
What's Happening In The Music Industry Is INSANE! Here's What Artists Can Do
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Gerard Longo, fondateur d'Underground Music Collective (UMC), une plateforme éducative et multimédia pour les artistes indépendants, partage son parcours et sa philosophie. UMC, basé à Nashville mais rayonnant sur d'autres marchés, vise à fournir aux artistes les ressources, les opportunités et les connexions nécessaires. L'entreprise est née d'un besoin personnel de Gerard de trouver un exutoire créatif, après avoir quitté le football et travaillé dans le monde de l'entreprise.
Il a commencé par un podcast, The Quinn Spin, il y a 13 ans, depuis sa chambre d'enfance. Ce podcast lui a permis de retrouver le sentiment d'avoir un impact sur les gens, similaire à son ancienne émission de radio universitaire. Ce projet est devenu l'écosystème UMC. Après avoir déménagé du New Jersey à Bethlehem, en Pennsylvanie, il a lancé Lehigh Valley Underground, un blog et un podcast soutenant la scène musicale locale. Ce projet a rapidement gagné en reconnaissance, obtenant des récompenses locales et collaborant avec des organisations comme ArtsQuest.
Fin 2018, Gerard a rebaptisé l'entreprise Underground Music Collective et a déménagé à Nashville, une ville connue pour son industrie musicale. Après quelques années dans un emploi de bureau qu'il détestait, il a fait le grand saut en 2021 pour se consacrer à UMC à plein temps. Ce changement de carrière a été une révélation personnelle, le poussant à parler lors de conférences, à publier un livre et à établir des liens importants dans diverses villes.
La mission principale d'UMC est de redonner le pouvoir aux créateurs, en s'associant avec des personnes qui partagent cette vision. Gerard insiste sur le fait que l'industrie musicale a historiquement désavantagé les artistes, et UMC cherche à changer cela en promouvant un modèle plus entrepreneurial et autonome. Il encourage les artistes à structurer leurs propres entreprises et vies pour maintenir le contrôle de leur travail, en se connectant avec des personnes et des opportunités partageant les mêmes idées.
La conversation aborde ensuite la réalité d'être un artiste aujourd'hui, le qualifiant d'entrepreneur. Gerard souligne que les écoles d'art ne préparent pas suffisamment les musiciens aux aspects commerciaux de leur carrière. Il critique le système éducatif en général, suggérant que de nombreux diplômes, comme le sien en anglais, ne sont pas essentiels pour la réussite professionnelle et endettent inutilement les étudiants.
Son propre parcours est un exemple. Après l'université, il a eu du mal à trouver sa voie, exacerbé par la récession de 2010. Un poste chez IBM lui a appris beaucoup sur le marketing, mais il ressentait toujours le besoin d'un projet personnel. L'arrêt du football, qui avait été une grande partie de son identité, a conduit à une crise personnelle et à des crises de panique lors d'un voyage. C'est en cherchant un exutoire créatif qu'il a redécouvert son ancien podcast, ce qui a ravivé sa passion et l'a mené à relancer The Quinn Spin et, plus tard, UMC.
Après le décès inattendu de sa mère en 2015, Gerard a de nouveau cherché un exutoire, ce qui l'a conduit à créer Lehigh Valley Underground en 2016. Un article critiquant l'attitude de certains musiciens locaux lors d'une cérémonie de remise de prix, mais encourageant la réflexion sur le succès, a attiré l'attention et a ouvert des portes. Il a réalisé que le soutien de la communauté et la reconnaissance de son travail étaient essentiels.
Le déménagement à Nashville en 2018, après une période financièrement difficile et des changements personnels, a été motivé par le désir de poursuivre sa mission à grande échelle. Il a dû surmonter la peur du jugement et le sentiment d'abandonner sa communauté locale. Il a appris l'importance de construire son projet discrètement, sans annoncer ses intentions à tous, afin d'éviter les doutes et les attentes irréalistes.
Gerard met en garde contre l'idée de perfectionnisme et l'illusion que certains "gourous" ont toutes les réponses. Il insiste sur le fait que construire quelque chose à partir de rien implique beaucoup d'essais et d'erreurs, plus de désastres que de triomphes, surtout au début. Il encourage la vulnérabilité et la transparence, surtout pour les hommes, dans un monde où l'on attend d'eux qu'ils soient infaillibles. L'authenticité permet de se connecter avec un public qui résonne avec son histoire et ses valeurs.
La discussion s'oriente ensuite vers l'impact de l'IA sur la musique. Gerard reconnaît le potentiel de l'IA comme un outil pour les créateurs, à condition qu'elle leur donne le pouvoir et qu'ils conservent les droits sur leur travail. Il cite l'exemple de First World, qui permet aux artistes de répliquer leur voix et de maintenir leurs droits. L'objectif est de s'assurer que l'IA soit un atout pour les artistes, et non un moyen de les exploiter davantage.
Il critique également le "gatekeeping" dans l'industrie musicale, où les opportunités sont refusées pour des raisons autres que le mérite. Pour lui, le talent et la capacité à attirer un public devraient être les seuls critères. La question des relations est abordée : il est préférable de travailler avec des gens professionnels et agréables, mais il est inacceptable de refuser des opportunités à des personnes talentueuses simplement par préférence personnelle ou pour maintenir le contrôle.
Concernant la promotion des événements, Gerard estime que c'est la responsabilité de tous : artistes, salles et promoteurs, car chacun a un intérêt dans le succès de l'événement. Il s'oppose fermement au modèle du "payer pour jouer" (pay-to-play), où les artistes doivent acheter des billets pour les revendre ou payer des frais de production exorbitants sans garantie de retour. Il préfère un modèle où les artistes reçoivent un salaire de base, complété par des pourboires, comme c'est le cas dans son propre travail de karaoké. Il déplore le manque de discussion sur ces problèmes systémiques par rapport au débat sur l'IA, car les gens craignent d'affronter l'establishment.
Gerard souligne que l'industrie a toujours été défavorable aux créateurs, avec des contrats inéquitables. Il encourage les artistes à développer une mentalité d'entrepreneur, à apprendre les bases de la gestion d'entreprise (taxes, comptabilité, etc.) pour ne pas être exploités. Des organisations comme l'ANR Foundation proposent des programmes gratuits pour former les artistes à ces compétences. Il cite l'exemple de Taylor Swift et Bon Jovi, qui ont repris le contrôle de leur musique, prouvant qu'il est possible de réussir sans dépendre entièrement des grandes maisons de disques.
Pour réussir aujourd'hui, Gerard identifie cinq points clés :
1. **Le branding :** Connaître son histoire, la communiquer, comprendre ses valeurs et qui s'y connecte. Il faut être authentique, car si l'on essaie d'être tout pour tout le monde, on n'est rien pour personne.
2. **La gestion d'entreprise :** Comprendre les fondamentaux de l'exploitation d'une entreprise. Des programmes existent pour combler les lacunes éducatives de l'industrie traditionnelle.
3. **Les relations :** Établir des liens avec des personnes partageant les mêmes valeurs et travaillant pour les bonnes raisons, en cherchant la complémentarité et l'aide mutuelle.
4. **L'habileté :** Être bon dans son domaine. Le succès viral sans talent réel finit par se heurter à la réalité.
5. **Être une bonne personne et un bon citoyen de l'écosystème :** Pratiquer ce que l'on prêche. Les façades finissent par tomber, et l'authenticité est essentielle pour des connexions durables.
En termes de compétences entrepreneuriales, il conseille d'identifier ses forces et de s'y appuyer, tout en ayant une connaissance suffisante de tous les aspects pour éviter d'être exploité. Il faut savoir déléguer les tâches pour lesquelles on n'est pas doué, mais en comprenant suffisamment pour poser les bonnes questions et s'assurer que le travail est bien fait. Il insiste sur le fait que la qualité de la production est cruciale, et qu'il faut investir dans des professionnels compétents.
La conversation aborde également l'importance de commencer, même si ce n'est pas parfait. Le cheminement est un apprentissage constant. Gerard insiste sur le fait que les leaders doivent montrer l'exemple. Il encourage les artistes à adopter une "mentalité de service", en se demandant quelle valeur ils peuvent apporter aux autres plutôt que de se concentrer uniquement sur leurs propres besoins. La mentalité "moi, moi" est souvent le résultat d'une vision idéalisée du succès des artistes, sans voir le travail en coulisses ni la réalité de l'industrie.
Il décrit le "choc de la réalité" que subissent de nombreux artistes arrivant à Nashville, où tout le monde est "le plus talentueux de sa ville natale" et où l'industrie existe avec ou sans eux. Cela peut créer une compétition destructrice plutôt qu'une collaboration. Il faut se concentrer sur la valeur que l'on peut offrir, ce qui rend la compétition moins pertinente.
Gerard partage des expériences de personnes qui tentent de profiter du succès des autres, soit en s'accrochant à eux, soit en essayant de les rabaisser. Il apprend à reconnaître ces intentions à travers les comportements et à établir des limites claires.
Concernant les demandes de services gratuits, Gerard est catégorique : il faut connaître la valeur de son travail et refuser si l'échange n'est pas mutuellement bénéfique. Il paye toujours ses collaborateurs car il reconnaît leur valeur. Un essai gratuit n'est acceptable que si la valeur échangée est égale, ou si la relation transcende le gain monétaire, comme parler à une conférence prestigieuse.
Il souligne l'importance de la clarté, de la cohérence et de la communication dans toutes les relations, professionnelles ou personnelles. Fixer des limites est essentiel pour protéger son énergie et ses valeurs. Ceux qui blâment les autres d'avoir des limites ne sont pas des personnes à garder dans sa vie. Les expériences difficiles sont des leçons qui permettent de mieux naviguer dans la vie et les affaires.
Gerard conclut en encourageant les artistes à être authentiques, à écouter leur boussole interne et à ne pas avoir peur du jugement. Les moments les plus fructueux de sa vie ont été ceux où il a suivi son intuition et s'est concentré sur ce qu'il croyait juste. Il invite les artistes à visiter UMCworldwide.com et ses réseaux sociaux (@GerardLongo2 sur Instagram) pour trouver des ressources et du soutien.