
Quelque chose d'étrange se passe en Chine...
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Pendant 20 ans, les multinationales ont misé sur la Chine, imaginant 1,4 milliard de futurs clients. Cependant, 20 ans plus tard, les Chinois n'achètent pas. Le président des États-Unis et 17 PDG se sont rendus à Pékin pour les inciter à consommer, sans succès. En Europe, des constructeurs comme BMW voient leurs ventes chuter en Chine face à l'invasion de produits chinois à bas prix. Le ménage chinois épargne plus de 40% de ses revenus, et la consommation intérieure plafonne à 38% du PIB, la moitié de la moyenne mondiale.
Cette réticence à dépenser est due à plusieurs facteurs : la politique de l'enfant unique, qui a créé une charge financière lourde pour les enfants devant soutenir leurs parents âgés ; les traumatismes des famines passées, inculquant une peur de manquer et une culture de l'épargne ; et l'absence d'un "effet de richesse", car les citoyens n'ont pas d'opportunités d'investissement rentables, leurs actifs ne prenant pas de valeur. L'État possède les entreprises les plus lucratives, et l'épargne est placée à des taux quasi nuls ou dans l'immobilier en chute.
La Chine a compensé ce manque de consommation par de grands projets d'infrastructures et des exportations massives, mais ces stratégies atteignent leurs limites. Les villes fantômes et la fermeture des marchés internationaux aux produits chinois en sont des signes. Pékin connaît les solutions – transfert d'actifs aux ménages, protection sociale, appréciation du yuan – mais refuse de les appliquer, car elles impliqueraient une redistribution du pouvoir du parti communiste.