
Les extrêmes se rencontrent en chicha - Djamil le Schlag - Le Podcast de Franjo
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Ce podcast réunit Jamil le Schlag et Frano, deux humoristes aux univers apparemment opposés mais qui se rejoignent dans leur profession. La conversation débute par une anecdote sur le véritable prénom de Frano, François Joseph, révélé par ses parents. La famille de Frano est décrite comme artistique, sa mère étant particulièrement extravertie et désireuse de participer au podcast.
La rencontre entre Jamil et Frano remonte à une soirée en chicha, un lieu que Jamil décrit comme un espace de mixité où Frano, malgré son statut de "blanc", s'est toujours senti à l'aise. Cette anecdote sert de prélude à une discussion sur les chichas, que Jamil et Frano considèrent comme des lieux de respect pour les artistes, souvent les premiers à les accueillir avec un cachet et un sourire. Ils soulignent que ces lieux abritent des êtres humains normaux, capables de rire et de venir voir les spectacles ensuite.
La conversation aborde ensuite la question de l'humour et des blagues "communautaires". Jamil explique que ces blagues, qu'il qualifie de "blagues sur les Arabes et les Noirs", sont perçues comme drôles par le public concerné, à condition qu'elles soient bienveillantes et non racistes. Il est précisé que les minorités ont une grande autodérision et qu'il est possible de rire de tout, à condition que ce soit drôle et que l'intention ne soit pas malveillante. L'exemple d'une soirée devant un public juif est cité : initialement frileux, le public a finalement beaucoup ri lorsque des blagues ciblées ont été faites, soulignant la capacité d'autodérision de ces communautés.
Le débat s'élargit à la question "peut-on rire de tout ?". Frano et Jamil s'accordent à dire que le rire est subjectif, mais que le caractère drôle d'une blague peut être objectivement évalué par sa réception. Ils mentionnent le cas de Stéphane Guillon comme un exemple d'humoriste dont le propos ne fait pas toujours rire. La technique de tester les blagues plusieurs fois pour évaluer leur efficacité est évoquée.
La discussion se tourne vers l'art et la subjectivité du jugement. Frano exprime sa difficulté à comprendre certaines formes d'art comme Picasso, tandis que Jamil évoque des exemples de critiques négatives sur des films ou de "dislikes" sur YouTube, illustrant que les goûts sont personnels et variés. Ils soulignent que l'intérêt pour l'art peut aussi dépendre de la sensibilité et de l'exposition à celui-ci depuis l'enfance.
L'indépendance des humoristes est un autre thème abordé. Frano se définit comme un "artisan" qui gère sa carrière lui-même, sans dépendre de maisons de production. Il mentionne l'aide de son ami Monir Souci pour cette gestion. Jamil, quant à lui, a toujours privilégié internet, refusant de signer en production pour le stand-up, contrairement aux contrats plus longs du cinéma. Ils constatent que la presse traditionnelle est difficile d'accès et que les attachés de presse sont souvent nécessaires pour obtenir une visibilité médiatique. Frano partage son expérience de recherche de critiques positives qui se sont révélées négatives, soulignant une certaine ironie.
La notion de "blancs de cité" est introduite, décrivant une aura différente chez les personnes blanches ayant grandi dans des environnements mixtes. Frano, ayant grandi dans un village blanc, découvre la mixité plus tardivement, et il est frappé par le fait qu'il rit davantage avec des personnes issues de milieux mixtes. Cette suradaptation et cette capacité d'adaptation sont vues comme des traits distinctifs.
Le podcast aborde ensuite la question de la représentation dans les médias, notamment chez France Inter. Jamil raconte avoir été le seul Arabe dans certaines chroniques, déplorant une hypercompétition entre les minorités dans les médias, une mentalité qu'il souhaite combattre avec son émission "Les Grands Remplaçants". Cette émission, co-créée avec Mounir, vise à créer un espace sans compétition, exclusivement pour les artistes arabes et noirs, une initiative inédite en France. Frano est bienvenu dans cette émission, car il est considéré comme "presque des leurs".
Les accusations d'antisémitisme envers certains humoristes sont évoquées, Jamil expliquant qu'une confusion peut s'installer, notamment entre le soutien à la Palestine et l'antisémitisme. Il met en garde contre les interprétations hâtives et la simplification des enjeux géopolitiques.
La discussion glisse vers des sujets plus légers, comme le racisme antiblanc, qualifié de "science-fiction" par Jamil, car les Blancs ne rencontrent généralement pas les mêmes difficultés d'accès à l'emploi ou au logement. L'hygiène et les habitudes culturelles, comme le lavage des mains ou l'utilisation de bidets, sont abordés avec humour.
Le voyage au Sénégal est un moment fort, où Jamil raconte une anecdote de Nordine Gonzo qui a "bidé" avec une blague sur le manque de feux rouges au Sénégal. Frano, lui, a eu un passage réussi, même s'il ne se souvient pas s'il portait son "yukulé" à l'époque. Jessie Matador et Monsieur Tombola, humoristes rencontrés lors de ce voyage, sont également mentionnés.
La tournée de Frano, qui touche principalement les centres culturels et les petites villes, est décrite comme un succès. Il est salué pour sa capacité à remplir des salles et pour la qualité de son spectacle "Exode". Jamil, quant à lui, est connu pour son gimmick "jusqu'à 30%" et son passage mémorable au Théâtre de Dix Heures.
Le thème de l'argent et du succès est abordé sous l'angle de la richesse et de la célébrité. Les deux humoristes s'accordent à dire que le succès matériel ne résout pas tous les problèmes, citant l'exemple de Zidane harcelé par les paparazzis. Ils valorisent leur position dans le "ventre mou" de la notoriété, où ils peuvent encore marcher dans la rue sans être constamment sollicités.
La conversation se termine sur des réflexions sur la politique, les élections de 2027, et la personnalité de certains hommes politiques, tout en revenant sur des anecdotes personnelles, comme la découverte de l'humour par Jamil par hasard, ou les débuts difficiles de Frano à l'école. L'importance du rire comme remède et comme moteur de leur métier est réaffirmée. Ils soulignent que malgré les difficultés, l'humour reste leur passion et leur moyen de divertir le public.