
Alexandre ALMEIDA accompagne les blessures de l’âme par le chamanisme et la médiumnité
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Alexandre Almeda, éducateur social et praticien chaman, partage son parcours et ses expériences dans le domaine du chamanisme et de la médiumnité. Issu d'une lignée familiale camerounaise et juive avec des guérisseurs et des médiums, il a baigné dans la spiritualité dès son plus jeune âge. Son grand-père était guérisseur utilisant les plantes, et sa grand-mère soignait la cataracte avec une plante et un roseau. Bien que ses parents ne soient pas directement impliqués dans ces pratiques, sa mère, infirmière, a une sensibilité aux soins.
Alexandre se considère davantage comme un chaman qu'un simple médium, car un chaman utilise des canaux médiumniques pour aider. Il précise qu'il ne voit pas les entités, mais les perçoit et les ressent, parfois par flash. Travaillant dans un centre psychiatrique, il observe un décalage entre l'approche rationnelle de la médecine moderne et la dimension spirituelle, souvent ignorée ou mal comprise. Il pense que de nombreux patients en psychiatrie, notamment ceux diagnostiqués bipolaires, borderline ou schizophrènes, pourraient être des médiums dont la médiumnité est mal canalisée. Ces personnes hypersensibles perçoivent des dimensions qu'elles ne parviennent pas à gérer, ce qui peut les conduire à l'hôpital psychiatrique.
Il a déjà été tenté d'approfondir ces cas avec ses patients, notamment des jeunes en souffrance psychique et avec des idées suicidaires, qui entendent des voix. Cependant, il ne peut intervenir sans le consentement de la personne ou de son âme, car l'éthique spirituelle l'exige. Il rêve d'une collaboration entre la médecine moderne et les médecines chamaniques pour offrir une approche plus complémentaire aux patients. Il a déjà essayé d'en parler à ses collègues, mais il rencontre des réticences.
Alexandre souligne l'importance de l'ethnopsychiatrie, une approche qui s'intéresse au sens de la maladie en fonction de la culture du patient. Il donne l'exemple d'un enfant rwandais qui ne parle pas : alors qu'un enfant français serait diagnostiqué avec un trouble autistique ou un retard de langage, l'enfant rwandais pourrait être perçu comme parlant aux ancêtres ou aux esprits, une forme de messager. Cette perspective culturelle enrichit la compréhension des troubles psychiques et évite des raccourcis diagnostiques et des traitements inappropriés, comme l'injection ou la camisole de force. En Suisse, où il a fait ses études, l'ethnopsychiatrie est peu connue, contrairement à la France.
Son chemin vers le chamanisme a été influencé par le Dr Hermine Meido, une psychologue de Genève pratiquant l'Umbanda, un culte afro-brésilien des orishas (divinités, forces de la nature originaires du Nigéria, du Togo, du Bénin). Intrigué, Alexandre a assisté à une cérémonie dans un temple à Genève (il en existe aussi à Paris). Il décrit l'Umbanda comme un culte extrêmement codifié et protégé, loin des pratiques de spiritisme désordonnées. Le temple forme des médiums capables d'incorporer des entités.
L'incorporation est un processus où une entité choisit un médium en fonction d'affinités vibratoires. Ces entités sont des "bonnes" entités, car le temple est un lieu sécurisé énergétiquement, protégé par une divinité et un Babalao (maître de cérémonie) qui discerne la nature des entités. Les entités donnent leur nom et leur signature (figures géométriques) pour s'assurer de leur identité. Au début, l'entité et le médium s'apprivoisent. L'entité, étant un être désincarné, doit réapprendre les règles de ce monde à travers le médium.
Il existe des entités "d'en haut" (les Caboclos, êtres de lumière) et des entités "d'en bas" (des êtres désincarnés qui ont fait des choses "pas très cool" de leur vivant, mais qui ont l'opportunité de se racheter en aidant un humain). Ces dernières, appelées "entités de loi", sont utiles pour nettoyer des choses profondes en nous, car les êtres de lumière n'ont pas la puissance pour descendre aussi bas.
Les entités guident d'abord le médium sur son chemin de vie. Progressivement, le médium peut devenir "médium assistant", prenant des notes des messages des entités pour les consultants. Alexandre a été observateur, médium assistant, et médium incorporant. Il a été incorporé par diverses entités, notamment un vieil homme d'Angola (une entité "d'en haut") et des entités "d'en bas" qui l'ont aidé à se libérer de la magie noire.
Les cérémonies d'incorporation se déroulent avec de la musique, des chants, de la danse et des tambours (attabacs). Des "pontos" (chants spécifiques) signalent l'arrivée ou le départ des entités. L'entité ne reste pas en permanence dans le médium ; elle incorpore et désincorpore. Alexandre a participé à ces expériences tous les samedis pendant sept ans, ce qui a considérablement changé son chemin de vie, sa sensibilité, son développement médiumnique et son équilibre. Il a dû arrêter en raison de ses enfants et de contraintes familiales, mais il sent que le divin l'a orienté vers d'autres choses.
Il met en garde contre les dangers de la médiumnité non encadrée, où tout peut venir. Son livre "Le cœur ne suffit pas" aborde la nécessité de se protéger énergétiquement, en particulier pour les professionnels de la santé, du social, et même les coiffeurs, qui peuvent absorber les énergies négatives de leurs clients. Il propose des rituels simples pour maintenir une hygiène de vie globale, incluant la protection de son logement.
Dans ses accompagnements chamaniques, Alexandre propose des soins axés sur le corps. Il utilise un tambour, des plantes et des pierres pour scanner le corps du patient allongé sur une table de massage. Il affirme que le corps parle et exprime les blocages et les émotions. Il a vu des "mains pleurer" chez une guérisseuse qui donnait beaucoup sans apprendre à recevoir, symbolisant une tristesse profonde. Il a aussi rencontré des "pieds fatigués" exprimant la nécessité de ne pas toujours suivre les injonctions mentales. Son chamanisme vise à nettoyer énergétiquement et à permettre à l'âme de s'exprimer à travers le corps. Il peut faire des soins à distance, mais préfère le contact direct. Il oriente les cas extrêmes de magie noire vers des spécialistes des "égouts" spirituels.
Alexandre remercie l'émission de lui donner l'opportunité de parler de ces sujets, même s'ils peuvent heurter certains. Il invite à l'ouverture d'esprit et à la bienveillance dans les commentaires. Il souligne que son livre intègre des références scientifiques pour éviter l'image de "perché". Il croit que ces pratiques, bien que considérées comme "zinzin" aujourd'hui, seront peut-être reconnues à leur juste valeur dans le futur. Il réaffirme que les entités "d'en bas" dans le cadre du temple sont des "entités de loi" qui ont choisi de servir le bien pour leur propre évolution spirituelle, et non des entités maléfiques qui, elles, existent et sont dangereuses. Il insiste sur le discernement nécessaire pour éviter d'incorporer des énergies négatives. Il rappelle que même le mal, selon lui, est une création du divin pour permettre à l'humanité d'évoluer et de se découvrir.