
CIA Whistleblower: “The Shadow Government Is Real” - John Kiriakou
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Dans cette interview, John Kiriakou, un ancien officier de la CIA, partage ses réflexions sur le fonctionnement interne de l'agence, la surveillance gouvernementale, et des opérations d'intelligence marquantes. Il commence par aborder la question de sa propre crédibilité, affirmant que son long parcours est basé sur la vérité, mais reconnaît que la confiance est un choix personnel.
Kiriakou évoque sa recherche d'une grâce présidentielle de Donald Trump, expliquant qu'elle est entravée par l'opposition institutionnelle de la CIA, qui craint qu'une grâce n'encourage d'autres lanceurs d'alerte. Il mentionne Philip Agee, un ancien officier de la CIA qui avait exposé les noms de nombreux agents sous couverture, comme un exemple de paria encore plus redouté qu'Edward Snowden.
La conversation se tourne ensuite vers la relation entre le président et la CIA. Kiriakou souligne l'existence d'un "Deep State" ou d'une bureaucratie fédérale persistante qui échappe au contrôle des présidents élus, ces derniers étant en poste pour des mandats limités tandis que les fonctionnaires peuvent y rester des décennies. Il compare cette dynamique à celle d'un hôtelier face à des clients de passage. Un autre problème majeur soulevé est le manque de supervision efficace du Congrès sur la CIA, malgré l'existence de comités de renseignement. La taille de l'agence rend un contrôle approfondi pratiquement impossible, obligeant à une dépendance à l'auto-déclaration. Kiriakou illustre cela avec une anecdote où son chef de poste lui a ordonné de ne pas signaler la perte d'une source au Congrès, une pratique qu'il décrit comme non inhabituelle. Il conclut que la CIA agit comme un "gouvernement fantôme".
L'analogie avec la gestion de boîtes de nuit est utilisée pour expliquer qui contrôle réellement les choses : ce sont les cadres intermédiaires, les "exécuteurs" qui sont au contact direct du terrain, et non les propriétaires ou les dirigeants politiques de passage. Ces bureaucrates ont un intérêt à maintenir le statu quo. La CIA préférerait un président sans expérience en politique étrangère, car cela lui permet de le "recruter" dès le début par le biais des briefings quotidiens (PDB).
Kiriakou détaille ensuite les niveaux de classification des informations : non classifié, sensible mais non classifié, confidentiel, secret, et top secret. Il explique l'existence de compartiments supplémentaires au-delà du top secret, comme TSSCI (Top Secret/SCI) et des désignations alphabétiques comme "Zarf" et "Gamma", qui limitent l'accès à des informations encore plus sensibles. Il donne l'exemple de DARPA, dont le travail est si classifié qu'il est souvent confondu avec des OVNI, et suggère que même le président n'est pas nécessairement au courant de tout.
Il aborde la question de l'abus de la classification pour dissimuler des informations embarrassantes, citant un expert qui estime que 75% des documents classifiés ne devraient pas l'être. Les fuites autorisées à des fins politiques sont monnaie courante, malgré leur illégalité technique.
L'influence croissante des entreprises privées, notamment dans le domaine technologique, est mise en lumière. Kiriakou mentionne Oracle, dont le nom provient d'un projet de la CIA, et Palantir, une entreprise de logiciels de sécurité dont la CIA a été le premier investisseur. Il exprime sa préoccupation quant à la possibilité que ces entreprises alimentent la NSA et la CIA en données.
La question de la justification philosophique de telles organisations est soulevée. Kiriakou soutient que l'interception des communications de dirigeants étrangers est nécessaire pour la sécurité nationale, mais il s'oppose fermement à l'espionnage des citoyens américains, une pratique interdite par la loi mais courante selon lui. Il dénonce l'utilisation de compagnies privées comme moyen de contourner les protections de surveillance, un phénomène exacerbé après le 11 septembre avec l'usage des National Security Letters (NSL) qui dispensent d'un mandat judiciaire.
Il compare la situation à un débat sur le port d'armes : on peut se défendre, mais on peut aussi être victime. Il plaide pour une robustesse de la loi et un contrôle accru, arguant que si les entreprises technologiques ne sont pas intégrées au gouvernement, elles iront au plus offrant, potentiellement des ennemis des États-Unis.
L'entretien aborde ensuite le climat géopolitique, avec la Chine identifiée comme la principale préoccupation. Kiriakou décrit la stratégie chinoise comme une approche d'achat et de cooptation plutôt que d'invasion. Il critique le budget de défense américain, jugé inefficace et gaspillé dans des bases à l'étranger et des systèmes d'armes inappropriés comme le F-35, tandis que la Chine investit dans des domaines économiques et technologiques.
Il exprime sa confiance dans le fait que la Chine vise à contenir les États-Unis, espérant leur effondrement interne face à leur dette nationale croissante. L'espionnage chinois est une préoccupation majeure, avec des tentatives d'infiltration dans des programmes universitaires et des institutions gouvernementales.
L'une des révélations les plus surprenantes concerne Israël, qualifié par Kiriakou de plus grande menace d'infiltration actuelle. Il cite des rapports du DIA et des opérations passées montrant une intensification des activités d'espionnage israélien contre les États-Unis. Il détaille le cycle d'acquisition d'un actif : repérer, évaluer, développer et recruter, en identifiant les vulnérabilités personnelles.
La discussion sur les "taupes" s'oriente vers l'histoire de Kim Philby, un agent soviétique infiltré au plus haut niveau du MI6 britannique, et son amitié avec James Jesus Angleton, chef du contre-espionnage de la CIA. Cette affaire a profondément marqué Angleton, déclenchant une chasse aux sorcières au sein de la CIA.
L'interview aborde ensuite des opérations d'intelligence marquantes. L'opération "Pager" visant des membres du Hezbollah est décrite comme un acte de génie logistique, impliquant une décennie de planification et le contrôle de la chaîne d'approvisionnement sur plusieurs pays. La chasse à Mir Amal Kanzi, auteur d'une attaque contre la CIA, est citée comme une opération complexe combinant interceptions et renseignement humain, malgré des difficultés à obtenir la coopération des autorités locales.
Kiriakou explique la différence entre "rendition" (extradition vers le pays d'origine, sans se préoccuper du traitement) et "extraordinary rendition" (transfert vers un pays tiers pour y être torturé). Il confirme que ces opérations, souvent financées par des pots-de-vin, contournent les lois internationales et nationales.
L'attentat du 11 septembre est présenté comme une conséquence du complot "Bojinka", déjoué grâce à une gouvernante diligente. La découverte de l'identité de Khaled Sheikh Mohammed, le cerveau des attentats, après la capture d'Abou Zubaydah, est relatée.
D'autres opérations remarquables incluent l'enlèvement d'Adolf Eichmann par Israël en Argentine et l'opération visant Carlos le Chacal, capturé grâce à une surveillance patiente et une ruse impliquant son dentiste. Kiriakou évoque également une tentative de manipulation hormonale d'Hitler via des légumes féminisants, qualifiant ces histoires d'exemples d'inventivité.
Il considère le "Patriot Act" comme la plus efficace campagne d'ingénierie comportementale de masse, ayant conduit les Américains à renoncer volontairement à leurs libertés civiles. La persuasion de masse est ensuite expliquée comme une fonction de l'ère de la Guerre Froide, citant l'opération de la CIA pour influencer les élections italiennes de 1949 par le biais de journalistes. La diffusion de musique jazz et d'émissions d'appel dans des stations de radio pirates au Yémen est présentée comme une tentative moins réussie de propagande. L'exemple de Nestlé au Japon, qui a utilisé des produits sucrés au goût de café pour enfants afin de créer une préférence future, est cité comme une stratégie de marketing à long terme.
Kiriakou souligne que le travail à la CIA rend nécessairement paranoïaque, un état qui persiste même après avoir quitté l'agence. Il mentionne des techniques de base comme l'importance de ne pas boire pendant les réunions pour éviter les interruptions.
Concernant la détection du mensonge, il explique que cela repose sur de petits détails : fréquence de clignement des yeux, mouvements oculaires. Il raconte l'exemple de la famille Bulger, où un frère a nié tout contact avec son frère criminel en ne clignant pas des yeux.
Il décrit l'afflux quotidien de "walk-ins" (personnes se présentant spontanément avec des informations) comme une formation précieuse. Cependant, 95% de ces personnes sont considérées comme "folles", 1% sont des "courtiers en intelligence" cherchant un gain financier, 2% sont des "sondes" envoyées pour évaluer la sécurité des ambassades, et seulement 1% représentent un renseignement réel. Il raconte l'anecdote d'un walk-in affirmant que la Reine Elizabeth, Jacques Cousteau et Frank Sinatra formaient un triumvirat terroriste.
Sur la question de l'obtention de la vérité, Kiriakou insiste sur l'importance du respect, de la gentillesse et de la patience, contrastant cette approche avec les programmes de torture de la CIA. Il loue l'efficacité de l'FBI en matière d'interrogatoire, basé sur la construction d'une relation de confiance. Il partage son expérience d'interrogatoire d'un individu en provenance de Tora Bora, où l'honnêteté de ce dernier a été confirmée par des vérifications externes.
La discussion sur la torture est tranchante : elle est inefficace et prouvée comme telle. La personne torturée dira n'importe quoi pour que cela cesse. Il cite l'exemple de John McCain donnant les noms des joueurs de la ligne offensive des Green Bay Packers. Il critique l'illégalité de la torture, malgré les justifications de l'administration Bush, et souligne que la loi n'a pas changé.
Il détaille les techniques de torture les plus choquantes et illégales utilisées par la CIA, comme le waterboarding, la "cellule froide" (exposition au froid extrême et aux douches d'eau glacée), et la privation de sommeil prolongée, qui peuvent entraîner la mort. Il révèle que des prisonniers sont morts pendant ces interrogatoires, et que des corps ont été dissimulés. Les méthodes non approuvées incluent l'enfermement dans un cercueil avec des cafards, ou la technique du "walling" (projeter quelqu'un contre un mur), qui a causé des traumatismes crâniens. Il mentionne que les aveux obtenus sous la torture ont été rejetés par les tribunaux militaires.
Kiriakou estime que Guantanamo est aujourd'hui largement inopérant, avec un petit nombre de détenus, dont beaucoup étaient innocents et détenus sur de fausses accusations.
Il aborde le cas d'Ouday Hussein, le décrivant comme un psychopathe notoire pour sa cruauté extrême. Il raconte des anecdotes sur ses actes de violence et de prédation sexuelle. Il mentionne également la tentative de défection des beaux-frères de Saddam Hussein, Hussein et Saddam Kamel Majid, et leur assassinat par Ouday.
La conversation s'oriente vers la psychologie des dirigeants et des dynasties, comparant les dynasties héréditaires à des familles fortunées qui finissent par dilapider leur fortune. Il souligne que la cruauté ne garantit pas la compétence.
Il évoque la recherche sur les styles de leadership : dominance par la peur versus prestige par la compétence. Il note que les sociétés préfèrent les leaders autoritaires en temps de guerre, mais que cela pose problème en temps de paix.
Il aborde le sujet de la vaccination et des vaccins, mais le passage est coupé.
Il revient sur des opérations d'intelligence, notamment la capture d'E