
Investir en bourse MAINTENANT est dangereux ? Wall Street au SOMMET de leur histoire
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Nous sommes en pleine saison de publication des résultats du premier trimestre 2026. Plus de la moitié des entreprises du S&P 500 ont déjà communiqué leurs chiffres, y compris les géants de la technologie. Parmi les 63% d'entreprises du S&P 500 ayant publié, 84% dépassent les attentes en termes de bénéfices nets par action, un indicateur clé pour la communauté financière.
Alexandre Barades d'IG analyse cette situation. Il souligne une croissance des bénéfices exceptionnelle, voire exponentielle, mais tempère ce constat par des valorisations tendues et des attentes monumentales, suggérant une prudence pour les trimestres à venir.
Concernant les résultats, 84% des entreprises qui ont publié font mieux que prévu, avec une croissance des bénéfices de plus de 27%. Il s'agit d'un record depuis 2021. Les attentes sur ces bénéfices ont été massivement revues à la hausse, passant d'environ +13% en mars à ce niveau actuel. Cependant, le risque est de se trouver au sommet de la montagne, avec un ratio cours/bénéfice anticipé (PE forward) avoisinant les 21 fois les bénéfices pour les 12 prochains mois. La moyenne sur les 5 dernières années est d'environ 20, et sur les 10 dernières années, elle est d'environ 19.
Face à ces 84% d'entreprises dépassant les prévisions et une croissance des bénéfices de 27%, la performance fondamentale semble proche de la perfection. Cependant, avec une valorisation de 21 fois les bénéfices, il est légitime de se demander si l'année entière n'est pas déjà intégrée dans les cours. Sommes-nous dans une zone de vulnérabilité où de simples bons résultats ne suffiront plus à faire progresser les indices, alors même que le S&P 500 et le Nasdaq battent des records historiques ?
Xavier confirme que nous traversons une saison de résultats particulièrement remarquable aux États-Unis, avec une croissance des bénéfices dépassant les 20%, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis 2021, juste après la pandémie. Les valorisations actuelles des marchés américains, et notamment du S&P 500, suggèrent deux points. Le ratio cours/bénéfice anticipé (PE forward) nous rappelle que dans les zones de surchauffe avant correction, comme post-Covid ou en 2021, on atteignait 23 fois les bénéfices anticipés avant de corriger. Avant l'annonce des taxes douanières par Trump, fin 2024/début 2025, on était de nouveau à 23 fois les bénéfices. Après une correction, puis une remontée en octobre 2025 à 23 fois, la consolidation du S&P 500 et la guerre en Iran ont détendu les multiples de valorisation, qui sont ensuite remontés à 21 fois les bénéfices. Bien que ce niveau soit inférieur au pic d'octobre dernier, il reste supérieur aux moyennes historiques sur 5 et 10 ans. Ce multiple de 21 fois les bénéfices indique que les attentes pour les trimestres à venir sont élevées, ce qui pèse sur les multiples de valorisation.
Un autre ratio, le cours/bénéfice réalisé (PE), met en évidence la cherté du marché américain. Après une correction furtive liée à la guerre en Iran, les indices ont rapidement rebondi, atteignant de nouveaux records sur le S&P 500 et le Nasdaq. Ce multiple de valorisation, le PE réalisé, oscille entre 28 et 29 fois les bénéfices. Ce niveau avait été précédemment observé juste avant les annonces de taxes douanières par Trump, puis à nouveau en octobre-novembre de l'année dernière, avant la guerre en Iran. Après cette correction, le "buy the dip" a ramené la valorisation autour de 28-29 fois les bénéfices. Par rapport à la moyenne décennale du S&P 500, qui est de 22 fois les bénéfices, on constate un retour à des niveaux très élevés.
La saison des résultats est globalement très bonne, sans annonces majeures négatives. Les grands groupes technologiques ont bien performé, et il n'y a pas eu de surprises concernant les dépenses d'investissement (Capex), certains groupes les ayant même revues à la hausse. Cette excellente saison de résultats a cependant placé la barre très haut pour les prochains trimestres, avec une incertitude accrue due à la situation géopolitique.
En ce qui concerne le deuxième trimestre, les entreprises montrent une certaine vigilance. Sur les 28 entreprises qui ont révisé à la baisse leurs projections de bénéfices par action, seules 23 les ont révisées à la hausse. Les "guidances" (prévisions) pour le deuxième trimestre sont donc majoritairement négatives.
Sur les entreprises ayant déjà annoncé leurs résultats, 55% présentent des guidances négatives pour le T2. Cependant, il faut noter que la moyenne sur 10 ans des guidances négatives à ce stade des publications est d'environ 60%. Ainsi, le schéma de prévisions pour le T2 n'est pas exceptionnellement négatif et est même légèrement meilleur que la moyenne des trimestres précédents.
La question porte donc moins sur la qualité des prévisions par rapport aux moyennes historiques que sur l'impact potentiel du conflit géopolitique sur les résultats des entreprises. Les chiffres du PIB américain du premier trimestre, à 2% de croissance annualisée, ont été légèrement inférieurs au consensus. L'analyse révèle que cette croissance a été principalement tirée par les dépenses d'investissement des grands groupes, notamment technologiques, tandis que la consommation n'a progressé que de 1,6%, ce qui n'est pas phénoménal pour les États-Unis où la consommation représente deux tiers du PIB.
Cela soulève des interrogations sur la solidité de la consommation américaine, d'autant plus que les prix de l'énergie ont accéléré, surtout en mars, suite à l'émergence du conflit. Le début du deuxième trimestre a vu des prix de l'énergie nettement supérieurs à ceux du premier trimestre. De plus, les remboursements d'impôts du premier trimestre, qui auraient dû soutenir la consommation, n'ont pas eu l'effet escompté et leur impact va s'estomper au deuxième trimestre. Dans ce contexte de prix de l'énergie élevés et d'atténuation des effets des remboursements d'impôts, la résilience du consommateur au T2, et plus largement dans l'année, est sujette à caution, d'autant plus avec l'incertitude liée aux élections de mi-mandat et à l'intensification des combats politiques.
Dans ce contexte, malgré les records sur le S&P 500 et le Nasdaq, la situation n'est pas uniformément positive. La remontée des taux d'intérêt est observée. L'or, qui avait explosé ces derniers mois, stagne voire baisse. Bien que le contexte géopolitique soit tendu et les taux réels élevés, ce qui devrait soutenir l'or, le dollar américain baisse, ce qui devrait théoriquement le favoriser. Le marché semble privilégier les taux d'intérêt rémunérateurs plutôt que l'or, une valeur refuge sans rendement.