
From blue collar to billionaire: How David Rubenstein built his $500B investment firm
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David Rubenstein, co-fondateur de Carlyle, une entreprise gérant 500 milliards de dollars, partage son parcours. À 37 ans, il a fondé Carlyle en 1987 avec 5 millions de dollars, convaincu que c'était le bon moment pour se lancer. Il se décrit comme issu d'une famille ouvrière de Baltimore, ses parents n'ayant jamais obtenu leur diplôme d'études secondaires. Cette origine modeste l'a toujours ancré, même après un succès phénoménal. Il estime que 99,9 % des entreprises échouent dans les cinq ans, et qu'un entrepreneur doit toujours s'attendre à ce que quelque chose de grave se produise.
Sa carrière a débuté de manière inattendue à 27 ans, lorsqu'il est devenu conseiller adjoint à la politique intérieure à la Maison Blanche sous le président Carter. Il admet ne pas avoir été qualifié, mais avoir obtenu ce poste grâce à son travail de campagne. Son rôle consistait à compiler les promesses de campagne de Carter, une tâche ardue sans Internet à l'époque. Il a ainsi assisté à de nombreuses réunions, pouvant signaler les violations de promesses. Après la défaite de Carter, il s'est retrouvé sans emploi, les offres d'embauche s'étant évaporées une fois le pouvoir perdu. Il a eu du mal à trouver un cabinet d'avocats, personne ne voulant d'un ancien aide de Carter.
Après une brève période dans le droit, qu'il n'aimait pas, il a décidé de fonder sa propre entreprise d'investissement. Il a étudié les parcours de 50 personnes "ultra-réussies", créant une base de données sur leurs débuts, leurs apprentissages et leurs percées. Cette analyse l'a aidé à comprendre qu'il devait lancer sa première entreprise avant 37 ans, un âge charnière pour les entrepreneurs.
Pour Carlyle, il a levé les premiers 5 millions de dollars auprès de quatre investisseurs en 1987. Au début, l'entreprise fonctionnait "affaire par affaire", levant des fonds pour chaque transaction spécifique avant de pouvoir constituer un fonds plus important. Ses premiers associés étaient des professionnels expérimentés, certains avec des MBA, tandis que Rubenstein se concentrait sur la levée de fonds et le recrutement. Il a eu l'idée novatrice de créer plusieurs fonds (rachat, croissance, immobilier, dette) et de les mondialiser, ce qui a nécessité de parcourir le monde pour recruter et lever des capitaux.
Les débuts ont été difficiles, sans crédibilité ni argent. Il se souvient d'avoir pris un petit espace de bureau dans un immeuble prestigieux, refusant une option pour doubler la surface de peur de vouloir grandir trop vite. Washington D.C. n'était pas un centre financier comme New York, ce qui les a poussés à se positionner comme experts des entreprises influencées par le gouvernement fédéral. Ils ont surmonté une période critique où ils ont failli manquer de liquidités après avoir perdu une acquisition majeure.
Rubenstein a eu la sagesse de s'entourer de personnalités influentes, comme Frank Carlucci, ancien secrétaire à la Défense, et Jim Baker, ancien secrétaire d'État. Ces "gros bonnets" ont ouvert des portes, en particulier pour la levée de fonds à l'étranger. Plus tard, George H.W. Bush et John Major sont également devenus des conseillers.
Il avoue ne jamais se sentir financièrement stable, une anxiété constante liée à l'entrepreneuriat. Il se préoccupe quotidiennement des problèmes potentiels, même en tant que propriétaire des Baltimore Orioles, craignant les échecs et les critiques. Il évite les réseaux sociaux pour ne pas être affecté par les commentaires négatifs.
Concernant sa vie personnelle, il a voyagé plus de 200 jours par an lorsque ses enfants étaient jeunes. Il attribue le succès de ses trois enfants, tous titulaires d'un MBA et travaillant dans le capital-investissement, à l'aide de son épouse. Il n'a pas voulu qu'ils travaillent dans son propre bureau d'investissement familial, préférant qu'ils développent leurs propres entreprises. Il est un signataire du "Giving Pledge" et prévoit de donner la majeure partie de sa fortune.
Il admire les personnes équilibrées et cite Jim Baker comme un exemple de carrière professionnelle extraordinaire. Il se considère comme "terre à terre", restant fidèle à ses origines modestes. Il va toujours chez le même barbier pour 15 dollars et porte des costumes qu'il a depuis dix ans, soulignant l'importance de la simplicité malgré la richesse.
Rubenstein a observé le pouvoir changer certaines personnes, mais il estime qu'il est impossible de prédire qui réussira. Il cite les exemples de Bill Gates ou Steve Jobs, qui ont défié les attentes. Il croit que la chance joue un rôle crucial, comme dans le cas d'IBM qui a permis à Microsoft de posséder son système d'exploitation.
Il est également un collectionneur passionné de documents historiques américains, tels que la Magna Carta, la Proclamation d'Émancipation et la Déclaration d'Indépendance. Il a commencé cette collection pour rendre l'histoire américaine plus accessible au public, exposant ces documents et finançant la restauration de monuments. Il s'inquiète de l'augmentation des prix de ces documents due à l'intérêt des collectionneurs d'art.
Il lit énormément, en partie pour ses émissions télévisées où il interviewe des auteurs, mais aussi pour stimuler son cerveau et lutter contre la maladie d'Alzheimer. Il lit des biographies et des livres d'histoire, citant "American Scoundrel" sur Roy Cohn et le livre de Beverly Gage sur J. Edgar Hoover. Il a également une série d'entretiens avec des historiens pour les membres du Congrès, dont il a compilé les meilleurs dans un livre. Il se souvient d'un entretien avec le juge en chef John Roberts, qui rêvait d'être professeur d'histoire américaine.
Il admire l'humilité de Lincoln, qui a sauvé l'Union sans se vanter, et George Washington pour avoir établi les bases de la présidence. Il s'intéresse aux erreurs passées, comme celles qui ont conduit à l'assassinat de JFK, soulignant que le service secret aurait dû ignorer les requêtes politiques de Kennedy et maintenir le toit de la limousine.
Rubenstein conclut en partageant son inquiétude face à la dette fédérale et à l'avenir de ses enfants, une préoccupation universelle des parents. Il est reconnaissant pour la chance qu'il a eue et s'efforce de redonner à la société par la philanthropie et l'engagement civique.