
Is Bitcoin Going According to Plan? Gold, Saylor, Satoshi
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Dan Held, un vétéran de l'écosystème Bitcoin, a partagé ses réflexions sur l'évolution de Bitcoin, sa culture, son code et son avenir. Il a commencé en se remémorant les débuts de Bitcoin en 2011-2012, où il était perçu comme un mécanisme rebelle et anti-gouvernemental, associé à des activités comme Silk Road et le partage de fichiers peer-to-peer. L'éthos initial était très libertaire, axé sur la liberté et l'autonomie.
Aujourd'hui, la culture de Bitcoin a considérablement changé. Elle est devenue beaucoup plus institutionnalisée, avec des ETF Bitcoin, l'implication de grandes banques d'investissement et des discussions de la part de présidents et de présidents de la Fed. Bien que cette institutionnalisation ait conduit à des inquiétudes quant à la "capture" de Bitcoin et à la dilution de son éthos originel, Dan Held ne voit pas cela comme une mauvaise chose. Il reconnaît que de nombreuses personnes voient Bitcoin comme un simple actif dans leur portefeuille, sans en comprendre pleinement les rouages, à l'instar d'autres actifs comme l'or ou le S&P 500. Cependant, il souligne que le code de base de Bitcoin n'a pas été compromis. Les institutions se sont adaptées à Bitcoin, et non l'inverse. En tant que "OG", il accepte ce changement culturel comme une étape naturelle de l'adoption massive.
La discussion s'est ensuite portée sur la manière de mesurer le succès de Bitcoin. Dan Held, fort de son expérience en tant que CMO, a insisté sur l'importance de définir des indicateurs clés de performance (KPI). Selon lui, le prix de Bitcoin est le KPI numéro un, car il représente la croyance agrégée dans son statut d'or numérique ou de monnaie saine. Le prix englobe l'adoption, la liquidité, la résilience et le récit. La gestion des clés privées (auto-garde) est un autre KPI crucial, bien que le pourcentage d'utilisateurs le pratiquant reste faible. La liquidité du marché est également importante. Quant aux changements du code de base de Bitcoin, c'est un KPI plus subjectif.
L'impact de Bitcoin sur les grandes idées macroscopiques, comme la démilitarisation de l'État-nation ou le contrôle du pouvoir des gouvernements centraux, a été abordé. Dan Held estime que la capacité de la communauté à transformer Bitcoin, d'une "monnaie internet magique" obscure et perçue comme "sale", en un actif dont parlent les présidents et que valident des institutions comme Goldman Sachs et JP Morgan, est un succès marketing colossal. Il note qu'environ 5 à 10% de la population américaine possède du Bitcoin, ce qui représente des dizaines de millions de personnes qui ont remis en question la nature de la monnaie. C'est, selon lui, un accomplissement majeur, même si l'adoption complète est un processus générationnel.
L'influence de Michael Saylor a été discutée. Dan Held le considère comme un atout net pour Bitcoin, un avocat clé qui a contribué à sa légitimité. Cependant, il a des réserves sur la manière dont Saylor a parfois rendu certains récits trop ésotériques, notamment sur l'énergie. Il a également exprimé des doutes sur les produits liés à MicroStrategy, soulignant que "si vous voulez acheter du Bitcoin, achetez du Bitcoin". La concentration de l'offre de Bitcoin par des entités comme MicroStrategy (environ 4% de l'offre totale) soulève des inquiétudes quant à la centralisation, bien que Dan Held estime que le code de Bitcoin, basé sur la preuve de travail, est résilient face à de telles concentrations, car toute tentative de manipulation détruirait la valeur des investissements des mineurs.
La perception de Bitcoin comme "codé par les États-Unis" ou "codé par Michael Saylor" a été soulevée. Dan Held s'est dit surpris que des pays comme la Chine et la Russie n'aient pas acquis plus de Bitcoin, compte tenu de son potentiel comme réserve de valeur neutre. Il pense que l'association de Bitcoin avec les États-Unis est acceptable, car les États-Unis détiennent les plus grandes réserves d'or. Cependant, il est plus préoccupé par l'association avec un parti politique spécifique (les Républicains et Donald Trump), en raison des schémas de "pump and dump" associés à Trump, qui pourraient nuire à la réputation de Bitcoin.
Concernant la scalabilité, Dan Held a admis que la communauté Bitcoin a "échoué" à tenir sa promesse de développer des couches 2 (L2) robustes et sécurisées, faites pendant les "Block Size Wars". Il regrette que des fonctions de script de base comme "OP_CAT" n'aient pas été implémentées dans la couche de base de Bitcoin, ce qui aurait permis des L2 "sans confiance" et aurait capturé une grande partie de la demande de DeFi. Il estime que l'essor de plateformes comme Ethereum et Solana représente cette opportunité manquée pour Bitcoin. Il pense que cela aurait amplifié le récit de Bitcoin en tant qu'or numérique plus "utile" ou "productif".
La question de la vie privée a également été abordée. Dan Held a expliqué que le terme "cash" dans le livre blanc de Satoshi Nakamoto, adressé aux cypherpunks, ne signifiait pas "transactions quotidiennes" mais plutôt "irréversibilité" et "privé entre les deux parties". Bien que Bitcoin soit pseudonyme, la dés-anonymisation est possible. Satoshi lui-même avait exprimé le désir d'améliorer la vie privée. Cependant, il existe un compromis entre la vie privée parfaite et l'auditabilité sur la couche 1. La principale proposition de valeur de Bitcoin est son plafond de 21 millions de pièces, une politique monétaire crédible. La vie privée est plutôt une fonctionnalité de la couche applicative.
Dan Held a mentionné quelques "erreurs" de Satoshi, notamment le choix de 21 millions d'unités (plutôt que 21 milliards ou 21 trillions), ce qui a créé un biais de prix perçu comme trop élevé, et un calendrier d'émission trop agressif.
En ce qui concerne les "Bitcoin Improvement Proposals" (BIPs), la BIP 360, axée sur la cryptographie post-quantique, est la question la plus pressante. Il est nécessaire de mettre à niveau les signatures Bitcoin pour les rendre sécurisées contre les attaques quantiques, bien que cela puisse augmenter la taille des transactions et donc les frais. Il estime qu'une solution devrait être trouvée dans les prochaines années, avec un consensus d'ici deux ans et des actions dans la troisième année. Il pense que la menace quantique est plus imminente que certains ne le croient, notamment avec les avancées de l'IA. Une autre proposition, la BIP 110, qui vise à censurer certaines données sur Bitcoin, est considérée comme "ridicule" et peu susceptible d'être adoptée.
Enfin, Dan Held a discuté de l'avenir à moyen terme de Bitcoin. Il souhaite une pénétration accrue du marché mondial, que ce soit par l'auto-garde ou les ETF, car chaque achat renforce l'illusion partagée de Bitcoin en tant que nouveau système financier. Il croit que Bitcoin dépassera l'or en termes de capitalisation boursière, probablement d'ici 10 à 15 ans. Ce basculement sera alimenté par un changement générationnel, les millennials et la Gen X adoptant Bitcoin tandis que les boomers, principaux détenteurs d'or, disparaissent. De plus, il anticipe que les progrès de SpaceX dans l'exploitation minière d'astéroïdes pourraient rendre l'approvisionnement en or terrestre "largement irrelevant", ce qui serait un "arrêt de mort" pour l'or. La possibilité de ramener d'énormes quantités d'or des astéroïdes sur Terre, rendue économiquement viable par les avancées de Starship, pourrait provoquer une crise de confiance pour l'or dans les décennies à venir.