
Taux au plus haut : le piège qui menace la Bourse
AI Summary
Le débrief hebdomadaire débute avec la montée des taux d'emprunt mondiaux, les États-Unis empruntant à 5,3% et la France à près de 5%, des niveaux inédits depuis 2002. Le Royaume-Uni dépasse même les 5,5%, et le 30 ans franchit les 6%, une première depuis 1998. L'Allemagne n'est pas en reste à 3,6%. Ces taux à 10 ans, indicateurs du coût de l'argent, influencent directement les prix de l'immobilier, les crédits aux entreprises et aux particuliers, ainsi que la valeur des actions.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse généralisée. Premièrement, le pétrole, toujours au-delà des 100 dollars, a bondi de 40% en trois mois. La Chine a même annoncé la suspension de ses exportations de carburant, ce qui ne devrait pas calmer la situation. Un pétrole cher alimente l'inflation, incitant les prêteurs à exiger une meilleure rémunération. Deuxièmement, la dette. L'OCDE anticipe 29 milliards de dollars d'emprunts d'État et d'entreprises cette année, un nouveau record. Troisièmement, l'IA. Les géants de la tech, comme Alphabet, Amazon et Meta, émettent massivement de la dette, totalisant 220 milliards de dollars depuis le début de l'année, soit plus du double de ce qui était prévu pour toute l'année 2025. Cette augmentation des emprunteurs, face à une épargne stable, fait mécaniquement grimper le prix de l'argent.
La conséquence pour les actions est directe : si un État rémunère à plus de 5%, les actions doivent justifier leur valeur. Les bénéfices futurs perdent de leur valeur actuelle, et l'argent se dirige vers les placements les mieux rémunérés, en l'occurrence le dollar. L'euro-dollar est tombé à son plus bas depuis un an, offrant un "rollover" positif aux vendeurs d'euro-dollar grâce à l'écart de taux entre la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne.
Vendredi a apporté un léger répit. L'Europe et les États-Unis envisagent de puiser dans leurs réserves stratégiques de diesel et de brut. Surtout, les chiffres de l'emploi non-agricole (NFP) aux États-Unis ont été bien en deçà des attentes, avec moins de 30 000 créations de postes, contre 90 000 anticipées, et 162 000 le mois précédent (révisé à la baisse à 130 000). Le taux de chômage est monté à 4,2%, et les salaires ont augmenté moins vite que prévu (+0,1% contre +0,3%). Ce ralentissement du marché du travail américain est une bonne nouvelle pour les taux, car il réduit la pression inflationniste et la probabilité d'une nouvelle hausse de taux de la Fed en octobre. Cependant, une économie au ralenti n'est pas un cadeau pour les bénéfices des entreprises.
En zone euro, l'inflation de septembre s'est établie à 3,8%, au-dessus des 3,6% attendus, atteignant son plus haut niveau en trois ans. L'Espagne affiche déjà 5%. La Banque centrale européenne ayant déjà relevé ses taux ce mois-ci, une nouvelle hausse est quasiment certaine lors de la prochaine réunion. Une banque centrale qui relève ses taux face à l'inflation et au ralentissement économique n'est pas un bon mélange.
Le budget de l'État français, avec un déficit visé à 5% du PIB, a provoqué une augmentation du "spread" entre les taux français et allemands, atteignant 1,44 point, un niveau inédit depuis 2012. Le CAC 40, l'indice parisien, a chuté pour la septième semaine consécutive, atteignant 7950 points. Les banques françaises comme Société Générale, qui a perdu 5% en une journée, sont impactées car elles détiennent de la dette française.
L'IA continue de briller avec des entreprises comme Micron, spécialisée dans les semi-conducteurs, affichant un chiffre d'affaires trimestriel de plus de 54 milliards de dollars, contre 11 milliards il y a un an, et un bénéfice net de 38 milliards. Bien que son action ait déjà bondi de 300% depuis janvier, le marché reste prudent sur la durabilité de cette croissance. Accenture et Capgemini ont également enregistré de fortes hausses. Cependant, cette croissance de l'IA