
Inflation à 3 % : le piège caché derrière la bonne nouvelle
AI Summary
Le mois de septembre a vu la publication d'un chiffre d'inflation aux États-Unis bien meilleur qu'anticipé, avec une inflation sous-jacente à 3% contre 3,3% attendus. Normalement, une telle nouvelle entraînerait une baisse des taux et une envolée des marchés actions. Or, les taux américains ont terminé en hausse et les indices boursiers en baisse.
La raison de cette divergence réside dans une modification des méthodes de calcul, comparée à un changement de thermomètre. Le PCE, indicateur préféré de la Fed, mesure les dépenses des ménages en fonction de leurs achats réels, contrairement au CPI qui prend en compte les prix sans ajuster la consommation. Par exemple, si le prix du beurre explose, un consommateur se tournera vers le fromage, ce que le PCE intègre.
Le 30 septembre, le BEA a mis à jour ses comptes nationaux et modifié le calcul de trois postes : la gestion de portefeuille, les logiciels et les services juridiques. La gestion de portefeuille, auparavant mesurée par un indice de prix producteur qui considérait la hausse des frais de gestion (proportionnels aux encours) comme de l'inflation, est désormais calculée via l'emploi dans le secteur. Cette modification, rétroactive depuis 2021, a révisé les chiffres de juillet et août, expliquant la baisse apparente de l'inflation.
De plus, le taux de chômage officiel de 4,1% ne reflète pas la réalité, car il exclut ceux qui ne cherchent pas activement un emploi. Un taux plus large atteindrait 7,7%. La consommation des ménages a augmenté de 0,6%, la plus forte hausse en un an, et le PIB a été révisé à la hausse. Ces données suggèrent une économie "trop chaude" pour la Fed.
Malgré la baisse de probabilité d'une hausse des taux en octobre, le marché anticipe désormais une possible hausse en décembre, les taux à 10 ans atteignant un plus haut depuis 2007. Un rendement de 5,3% sur un placement sans risque met sous pression les valorisations des actions. Il est donc crucial de ne pas prendre les chiffres macroéconomiques pour argent comptant, mais d'en analyser les méthodes de calcul.