
Joe Rogan Experience #2497 - Gad Saad
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L'invité, Gad Saad, annonce la publication de son nouveau livre, "Suicidal Empathy", ainsi que son déménagement permanent à Oxford, Mississippi, après avoir été professeur invité à l'Université du Mississippi. Il explique avoir obtenu un visa EB1A, destiné aux personnes aux capacités extraordinaires, ce qui lui permettra d'obtenir une carte verte.
Il contextualise son nouveau livre par rapport à son précédent ouvrage, "The Parasitic Mind". Alors que "The Parasitic Mind" explorait comment les idées parasitaires pouvaient détourner le système cognitif et la pensée rationnelle, "Suicidal Empathy" se concentre sur le détournement du système affectif et émotionnel. L'empathie suicidaire est un concept qu'il illustre avec la métaphore du "grillon des bois". Cet insecte, qui abhorre l'eau, est parasité par un nématode qui le pousse à se suicider en se jetant dans l'eau, permettant au parasite de compléter son cycle de reproduction. De même, l'empathie suicidaire décrit comment des individus peuvent être poussés à agir contre leur propre intérêt de survie en raison d'une empathie excessive ou mal dirigée.
Gad Saad souligne que l'empathie n'est pas intrinsèquement mauvaise ; c'est une vertu essentielle pour la communication et la compréhension mutuelle (empathie cognitive). Cependant, comme la plupart des choses dans la vie, un excès ou un manque d'empathie peut être problématique. Un manque d'empathie caractérise un psychopathe, tandis qu'une empathie hyperactive ou mal dirigée peut conduire à l'empathie suicidaire.
Il donne des exemples récents d'empathie suicidaire, comme le juge qui a exprimé de la sympathie pour un homme ayant tenté d'assassiner le président Trump, ou la femme qui a refusé de porter plainte contre un criminel noir pour ne pas le renvoyer en prison. Il mentionne aussi l'histoire d'une femme violée en Allemagne qui a menti sur la langue de ses agresseurs pour éviter la "marginalisation" de certaines communautés. Ces comportements sont, selon lui, des manifestations d'une empathie si poussée qu'elle devient autodestructrice.
L'auteur explique que l'empathie suicidaire est souvent précédée par l'implantation d'idées parasitaires, comme le relativisme culturel. Cette idée, qui prône l'absence de jugement envers les pratiques d'autres cultures, rend les individus impuissants face à des pratiques incompatibles avec les valeurs occidentales, menant à des positions d'empathie suicidaire, comme la promotion de frontières ouvertes sans exigence d'assimilation.
La conversation aborde ensuite la difficulté de discuter ouvertement de l'Islam aux États-Unis. Gad Saad estime que les conservateurs sont plus enclins à le faire, tandis que la gauche est "terrifiée" d'être qualifiée de raciste ou d'islamophobe. Il critique la tendance de la gauche à accuser rapidement les autres de "fascisme", alors que cette même gauche peut adopter une forme de "fascisme progressiste" en exigeant une adhésion totale à un narratif. Il donne l'exemple de personnes "queers pour la Palestine" qui soutiennent des groupes comme le Hamas, qui les tueraient pour leur identité sexuelle, illustrant ainsi l'empathie suicidaire.
Il introduit le concept de "théorie culturelle de l'esprit", qui est l'application de la théorie de l'esprit au niveau culturel. Une culture manque de théorie culturelle de l'esprit si elle présume que ses valeurs sont interprétées de la même manière par d'autres cultures. En Occident, des valeurs comme la générosité et la gentillesse peuvent être perçues comme des faiblesses par d'autres sociétés. Il raconte que des personnes arabes lui disaient que "l'Occident est une femme à monter", reflétant cette perception de faiblesse.
Gad Saad partage son histoire personnelle : né au Liban en 1964 dans une communauté juive, il a fui la guerre civile de 1975 pour Montréal. Ses parents, restés pour leurs affaires, ont été kidnappés par le groupe d'Abou Nidal. Ils ont été libérés grâce à des connexions et de l'argent. Son père a subi une paralysie faciale temporaire due au stress. Il révèle que ses parents ont été torturés pour qu'ils signent de fausses confessions d'espionnage israélien, ce qui aurait permis leur exécution légale. Cette expérience l'a rendu très conscient des dangers du monde.
Il critique l'idée que toutes les religions prêchent la même chose, soulignant les différences fondamentales. L'Islam est une religion prosélyte, expansionniste, dont l'objectif est de convertir le monde entier. Le judaïsme, en revanche, est anti-prosélyte et cherche à maintenir une petite communauté.
Concernant la politique étrangère américaine, notamment vis-à-vis de l'Iran, Gad Saad rejette l'idée que les États-Unis seraient de simples "grillons des bois" manipulés par le lobby israélien. Il reconnaît qu'Israël a des intérêts communs avec les États-Unis et que de nombreux pays de la région (comme les pays du Golfe) ne souhaiteraient pas non plus que l'Iran possède l'arme nucléaire. Il estime que l'idée d'une manipulation totale est simpliste.
Joe Rogan soutient que la guerre en Iran n'est pas une bonne idée et que l'influence du lobby israélien sur la politique américaine est excessive, citant le financement des campagnes politiques et la pression pour des interventions militaires. Il évoque également la possibilité que le Premier ministre israélien, Netanyahu, utilise la guerre pour rester au pouvoir et éviter des accusations de corruption.
Gad Saad compare la situation à un diagnostic de diabète : même si Netanyahu a parlé pendant des décennies de la menace nucléaire iranienne, il est plausible qu'à un certain moment, les services de renseignement aient estimé que la menace était devenue intolérable. Il critique une approche "déontologique" de la politique étrangère, qui prônerait un isolationnisme absolu, rappelant que l'apaisement n'a pas fonctionné avec Hitler. Il met en avant les souffrances du peuple iranien sous un régime répressif et suggère que la libération de 90 millions de personnes pourrait être un objectif louable, indépendamment de l'influence israélienne.
Joe Rogan rétorque que le régime iranien actuel est en place à cause de l'ingérence des États-Unis et de la British Petroleum Company, qui ont renversé un gouvernement démocratiquement élu pour nationaliser le pétrole. Il cite l'exemple de la Libye et de Mouammar Kadhafi, dont le renversement a transformé le pays en État failli. Gad Saad concède que l'ingérence américaine a joué un rôle, mais estime que la responsabilité principale des souffrances du peuple iranien incombe au régime lui-même. Il utilise la métaphore du "rasoir d'Ockham" pour critiquer la tendance à attribuer toutes les causes à une seule entité (par exemple, les États-Unis ou le "lobby sioniste").
Gad Saad défend l'idée que les États-Unis, bien qu'imparfaits, sont la société la plus "retenue" et la plus généreuse parmi les grandes puissances. Il souligne que la Chine, par exemple, exerce son pouvoir de manière plus insidieuse, en infiltrant les universités et les secteurs technologiques américains, et en achetant des terres autour de bases militaires.
Il explique que son soutien à Israël, comme aux États-Unis, vient de son appréciation des valeurs de liberté et de démocratie. Il défend Israël comme une anomalie dans une région hostile, offrant plus de libertés individuelles que la plupart de ses voisins. Il raconte son expérience positive avec les médias saoudiens, qui l'ont invité à parler de l'Islam malgré ses critiques, montrant une ouverture potentielle à la modernité dans certains pays du Golfe.
Il réaffirme que l'Islam, dans ses textes canoniques, est expansionniste et divise le monde en "maison de l'Islam" et "maison de la guerre". Il cite l'exemple de l'Espagne (Al-Andalus) et d'Israël, que les extrémistes musulmans considèrent comme des terres devant revenir à l'Islam. Il souligne que l'immigration massive de populations adhérant à de telles idéologies peut altérer profondément la nature des sociétés occidentales, citant l'exemple de Montréal où l'islamisation a conduit à des menaces de mort et à des difficultés pour lui, en tant que professeur juif pro-israélien, de travailler en toute sécurité.
La conversation dévie sur la montée de l'antisémitisme. Joe Rogan pense que le sentiment anti-israélien a augmenté massivement depuis la réponse d'Israël au 7 octobre, en raison des images de destruction à Gaza. Gad Saad, lui, affirme que l'antisémitisme qu'il a subi précède de loin le 7 octobre et qu'il est profondément enraciné dans certaines sociétés islamiques. Il cite une enquête de Pew Research Center de 2010 montrant que 95 % des habitants de certains pays du Moyen-Orient ont une opinion défavorable des Juifs.
Il conclut en insistant sur le fait que toutes les religions ne sont pas également compatibles avec l'expérience américaine et les valeurs de liberté. Ignorer cette réalité, c'est s'engager dans une empathie suicidaire qui mettra en péril l'avenir de la société.