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Bienvenue dans ce premier jour du quatrième trimestre (T4), une période particulièrement intéressante un an après le précédent record historique du Bitcoin, qui sera atteint dans cinq jours. Le troisième trimestre (T3) a été exceptionnellement bon, avec une hausse de 7 % en juillet, 25 % en août et une nouvelle progression en septembre, une performance qui n'avait pas été vue depuis 2017. Cette performance soulève la question de savoir si le cycle traditionnel a été perturbé, si des facteurs macroéconomiques sous-jacents expliquent cette hausse, ou si l'enthousiasme pour l'intelligence artificielle et ses technologies associées a joué un rôle disproportionné.
Ben estime que rien n'a "cassé" le cycle. Le Bitcoin a connu une hausse de 50 % au T3, légèrement supérieure à sa moyenne habituelle de 40 %. Si le creux de juillet est effectivement le point bas, le fardeau de la preuve repose désormais sur les baissiers, tant que le prix reste au-dessus de 83 000 $. Historiquement, le Bitcoin a tendance à baisser durant l'année médiane du cycle, y compris sous la moyenne mobile des 200 jours, ce qui s'est produit dans les cycles précédents. Il souligne que les cycles de quatre ans ne sont pas une science exacte et que le S&P 500 a parfois atteint son creux plus tôt dans l'année. Il est prématuré de tirer des conclusions définitives avant la fin du T4, car des événements imprévus pourraient toujours effrayer le marché. Ben admet que le prix actuel du Bitcoin a dépassé ses attentes, le rendant plus prudent dans ses prédictions. Il note que la durée des cycles précédents suggère une fin de cycle plus tardive en octobre. La corrélation entre la hausse des rendements obligataires à long terme et la stagnation ou légère hausse du Bitcoin, suivie d'une baisse lorsque les rendements diminuent, s'est récemment inversée avec la prise de la résistance des 83 000 $ par le Bitcoin. Malgré une hausse du dollar, des prix de l'énergie et des rendements obligataires élevés, le Bitcoin se négocie à 83 000 $, démontrant que les marchés ne suivent pas toujours les attentes.
Guy ajoute une question sur la pertinence des cycles de quatre ans et l'impact des ETF. Il souligne que les ETF ont fondamentalement modifié la manière dont le capital circule dans la crypto. Auparavant, le capital entrait dans le Bitcoin, puis se dispersait dans les altcoins à mesure que les investisseurs recherchaient des rendements plus élevés. Les ETF ont créé un "wrapper" réglementé qui empêche cette fuite de capital vers d'autres crypto-actifs. Le capital entre toujours dans le Bitcoin, mais il est moins susceptible de se déplacer vers les altcoins, préférant plutôt être réinvesti dans des actions ou des matières premières. Cette dynamique a brisé l'ancien modèle des marchés haussiers crypto. Il rappelle également la proximité de l'anniversaire des événements catastrophiques d'octobre, où des milliards de dollars ont été évaporés, rappelant la volatilité du marché et la rapidité des changements de sentiment.
En réponse à la question sur ce que le marché crypto semble voir que les autres ignorent, malgré les conditions macroéconomiques défavorables (hausse des taux d'intérêt, rendements obligataires élevés, inflation), Guy suggère que la hausse du Bitcoin et des cryptos est un signe que les investisseurs recherchent une alternative aux monnaies fiduciaires et au système financier actuel. La corrélation accrue entre le Bitcoin et l'or renforce cette idée. Les préoccupations concernant la dette souveraine, la valeur du dollar et la compétence des gouvernements poussent les gens à chercher des actifs en dehors du système. L'échec des interventions sur le marché obligataire a également montré aux investisseurs que les autorités ont des moyens limités d'agir face à la crise de la dette.
Ben, quant à lui, apporte une perspective plus axée sur les cycles économiques et les marchés financiers. Il observe que les matières premières ont tendance à baisser lorsque le dollar et les rendements montent, ce qui est le cas actuellement. Il anticipe que la force de l'or, généralement observée fin octobre ou début novembre, pourrait signaler un pic des rendements. Si les rendements atteignent un sommet fin octobre/début novembre, la raison de leur baisse sera déterminante pour les actifs à risque. Il note que les petites capitalisations (Russell) baissent déjà, car elles sont plus sensibles aux taux d'intérêt que les "Mag 7" (grandes valeurs technologiques). Historiquement, la faiblesse du Russell précède celle du S&P 500. La raison du pic des rendements est cruciale : si elle est due à la fin de la guerre au Moyen-Orient et à la baisse des prix du pétrole, cela serait haussier. Si c'est une crainte de récession due à la hausse des coûts d'emprunt, cela entraînerait une baisse du S&P 500 et du Russell. Les creux du Bitcoin et du S&P 500 cette année ont coïncidé avec la baisse des rendements à long terme. Il estime que les rendements atteindront probablement leur pic dans les quatre à six prochaines semaines, et que la raison de ce pic déterminera la direction des marchés.
Concernant les altcoins, Guy observe que certains ont connu une forte performance, alimentée par des annonces importantes comme les ETF sur Zcash, les entrées dans les ETF Solana, la nouvelle orientation de Near pour les agents IA, et la sélection de Quant pour un réseau de compensation de paiement bancaire. Il compare cela aux dynamiques de 2017 et 2021, où les annonces de partenariats entraînaient des hausses. Il se montre prudent quant à la durabilité de ces mouvements, suggérant que le capital pourrait simplement être en rotation plutôt qu'en afflux nouveau. Cependant, il note que le développement réglementaire, malgré l'échec du "Clarity Act", pourrait potentiellement stimuler un renouveau des ICO. Il insiste sur le fait que l'avenir appartient à une poignée de gagnants, avec une prime à la véritable utilité et aux fondamentaux solides.
Ben exprime un scepticisme quant à la force collective des altcoins. Il utilise un graphique du "Total 3" (toutes les crypto-monnaies hors stablecoins, moins USDC et USDT) divisé par le Bitcoin, montrant que le rallye des altcoins est relativement modeste. Il estime que les altcoins ne surpasseront durablement le Bitcoin qu'après une phase euphorique de ce dernier. La performance récente des altcoins est attribuée à une politique monétaire moins restrictive, où le taux des fonds fédéraux est inférieur au rendement des bons du Trésor à deux ans, contrairement aux cycles précédents. Si la Fed resserre à nouveau sa politique, les altcoins pourraient à nouveau sous-performer le Bitcoin. Il souligne que la domination du Bitcoin, même hors stablecoins, reste élevée (environ 65 %) et ne devrait pas baisser significativement avant une phase euphorique du Bitcoin, comme cela a été le cas lors du cycle précédent.
Dans une section de questions rapides, Ben identifie la "vie privée" comme la narrative la plus surfaite en crypto, car elle ne préoccupe pas la majorité de la population. Pour un graphique moins suivi, il mentionne l'évolution de la dominance du Bitcoin combinée à celle des stablecoins (USDT, USDC), arguant que cette métrique pourrait rester élevée plus longtemps que prévu, reflétant un environnement où une politique monétaire plus souple n'est pas encore justifiée. Il choisirait Jerome Powell comme intervenant à la conférence ITC pour obtenir des éclaircissements sur la politique monétaire.
Guy considère également la "vie privée" comme surfaite, non pas en raison de son importance intrinsèque, mais parce que le grand public n'y prête pas attention. Pour un intervenant à la conférence ITC, il opterait pour Stanley Druckenmiller, en raison de son influence et de sa compréhension des marchés et des décideurs politiques.
Concernant Tesla, Ben, qui possède des actions achetées à des prix inférieurs, prévoit de les conserver, estimant que l'entreprise survivra aux cycles économiques, notamment grâce aux IPO d'OpenAI et d'Anthropic. Il possède également des actions SpaceX. Guy, qui ne détient pas directement d'actions Tesla mais en possède via des ETF, trouve l'orientation future de l'entreprise vers la robotique particulièrement intéressante, mais s'interroge sur la stratégie fondamentale de l'entreprise au-delà de la fabrication de voitures, surtout compte tenu de l'absence de nouveaux modèles.
Sur la question du "meilleur prix d'entrée" pour le Bitcoin pour les personnes en attente, Ben recommande le dollar-cost averaging (DCA), en achetant davantage pendant les périodes de faiblesse du marché. Guy suggère que tenter d'attendre le "meilleur prix" pourrait faire manquer le marché, et qu'il est préférable de commencer à acheter si l'on souhaite détenir du Bitcoin.