
Se libérer du poids de son poids - Yoram Moyal (Le PBS)
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Le podcast aborde la notion de "PBS" (Plaisir, Bon Sens) à travers une conversation avec Yoram Moyal, fondateur de cette démarche. L'idée centrale est de repenser notre rapport à la digestion et à l'alimentation, non pas sous l'angle des régimes restrictifs, mais comme une enquête personnelle sur le fonctionnement de son propre corps.
Yoram, ancien consultant en stratégie et entrepreneur dans la tech, a développé le PBS après une période de difficultés financières et professionnelles. Suite à un échec entrepreneurial, il s'est retrouvé ruiné et a cherché une nouvelle voie. C'est lors du confinement, en observant les effets sur son partenaire de padel qui avait perdu du poids, qu'il a eu le déclic. Il a alors décidé de décortiquer le fonctionnement de l'appareil digestif, partant du principe que les méthodes traditionnelles de régime n'étaient pas efficaces sur le long terme car basées sur la frustration et la privation.
Le PBS se positionne comme l'opposé d'une méthode, d'un régime. Il s'agit d'une "enquête" où chacun mène sa propre investigation sur son corps. L'objectif n'est pas de perdre du poids à tout prix, mais de gagner en "densification" et en "masse hydrique" (eau bien placée dans le corps), ce qui peut conduire à une silhouette plus fine même à poids égal. Le principe fondamental est de rendre l'appareil digestif plus performant, afin que des repas qui auparavant faisaient grossir, ne le fassent plus, voire permettent de puiser dans les réserves de graisse.
Une idée clé est que le plaisir est essentiel. Un repas que l'on ne kiffe pas, même s'il semble "sain" ou "léger", peut entraîner une sécrétion de cortisol (l'ennemi, lié au stress et à la prise de poids) et compliquer la digestion. Yoram utilise l'analogie du jardinier : si le jardinier (l'appareil digestif) est performant, il peut "tondre la pelouse" (digérer) plus rapidement, libérant du temps pour "aller taper dans le gras" (puiser dans les réserves).
Le PBS met l'accent sur la compréhension des processus digestifs, en soulignant que ceux-ci sont extrêmement chronophages pour le corps et consomment une grande partie de son énergie. En facilitant ces digestions, on libère de l'énergie pour la régénération du corps. Yoram cite Maimonide, médecin du XIe siècle, qui affirmait que c'est le repos qui permet au corps de se réparer, à condition de lui en laisser le temps.
Les "conférences" du PBS, d'une durée de 12 heures réparties sur trois jours, sont présentées comme un apprentissage intensif, voire un "monologue" de Yoram. Il utilise des allégories, comme celle du jardinier, pour aider à visualiser et comprendre les processus. L'idée est de changer de prisme, de ne plus penser en termes de "bons" ou "mauvais" aliments, mais de comprendre leur impact sur la digestion.
Yoram insiste sur le fait que le poids est un prétexte. Beaucoup de participants viennent pour mincir, mais découvrent des bienfaits collatéraux sur leur santé : moins de migraines, une meilleure gestion du diabète, de l'hypertension, des triglycérides, etc. Le véritable objectif est de se libérer du "poids de son poids", c'est-à-dire de la peur de reprendre du poids et de l'obsession liée à l'apparence.
Concernant le sport, Yoram recommande d'arrêter le sport pratiqué uniquement dans le but de mincir. Le sport doit être fait pour le plaisir. Si l'on fait du sport uniquement pour maigrir, on risque d'arrêter dès qu'on atteint son objectif, ce qui peut entraîner une reprise de poids. Il prône une approche où le sport est un plaisir durable, pas une contrainte.
Le PBS se déroule en "teams" (groupes WhatsApp), où les participants partagent leurs "métrix" quotidiens : poids, masse hydrique (MH), photos d'assiettes, et vidéos de leurs "routines de kiff" (chants, danses). Il y a également un groupe pour les échanges plus personnels. Des "lieutenants" (personnes formées au sein du PBS) analysent les données, notamment les variations de MH, pour aider les participants à comprendre leurs progressions. Ce système de "pression sociale implicite" et de soutien mutuel est un élément clé de la démarche.
Yoram souligne l'importance de la "connaissance de conséquences" plutôt que du contrôle. Si l'on comprend que certains repas, comme un burger-frites avec un dessert, sont difficiles à digérer, on peut choisir de les consommer en connaissance de cause, sans culpabilité. Le plaisir est fondamental pour éviter de sécréter du cortisol et pour une meilleure digestion.
Il déconstruit certaines idées reçues, comme le fait que l'alcool fait grossir directement. L'alcool déshydrate, et c'est en compensant cette déshydratation (par exemple, en buvant de l'eau) que l'on peut indirectement prendre du poids. Il insiste sur le fait que "gros" n'est pas une nature, mais une conséquence de la fatigue et d'une mauvaise digestion.
Le programme vise à rompre avec les habitudes, souvent inconscientes. En comprenant le fonctionnement de son corps, les participants développent un palais plus fin, apprécient davantage les aliments moins transformés, et réduisent leurs envies de grignotage. L'idée n'est pas de se priver, mais de manger davantage en "connaissance de conséquences", en comprenant le temps que prend chaque digestion.
Le PBS met en avant l'importance de la "densification" plutôt que de la simple perte de poids. Il s'agit d'être plus "ramassé", plus à l'aise dans son corps, ce qui peut être obtenu par une meilleure assimilation des nutriments, notamment les protéines.
Yoram met également l'accent sur l'aspect humain et communautaire du PBS. Les participants, issus de divers horizons et cultures, apprennent à se connaître, à partager leurs expériences, et à créer des liens forts. Il raconte notamment comment des rencontres entre personnes de cultures différentes (marocaine, juive, arabe, française) ont transcendé les différences, créant une "explosion de good vibes" et renforçant l'aventure humaine.
Le prix du PBS est de 700€ TTC, avec une option de rafraîchissement à moitié prix pour ceux qui refont le programme. Il existe également des sessions pour adolescents. Yoram insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une méthode de guérison, mais d'un enseignement basé sur le terrain et l'expérience. Il déconseille formellement de modifier les traitements médicaux sans avis professionnel.
En fin de conversation, Yoram recommande des lectures : la BD "Habibi" pour son aspect visuel et narratif, la saga "Cap et Cro" pour son inventivité, et les écrits stoïciens comme les "Lettres à Lucilius" de Sénèque pour leur profondeur philosophique. Il souligne que le stoïcisme, axé sur la compréhension et l'acceptation, rejoint les principes du PBS.
Il conclut en affirmant que le PBS est une aventure pour se libérer de la peur, notamment celle de grossir, en comprenant la logique mécanique du corps. Cette compréhension permet de faire des choix éclairés, sans culpabilité, et de retrouver une forme de joie et de légèreté dans son rapport à l'alimentation et à la vie. Il précise que le PBS n'est pas une méthode, mais une "enquête" qui permet de comprendre, et que la compréhension, une fois acquise, ne peut être "décomprise".