
How To Make Better Decisions (with way less uncertainty) - Joe Hudson
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La prise de décision est fondamentale pour mener la vie que l'on désire, car l'insatisfaction découle souvent de l'évitement des décisions difficiles. Pour les entreprises, les relations et les décisions sont les deux piliers essentiels de leur succès, l'idée étant que même le capital et la propriété intellectuelle proviennent de décisions prises par des individus. Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon, a même affirmé que sa prochaine entreprise serait la meilleure au monde en matière de prise de décision, soulignant ainsi son importance capitale.
Dans la vie personnelle, presque tout découle d'une décision : fumer, créer une entreprise, se marier, rester marié, gérer les conflits, etc. Il est crucial de distinguer les "choix" des "décisions". Les choix sont des actions rapides, souvent inconscientes, prises sans réelle réflexion (ex: prendre à gauche plutôt qu'à droite pour aller à l'épicerie). Les décisions, en revanche, impliquent une réflexion approfondie et un investissement de temps. La vie entière peut être vue comme une succession de décisions. Maîtriser la prise de bonnes décisions est donc essentiel pour mener une vie épanouie.
La capacité à prendre des décisions n'est pas seulement un trait de personnalité ; elle s'apprend et se cultive. Il s'agit d'une forme de reconnaissance des mécanismes sous-jacents à la prise de décision. Comprendre pourquoi certaines décisions sont difficiles et d'autres non permet de transformer progressivement les décisions en choix, améliorant ainsi la qualité des résultats. Ce processus peut être comparé aux systèmes de pensée rapide et lent de Daniel Kahneman, où le système deux, plus délibéré, finit par façonner les habitudes du système un, rendant les décisions réfléchies par défaut.
Les personnes qui luttent le plus avec la prise de décision sont souvent celles qui sont perfectionnistes, celles qui ont été critiquées durant leur enfance, ou celles dont la valeur a été conditionnée à la réussite. La peur des conséquences les paralyse, les conduisant à une analyse excessive et à une indécision chronique.
La prise de décision est avant tout un problème émotionnel, et non informationnel. Le centre émotionnel du cerveau est le siège de la prise de décision. Des dommages à cette zone entraînent une incapacité à décider, même pour des tâches simples. La logique intervient pour évaluer comment une décision va nous faire sentir, mais la décision finale est motivée par le ressenti. Les décisions sont souvent prises pour se sentir aimé, utile, ou pour éviter de ressentir l'échec, le rejet ou le statut de perdant. L'idée d'une décision purement logique est une illusion.
La peur entrave la prise de décision en créant une vision binaire (oui/non) et en générant une "fausse fin" qui empêche de voir les conséquences à long terme. Elle limite l'éventail des solutions disponibles car on évite les risques liés à la peur du rejet, de l'échec ou de la critique. Par exemple, la peur du rejet peut empêcher de draguer, ou la peur d'être mal vu par son patron peut empêcher de lui exprimer un désaccord.
Pour surmonter la peur, il faut apprendre à accepter et même à accueillir les émotions négatives associées à une décision. Le recadrage de l'échec en apprentissage est crucial. Un exemple est celui de James, un vendeur de gaz, qui, face à la nécessité de réaliser deux ventes supplémentaires pour sauver son emploi, a été encouragé à voir chaque refus comme un pas de plus vers son objectif. De même, un barbier devenu peintre a été encouragé à chercher les refus pour vendre son art, transformant ainsi l'échec potentiel en un gain.
La clé réside dans la capacité à accepter les conséquences émotionnelles. Si l'on n'a pas peur de se sentir rejeté, d'échouer ou d'être ridicule, la prise de décision devient plus claire et alignée sur les principes personnels. L'analogie du coureur de haies qui, malgré les chutes, sait que l'entraînement finira par payer, illustre cette idée.
Les émotions sous-jacentes qui paralysent la prise de décision sont souvent la colère, la peur et le chagrin. Ces émotions sont liées à une "rupture d'identité" : la peur de perdre l'identité que l'on s'est construite (ex: être un bon étudiant, un homme d'affaires prospère). La solution réside dans l'établissement de principes clairs qui guident les décisions. Ces principes, comme ceux de Berkshire Hathaway, agissent comme des filtres, garantissant que les décisions prises mènent au succès à long terme et résolvent la majorité des problèmes.
Un exemple de principe est de s'attaquer d'abord à ce que l'on connaît le moins, pour éviter de devoir refaire le travail ultérieurement. Un autre principe personnel est de considérer chaque action comme une itération, un apprentissage continu plutôt qu'un succès ou un échec définitif. Cette approche itérative, similaire au "cerveau GPS" de Google Maps qui recalcule l'itinéraire en cas d'erreur, permet de progresser sans la pression du résultat immédiat.
Le principe de connexion est également fondamental, que ce soit dans les relations interpersonnelles ou dans le développement d'une entreprise. Il s'agit de construire des liens profonds et sincères. Face à une décision, se demander si elle favorise la connexion peut être un guide précieux.
La peur du changement, souvent liée à l'inconnu et à la peur de ne pas s'en sortir, est un obstacle majeur. Cependant, l'inaction, qui est aussi une décision, peut être plus dommageable. Le courage ne consiste pas à ne pas avoir peur, mais à agir malgré la peur. Les principes personnels, lorsqu'ils sont respectés, renforcent la confiance et réduisent la nécessité du courage pour chaque décision, car on sait que les principes fonctionneront sur le long terme.
La "capture d'audience", où un créateur adapte son contenu à ce qu'il pense que le public veut, peut mener à une perte d'authenticité et à un ressentiment envers le public. Il est plus dangereux d'être captif des critiques que des compliments, car cela peut mener à une rétraction ou à une agressivité défensive.
Les décisions importantes, comme changer de ville ou de relation, impliquent souvent une remise en question de l'identité. Il est essentiel de se demander qui l'on veut être fondamentalement, indépendamment des pressions extérieures ou des attentes. Les moments de transformation, même douloureux, sont des opportunités de croissance.
Pour éviter de prendre de mauvaises décisions, il faut identifier les signes avant-coureurs comme la peur excessive, le compromis avec ses principes, ou le ressentiment. Le ressentiment est un indicateur clair que l'on s'est abandonné. La prise de décision est intrinsèquement émotionnelle, et apprendre à ressentir et accepter les émotions négatives est la clé. Les schémas d'autodestruction, comme l'abus de soi par l'indécision, peuvent être démantelés en acceptant ces émotions.
L'affirmation de soi et le pouvoir d'action sont distincts. Le pouvoir d'action consiste à vivre la vie que l'on désire, tandis que l'affirmation de soi peut parfois être confondue avec l'agressivité. L'effet Michel-Ange, où l'on révèle le meilleur potentiel de soi-même ou des autres, illustre l'importance de voir la vraie nature de chacun.
Enfin, l'incertitude est une composante inévitable de la vie. Développer une confiance en son identité permet d'augmenter sa capacité à prendre des décisions et à naviguer dans l'incertitude. La phrase de George : "Je préfère avoir beaucoup de convictions et avoir tort que peu de convictions et avoir raison" résume cette idée. Il est préférable d'agir et d'apprendre, plutôt que de rester paralysé par la peur de l'erreur. Le regret futur, souvent redouté, est moins grave que la souffrance actuelle de l'indécision. L'auto-abus lié à l'indécision, le besoin de perfection, doit être reconnu et surmonté.