
Comment une seule banque a fait sombrer le Paraguay
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Une crise bancaire sans précédent secoue le Paraguay, déclenchée par la suspension des activités d'Ueno, l'une des principales néobanques du pays. Près de 3 millions de clients sont privés d'accès à leurs 2,8 milliards de dollars de dépôts.
L'ascension fulgurante d'Ueno, passée de société financière à cinquième banque privée en quelques années, a masqué des signaux d'alerte. Dès 2026, le superviseur bancaire a pointé des prêts à des entreprises liées à son propre groupe. En octobre, les obligations de la banque ont chuté, révélant des doutes sur sa solvabilité. Selon la presse paraguayenne, Ueno aurait utilisé 70 millions de dollars de son fonds de réserve.
Le 2 novembre, la Banque Centrale du Paraguay a placé Ueno sous procédure de résolution, bloquant les applications, cartes et agences. Le ratio de solvabilité de la banque était de 5,56 %, bien en dessous du minimum réglementaire de 12 %. Vingt-sept personnes, dont huit dirigeants, sont mises en cause pour des prêts douteux.
Les 2,8 milliards de dollars de dépôts, représentant 9 % des dépôts bancaires du pays, sont gelés. Une garantie bancaire couvre jusqu'à 37 000 dollars par déposant, protégeant environ 97 % des clients, mais seulement 30 % de la valeur totale des dépôts.
La crise a des répercussions politiques majeures. Le président Santiago Peña, dont les liens passés avec Ueno soulèvent des questions, a démissionné. Une partie des fonds bloqués appartient à l'État, y compris 355 millions de dollars de la caisse de retraite IPS, affectant 32 000 retraités. Une loi d'urgence a été promulguée, prévoyant des avances de 20 000 dollars pour les déposants éligibles.