin de ses grands-parents faute de pouvoir payer son logement, que cette technique est devenue un numéro de cirque. À l'époque, il était banni de toutes les scènes de North Everett et Seattle ne voulait pas de lui. Ce numéro, connu localement, est devenu une attraction secondaire, comme Jimi Hendrix avant qu'il ne devienne célèbre.
La vidéo virale qui a tout changé est survenue après 18 ans de carrière, alors que les membres de son groupe avaient des contraintes personnelles. Jeremy a décidé de partir en tournée seul le long de la côte, avec seulement 300 dollars en poche et 1200 followers sur les réseaux sociaux, qu'il utilisait uniquement pour promouvoir des concerts locaux. Après avoir contacté une cinquantaine de salles à San Francisco, une seule a accepté. À Los Angeles, son premier concert a eu lieu dans un food truck à Bellflower, où il était payé en tacos.
Pour promouvoir cette tournée, il filmait des clips dans son salon, par une chaleur étouffante. Un jour, alors qu'il s'apprêtait à se raser et à prendre une douche, il a décidé de ne pas le faire à cause de la chaleur. C'est ainsi que la vidéo où il apparaît transpirant et en kimono a été filmée. La caméra est tombée, et après l'avoir réparée, il était énervé, ce qui a rendu sa performance encore plus agressive. Cette vidéo, postée une semaine avant sa tournée, est devenue virale, générant des appels de salles et 100 000 abonnés en une semaine.
La tournée elle-même a été chaotique mais mémorable. Le premier concert à Portland, dans une salle minuscule, a vu une foule immense se presser pour le voir. La tournée a été émaillée d'incidents : panne d'essence à San Francisco, fête improvisée à Joshua Tree, et un accident de voiture à Tempe, Arizona, où il a joué avec une commotion cérébrale.
Après cette tournée, il a eu l'opportunité d'ouvrir pour Tenacious D, puis pour Tool en Europe, pour 26 dates dans des arènes. Il a également joué au Gorge, un lieu emblématique de son État natal. Jouer dans ces grandes salles, comme le Tacoma Dome où il allait enfant, a été une expérience surréaliste.
Jeremy explique sa technique, qui consiste à jouer de la guitare avec un médiator tout en tenant une baguette de batterie. Il utilise les mêmes baguettes et médiators qu'avant, sans équipement spécial. Il utilise le gain de son ampli pour faire des hammer-ons ou gratte entre les temps. Sa technique n'aurait pas été impossible il y a 50 ans. Il n'utilise pas de pédales de boucle, préférant être sa propre "boîte à rythmes". Au début, certains pensaient qu'il utilisait des pistes d'accompagnement, mais il insiste sur le fait que tout est joué en direct.
La technique a évolué au fil des ans, passant de simples grattements entre les coups de caisse claire à l'utilisation de la double pédale, inspirée par Keith Moon et Ginger Baker. Il a ensuite ajouté du gain et un octaver pour des sons plus lourds, utilisant les hammer-ons pour gagner du temps. En 2022, il a commencé à intégrer de vrais fills de batterie et à frapper les cymbales avec sa main gauche. L'ajout d'une cymbale crash de 22 pouces lui a permis de frapper la crash en allant vers la caisse claire.
Jeremy interprète une chanson où il démontre toutes ses techniques, y compris la cymbale crash sur la caisse claire et le jeu en solo. Il explique que le plus difficile est de manipuler les pédales d'effets en temps réel, surtout en tournée où chaque salle est différente. Il passe du son fuzz au son plexi pour s'adapter aux différents passages de ses chansons. Il hésite à utiliser un switcher MIDI, car cela enlèverait une partie de l'improvisation qui est essentielle à son spectacle.
L'énergie et l'attente avant le concert sont les parties les plus difficiles de la tournée. Dans les arènes, il n'y a pas de loge ni de balance, juste un rapide "Tu entends ta voix ? Bien. Vas-y.". L'attente en coulisses dans ces lieux luxueux est une éternité pour lui. Il a une setlist, mais la traite comme un menu de restaurant, s'adaptant à l'ambiance de la salle.
Il n'y a pas de répétition possible pour son numéro, la seule vraie pratique est le live. Il écrit des chansons et les enregistre en multipistes dans son studio, mais pour le live, il ne s'entraîne que quelques heures avant la tournée. Il mentionne que les shows dans les arènes sont difficiles à condenser en 30 minutes, car il aime improviser, faire de la comédie et des choses loufoques, ce qui n'est pas possible dans un créneau aussi court. En club, il a plus de temps, entre 45 et 90 minutes.
Jeremy exprime son désir de revenir à un groupe complet. En octobre dernier, il a fait une tournée où la première moitié du spectacle était en solo, et la seconde avec un bassiste et un batteur, ce qui leur a permis de jouer des chansons de l'album qui sont difficiles à interpréter seul. Lorsqu'il est avec le groupe, il joue de la guitare et chante devant la scène. Il porte sa guitare assez haut pour ne pas qu'elle heurte ses jambes, ce qui lui permet de bouger.
Il parle de sa guitare, une Silvertone de 1965 modifiée avec des micros Johnny Winter Mojo Tone Firebird et une peinture inspirée des Fender Burst des années 60. Il possède plusieurs de ces guitares, dont une fabriquée le jour de son anniversaire en 1964, qu'il a fait peindre en sunburst. Il apprécie la sensation de ces guitares américaines à diapason court, les décrivant comme "tricher" tant elles sont faciles à jouer.
Il utilise des cymbales charleston de 16 pouces, des Zildjian Avedis, qui sont des modèles inspirés des vieilles Ludwig Zildjian qu'il utilisait avant qu'elles ne s'abîment. Il préfère les grandes cymbales crash de 20 pouces, inspirées par Keith Moon. Son microphone vocal est un Shure KSM8, qu'il apprécie pour son son et son esthétique, bien qu'il ait longtemps utilisé un Telefunken M80. Il cherche à obtenir une distorsion vocale avec de la réverbération, comme sur les vieux disques. Son principal défi est d'avoir suffisamment de retours de scène. Il utilise des oreillettes uniquement dans les arènes, car il ne peut pas s'entendre autrement.
Jeremy explique que de nombreux problèmes peuvent survenir pendant un concert, comme des pieds de micro qui tombent, mais il a tellement l'habitude qu'il les intègre au spectacle. Ces imprévus, comme un pied de micro qui tombe en plein refrain, deviennent des moments comiques qui compensent le sérieux de certaines chansons.
Il interprète une autre chanson, "Time Appears to Be a Small Eternity". Sa guitare reste étonnamment accordée malgré tout ce qu'il lui fait subir. Les mouvements du charleston sont également devenus une partie du spectacle. Il apprécie le son de sa batterie, qu'il accorde bas, avec une caisse claire plus haute. Il utilise une tom de 14x10 pouces, illuminée par une LED magnétique. Il mentionne aussi que du vrai sang se trouve sur ses fûts, car il se blesse souvent en jouant. Il se souvient d'un concert à Minneapolis où il avait du faux sang sur le visage qui a fondu, puis il s'est réellement coupé un doigt, mélangeant le faux et le vrai sang.
Il laisse tomber ses baguettes de temps en temps, surtout quand il essaie de les lancer. Il accueille ces erreurs, car elles atténuent le sérieux de ses performances. Entre les chansons, il fait des blagues pour alléger l'ambiance.
Enfin, il joue "Drive Me Home", une chanson qu'il a écrite en 2020. Il l'a enregistrée pour son album de l'année dernière, utilisant un vibraphone Genco de 1961 et un delay modulé. Il a dû superposer la piste de vibraphone de la version originale de 2020 sur la nouvelle version, car il ne pouvait pas emporter son instrument au studio de Los Angeles.
Jeremy remercie d'avoir été invité, et les liens vers ses réseaux sociaux et sa musique seront inclus dans la description.