
La DISSOLUTION de l'Assemblée nationale, racontée par sa PRÉSIDENTE - Yaël Braun-Pivet
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L'interlocutrice décrit comment elle a appris la dissolution de l'Assemblée nationale, suite à des journées intenses. Le vendredi précédant la dissolution, elle a reçu Volodymyr Zelensky à l'Assemblée nationale, suivi d'un entretien en tête-à-tête et d'un discours. Le même soir, à l'occasion des 80 ans du débarquement, elle a accueilli Nancy Pelosi et une délégation de congressmen américains. Le samedi, elle a assisté à un dîner d'État à l'Élysée avec le président Biden.
Le dimanche soir, elle a été invitée à 19h pour les résultats des élections européennes, pensant faire enfin partie du cercle intime du pouvoir, ayant toujours été en marge des partis. Arrivée à 19h, elle a trouvé les membres du gouvernement réunis. Le président est arrivé et a annoncé la dissolution. Elle décrit sa réaction, étant "verte" de surprise. Elle pense que Gérald Darmanin savait, et Gabriel Attal venait de l'apprendre.
Le président a expliqué sa décision pendant cinq minutes, puis a donné la parole à Gabriel Attal, puis à elle. Choquée, elle a rappelé au président que la Constitution l'obligeait à consulter la présidente de l'Assemblée nationale. Le président a répondu qu'il était en train de le faire. Elle a insisté, affirmant que ce n'était pas la consultation prévue et a demandé qu'elle ait lieu. Après le tour de table, ils se sont entretenus seuls pendant environ 20 minutes dans le jardin.
Elle a été la seule à tenir tête au président en public. Elle a tenté de le dissuader de la dissolution, proposant de construire une coalition avec les Républicains pour obtenir une majorité absolue et définir un programme de gouvernement commun. Elle a suggéré de reporter la décision à septembre si la coalition ne se formait pas pendant l'été. Le président a rejeté l'idée, estimant que cela ne fonctionnerait pas, et la décision était déjà prise.
Elle exprime son regret de ne pas avoir été consultée plus tôt, lors de la construction de la décision. En tant que fidèle loyale et bien placée pour évaluer la capacité de l'Assemblée à fonctionner, elle aurait aimé être incluse dans la réflexion du président, ce qu'elle a trouvé blessant personnellement et institutionnellement.
Après l'annonce, elle a discuté avec son mari et ses enfants. La dissolution signifiait l'arrêt de tout, y compris le licenciement de ses collaborateurs. Ses enfants l'ont encouragée à "retourner au combat". Sa fille aînée, le lendemain, a mis une chanson entraînante pour lui redonner de l'énergie et la pousser à continuer.