
FSD Supervisé : 42 minutes pour comprendre la révolution Tesla en Europe
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Le 10 avril 2026 marque une étape cruciale pour l'avenir de la conduite autonome en Europe, car un pays autorise la technologie FSD (Full Self-Driving) de Tesla, ou CEA (Conduite Entièrement Automatique supervisée) en français. Cela signifie un pas vers des voitures capables de se conduire seules et de ramener les conducteurs fatigués, un événement historique. Numérama a eu l'opportunité de tester cette technologie FSD à Amsterdam, une ville réputée difficile pour les voitures, avec un million de vélos pour 800 000 habitants.
Le test a débuté avec un trajet vers un IKEA, incluant des routes urbaines et de l'autoroute, pour évaluer les performances de la FSD, y compris le stationnement. Dès l'activation du mode FSD supervisé, la voiture a commencé à conduire seule, sans que les mains soient obligatoirement sur le volant, contrairement aux systèmes d'assistance précédents de Tesla. La FSD gère la majorité du trajet, prenant des décisions, changeant de voie, utilisant les clignotants et s'arrêtant si nécessaire. Il s'agit d'un pas majeur vers la conduite autonome, bien que ce ne soit pas encore une conduite autonome à part entière, car elle n'est pas encore approuvée au niveau européen.
La technologie FSD de Tesla, classée niveau 2, se distingue des taxis autonomes comme Waymo et Zoox (niveau 4). Ces derniers utilisent le "geofencing", c'est-à-dire qu'ils sont entraînés sur des routes pré-enregistrées et cartographiées en détail, leur permettant d'opérer dans des zones spécifiques. En revanche, la FSD de Tesla repose sur l'apprentissage automatique et les réseaux neuronaux. La version 12 de la FSD a marqué une rupture, passant d'un système basé sur des règles (si X, alors Y) à un modèle d'entraînement neuronal, nourri par des données collectées auprès de toutes les voitures Tesla en circulation. Cela permet au véhicule d'imiter le comportement humain et de s'adapter à des situations imprévues, comme les embouteillages ou les interactions avec les bus.
Un incident a souligné la nature supervisée de la FSD : une désactivation temporaire due à un manque d'attention du conducteur. Le système est conçu pour détecter si le conducteur ne regarde pas la route et le désactive, exigeant une reprise de contrôle manuel. Cela garantit que le conducteur reste vigilant et empêche l'utilisation du téléphone ou d'autres distractions. Malgré ces interruptions, la FSD est perçue comme un atout majeur pour la sécurité routière. Les chiffres de Tesla et de Waymo montrent une réduction significative des accidents, notamment des accidents graves, grâce à une conduite plus prudente et l'élimination des facteurs humains comme la vitesse excessive ou l'alcool.
Le test a également révélé comment la FSD gère des situations complexes, comme un carrefour embouteillé à Amsterdam, où elle a fait preuve d'une prudence exemplaire, attendant que la voie se dégage avant d'avancer. La possibilité de reprendre le contrôle à tout moment est une caractéristique essentielle de la conduite supervisée. Sur autoroute, la FSD a démontré sa capacité à changer de voie de manière fluide pour dépasser, une décision prise automatiquement par la voiture.
La version européenne de la FSD présente quelques différences par rapport à la version américaine, notamment des règles d'homologation spécifiques et des restrictions géographiques (elle ne peut pas quitter les Pays-Bas sans se désactiver). Le système est plus restrictif en Europe concernant l'attention du conducteur, exigeant une vigilance constante et proposant même un tutoriel obligatoire et un quiz avant la première utilisation.
Le stationnement autonome a été une révélation. Après 20 minutes de route vers IKEA, la voiture a réussi à trouver une place et à se garer seule, une manœuvre qui a impressionné les testeurs. Cette capacité à gérer des situations complexes comme le stationnement, qui est souvent source de stress pour les conducteurs, est considérée comme un avantage majeur de la FSD.
Le test s'est poursuivi dans le centre d'Amsterdam, une zone dense avec de nombreux vélos et piétons. La FSD a montré une prudence extrême, s'adaptant aux comportements imprévisibles des usagers de la route. Elle a géré des situations délicates, comme le passage d'un bus ou des vélos arrivant de toutes parts, en ralentissant ou en se décalant. Bien que parfois jugée trop prudente, cette approche minimise les risques d'accident. La voiture a même effectué une petite marche arrière pour se dégager d'une situation bloquée, démontrant sa capacité à manœuvrer dans des espaces restreints.
L'expérience a confirmé que la FSD est faite pour protéger les piétons et les vélos avant tout, préférant la lenteur à la prise de risque. Elle respecte scrupuleusement les panneaux de signalisation, même si cela peut parfois entraîner des freinages brusques, un comportement différent de celui d'un conducteur humain qui anticiperait davantage.
La technologie FSD de Tesla se distingue par son utilisation exclusive de caméras et d'une intelligence artificielle pour analyser les données visuelles, contrairement aux systèmes utilisant des lidars. Cette approche permet des économies d'échelle et une intégration plus facile dans les véhicules, mais elle peut être limitée dans des conditions météorologiques extrêmes ou la nuit sans éclairage.
Concernant l'avenir réglementaire en Europe, Tesla s'est appuyé sur l'article 39 de l'Union européenne pour obtenir une exception nationale aux Pays-Bas, en présentant des données de 1,8 million de kilomètres parcourus et 18 mois de procédure. La FSD est qualifiée de technologie de niveau 2 par l'ONU, et non de niveau 4 autonome, ce qui a facilité son approbation. La prochaine étape est la reconnaissance mutuelle : si la Commission européenne approuve la proposition des Pays-Bas à l'unanimité, l'autorisation de la FSD s'étendra à toute l'Union européenne. Cependant, des pays comme la France et l'Allemagne ont exprimé des réserves, craignant des risques et souhaitant protéger les constructeurs européens. Le vote pourrait avoir lieu le 30 juin, mais l'approbation prendra du temps.
À moyen terme, l'approbation de la FSD en Europe semble inévitable, bien qu'avec un certain retard par rapport aux États-Unis. La technologie est performante sur les grandes routes et s'en sort bien sur les routes européennes complexes, malgré une prudence parfois excessive. La FSD est avant tout une technologie qui limite les accidents, agissant comme un "régulateur de vitesse du futur". Tesla propose la FSD comme une option par abonnement (99 €/mois, 50 €/mois pour l'Autopilot amélioré) ou un achat unique (plus de 7000 €), un modèle qui pourrait évoluer pour ne pas remplacer l'humain mais offrir un service supplémentaire. Cette expérience a permis de "goûter à l'avenir de la voiture".