
Fuites de données, Chat Control, fin du cash : merci l'Europe ! Avec @OlivierRoland
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Le podcast débute par une discussion sur l'investissement, où l'intervenant exprime sa réticence à investir plus de 10 % de son patrimoine en Europe, à moins que ce ne soit dans un indice mondial, car l'Europe n'est pas considérée comme un "cheval gagnant". Il souligne que les infrastructures de contrôle ont tendance à s'étendre plutôt qu'à se restreindre. Un entrepreneur a d'ailleurs déclaré avoir quitté la France dès que son entreprise a commencé à bien fonctionner, en raison de l'imposition et des régulations. En France, les 10 % les plus riches paient 70 % de l'impôt sur le revenu et 30 à 40 % des prélèvements obligatoires. Il suffit qu'une petite partie d'entre eux parte pour que le système s'effondre.
Les hôtes enregistrent le cinquième podcast avec Olivier Roland à Madrid, après s'être rencontrés par hasard dans différentes villes comme Panama, le Maroc et la Thaïlande, illustrant la flexibilité du business en ligne. Le podcast aborde plusieurs thématiques, dont un retour sur leurs récents voyages et les nouvelles réglementations liberticides de l'Union européenne.
Olivier Roland partage son expérience de voyage depuis leur dernière rencontre en Thaïlande. Il a visité Prague, le Brésil pour le kitesurf, et pour la première fois, la Bolivie, invité par une amie infopreneuse canado-bolivienne, Alexandra. Il a interviewé Alexandra sur son choix de quitter le Canada pour la Bolivie, notamment pour des raisons fiscales. La Bolivie offre une taxation territoriale avec une flat tax de 13 % sur les revenus de source locale, et de nombreuses déductions possibles. Alexandra a été motivée à partir après un contrôle fiscal au Canada qu'elle a jugé "déplorable". L'intervenant conseille aux entrepreneurs de ne pas attendre un contrôle fiscal pour partir, soulignant la perte financière due aux impôts payés pendant des années. Au Québec, les résidents peuvent être contrôlés par deux institutions fiscales, l'ARC fédérale et Revenu Québec.
En Bolivie, Olivier a été bluffé par le rapport qualité-prix à Santa Cruz de la Sierra, une ville où il a constaté des prix très bas, notamment dans les restaurants de luxe, en raison d'un taux de change artificiel qui a été libéralisé juste avant son arrivée. Il est conseillé de payer en liquide ou en cryptomonnaies (USDT, USDC) via le marché noir pour profiter de ces taux avantageux. Cependant, il admet que la ville en elle-même n'est pas très attrayante. La Bolivie est divisée entre une partie andine (La Paz) et une partie amazonienne (Santa Cruz), avec des cultures distinctes. Il a noté la gentillesse des Boliviens et a été témoin d'une pénurie d'essence, où les gens garaient leurs voitures en file d'attente devant les stations-service, une conséquence des politiques communistes passées.
La Bolivie, bien qu'intéressante fiscalement et pour l'obtention d'une carte de résident (nécessitant seulement 300 dollars de revenus mensuels), présente des inconvénients. Pendant les deux premières années de résidence temporaire, il est interdit de quitter le pays plus de 90 jours par an, ce qui est rédhibitoire pour les grands voyageurs. Le passeport bolivien, obtenu après trois ans de résidence, est l'un des plus faibles de la région en termes de mobilité (environ 80 pays, sans accès à Schengen).
Le débat sur l'accès Schengen est nuancé. Un passeport de mauvaise qualité peut être amélioré par un visa Schengen, qui ouvre des portes à d'autres pays. Pour les non-Européens souhaitant vivre en UE, un Golden Visa dans un pays comme la Grèce ou la Pologne est une alternative moins coûteuse que l'achat d'un passeport européen. Cependant, l'accès Schengen via les passeports des Caraïbes est menacé par l'UE, qui les considère comme une "hypocrisie immense".
L'intervenant donne ensuite un retour sur Andorre, où il a passé quelques jours. Il décrit le pays comme une bonne proposition pour les Européens souhaitant rester dans la zone géographique, car il offre un environnement familier, une bonne nourriture (avec des produits français et espagnols disponibles), et une sécurité et propreté remarquables. L'imposition maximale de 10 % est attractive par rapport à la France, mais pas nulle. Les inconvénients incluent l'absence de mer, la petite taille du pays (90 000 habitants), et une mobilité limitée (un seul aéroport avec peu de vols directs, nécessitant de se rendre à Barcelone ou Toulouse pour les vols internationaux). L'espagnol est prédominant, mais le français est aussi parlé, ce qui est un avantage pour les Français peu à l'aise avec les langues étrangères. Andorre est plutôt perçue comme une destination familiale, moins adaptée aux jeunes entrepreneurs web. Les conditions de résidence incluent une présence de 90 jours par an pour les investisseurs passifs (plus d'un million d'euros) et 180 jours pour la résidence active, dont les quotas sont actuellement épuisés. De plus, un dépôt non récupérable de 50 000 € est désormais requis.
Le podcast aborde ensuite les actions de l'Union européenne pendant l'été. La nouvelle réglementation CRD6 est discutée, qui vise à restreindre les services bancaires offshore pour les Européens. À partir de 2027, les banques hors UE sans succursale en Europe ne pourront plus proposer de prêts ou de produits financiers aux clients européens. Bien que les Européens puissent toujours ouvrir des comptes à l'étranger, les possibilités d'investissement seront réduites. Cette mesure est jugée facile à contourner par les personnes avisées, mais elle augmentera la friction pour la majorité. L'intervenant y voit un signe que l'Europe va dans une mauvaise direction, resserrant progressivement les contrôles. Il insiste sur l'importance de diversifier ses résidences et passeports à l'international pour échapper à ces règles.
L'impact des stablecoins est ensuite évoqué. La pression exercée par l'UE pourrait pousser une partie de la population vers des alternatives comme les stablecoins en dollars, favorisant une dollarisation partielle de l'économie. Il est mentionné que Teter s'est associé à un système de QR codes en Bolivie, permettant de payer directement en USDT. Cela montre comment les pays peuvent dépasser le monopole des cartes bancaires et faciliter les transactions en temps réel, mais aussi comment cela pourrait mener à une dollarisation rapide en cas d'effondrement monétaire. Les États-Unis, contrairement à l'Europe, ont laissé les cryptomonnaies expérimenter avant de réguler, cherchant à attirer les innovateurs. L'Europe, en revanche, régule et interdit trop tôt, ce qui freine l'innovation.
Un autre point de friction est l'idée de Bercy d'interdire aux PEA d'investir dans des marchés internationaux hors UE. Bien que cela vise à corriger une faille (les ETF synthétiques permettant d'investir hors UE), cela réduirait l'attrait du PEA et donnerait une raison de plus de quitter l'Europe. L'intervenant conseille de "shorter" l'Europe, c'est-à-dire parier sur son déclin, et de privilégier les investissements mondiaux ou américains. Il critique la propension de l'Europe à réguler et à ne rien produire, citant l'exemple de la régulation e-commerce qui oblige les vendeurs à s'enregistrer dans 27 pays, même pour une seule livraison, ce qui pousse les entrepreneurs vers les États-Unis.
La discussion se tourne ensuite vers le "chat control" européen, une tentative d'imposer un scan des appareils pour détecter la pornographie infantile, mais qui pourrait s'étendre à d'autres contenus. Une première version temporaire et volontaire avait été mise en place, excluant les messages chiffrés de bout en bout (WhatsApp, Signal). Une deuxième version a été votée par une minorité de députés européens en profitant des vacances, ce qui est jugé comme une opération de guérilla. Il est recommandé d'utiliser Signal pour les communications privées, car Telegram n'est pas chiffré par défaut et les groupes ne le sont pas du tout. L'intervenant souligne que Signal a menacé de quitter l'Europe si de telles mesures étaient imposées, ce qui serait un signe avant-coureur pour les citoyens.
Les fuites de données sont également un sujet de préoccupation majeur. Plusieurs fuites massives de comptes bancaires et de données de contribuables ont eu lieu en France, et ces informations sont vendues sur le dark web. Avec l'arrivée de la facturation électronique, qui centralisera toute l'économie française au niveau du fisc, les risques de fuites sont encore plus grands. L'intervenant rappelle que l'impôt sur le revenu, instauré en France en 1914, avait été combattu pendant 40 ans par des députés de droite comme de gauche, qui jugeaient intolérable que l'État connaisse les revenus des citoyens. Cette évolution vers un État qui veut tout savoir, même incapable de protéger les données, est comparée à une "brésilisation" ou "mexicanisation" de la France, où les services publics se dégradent et les riches se tournent vers le privé (sécurité, écoles, cliniques).
Il est souligné que les fuites de données ont déjà eu des conséquences concrètes, comme des tentatives de home-jacking chez de nouveaux propriétaires dont l'adresse avait fuité avec leurs informations crypto. Des cas de corruption au sein des administrations sont aussi évoqués, comme une agente du fisc vendant des fiches crypto ou des douaniers signalant l'arrivée d'un joueur de poker.
Le podcast s'interroge sur les solutions pour éviter ces problèmes, notamment en matière de sécurité et de confidentialité. Il est conseillé d'utiliser des adresses de livraison anonymes pour les achats liés aux cryptos et de changer d'adresse en cas de fuite. Des solutions légales de défense, comme les canons sonores ou les gaz lacrymogènes, sont mentionnées pour les habitations. L'option de quitter le pays pour un endroit plus sûr et fiscalement avantageux est également mise en avant.
Les Large Language Models (LLM) comme ChatGPT sont vus comme une autre "bombe à retardement" pour la confidentialité, car les données partagées sont stockées et peuvent être utilisées contre les utilisateurs. Il est recommandé d'utiliser des plateformes comme Venice, qui offre des modèles chinois décensurés, un chiffrement de bout en bout et la possibilité de payer en Bitcoin, pour garantir la confidentialité. L'idée de faire tourner des modèles d'IA en local est idéale mais coûteuse et complexe pour l'instant.
L'évolution rapide de l'IA est mise en avant, avec l'arrivée imminente des IA générales (AGI) et des superintelligences artificielles (ASI). L'AGI, capable de rivaliser avec les meilleurs humains dans la plupart des tâches cognitives, est attendue d'ici 1 à 2 ans, et l'ASI, surpassant largement les humains, d'ici 2031-2032. Cela pourrait mener à la singularité technologique, où l'IA devient largement plus intelligente que nous, automatisant une grande partie de l'économie et créant une richesse démentielle. Cela pourrait potentiellement sauver les économies occidentales en faillite et compenser le vieillissement de la population. L'allongement radical de l'espérance de vie, voire l'immortalité via le "cloud", est aussi envisagé.
L'intervenant conclut que nous vivons les "dernières années normales", avec une accélération technologique sans précédent. Il invite les auditeurs à profiter de ces moments et à se préparer à un monde transformé par la science-fiction. Il souligne que même si l'IA pourrait tout sauver, ce n'est pas un plan fiable et qu'il faut se préparer activement.
Le dernier point abordé est le transfert de richesse massif attendu dans les 15 prochaines années avec l'héritage de la génération des