
Accord US-Iran : le vrai risque pour vos investissements
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Le fondamental problème de l'économie actuelle est un excès de pétrole par rapport à la croissance et à sa structuration. Les investisseurs pourraient être tentés de croire que le sujet est réglé, mais les événements récents suggèrent le contraire. Le baril de Brent a perdu 80 % de ses gains, mais la persistance de taux d'intérêt élevés représente un risque pour les consommateurs et les entreprises. La question est de savoir si l'on doit s'inquiéter pour son épargne et ses investissements.
L'accord irano-américain est au centre des préoccupations. Bien qu'il y ait eu une réaction initiale des marchés avec une chute du Brent à 77 dollars, des "astérisques" subsistent dans le protocole, notamment sur la question nucléaire iranienne. Le retour de l'offre iranienne de brut n'est pas garanti et pourrait prendre du temps. Les prévisions pour le pétrole, l'inflation et les taux dans les 6 à 12 prochains mois sont incertaines, avec des implications pour les investissements en actions et autres actifs.
La flambée du pétrole a été déclenchée par un choc exogène, géopolitique, sur un marché déjà excédentaire en pétrole et une activité économique modérée, notamment en Asie. La transition énergétique et l'évolution des usages ont réduit la dépendance au pétrole par point de PIB. Le passage de 70 à 120 dollars le baril a eu un impact sur de nombreux prix. L'accord potentiel États-Unis-Iran a calmé les marchés, mais l'utilisation des réserves stratégiques par les grands pays pour stabiliser le marché a réduit les marges de manœuvre. Un regain de tensions pourrait faire remonter le prix du baril.
Le retour à des prix "normaux" autour de 70 dollars le baril prendra au minimum six mois, le temps de sécuriser les circuits d'approvisionnement et de réajuster les chaînes logistiques. Les tankers, représentant un coût de 500 millions d'euros, ne seront pas utilisés pour une reprise dont on n'a pas forcément besoin.
La volatilité des marchés est attendue, avec une vigilance particulière sur les taux d'intérêt. La Fed et la BCE sont surveillées de près. La nomination de Kevin Wörsh à la Fed, perçu comme potentiellement plus accommodant, a suscité des réactions, mais son discours reste vigilant sur l'inflation. Le marché anticipe une possible hausse des taux par la BCE à la rentrée, ce qui représente un risque pour l'été. L'inflation, bien que moins liée à l'énergie qu'auparavant, reste une préoccupation, notamment en raison de la résilience des consommateurs américains malgré une perte de pouvoir d'achat.
Le marché actions américain est dopé par les résultats du premier trimestre et des effets de levier, mais aussi par un comportement sectoriel marqué par les semi-conducteurs. L'Europe, moins pondérée en tech, offre un potentiel de surperformance relative. L'Asie, et notamment la tech chinoise, présente des valorisations attractives malgré les risques politiques.
L'accord irano-américain, en apaisant les tensions géopolitiques, devrait permettre une détente sur le pétrole et potentiellement des baisses de taux d'intérêt. Cependant, la dette publique en Europe, en Chine et aux États-Unis représente un risque structurel majeur. Le niveau des taux d'intérêt, même s'ils ne montent pas davantage, pourrait peser sur le crédit automobile et les consommateurs.
SpaceX, malgré un récit attractif, présente des risques liés à son modèle économique, notamment les investissements massifs dans l'intelligence artificielle (XAI). Le prix de l'action pourrait se replier vers des niveaux plus raisonnables, offrant des opportunités d'achat plus opportunes.
Les secteurs à privilégier incluent la défense européenne, les infrastructures électriques, l'énergie propre, la robotique, l'espace et le quantique. La santé pourrait également offrir des opportunités, bien que ce secteur ait déçu ces derniers temps. La Chine, malgré des statistiques de consommation décevantes, pourrait se redresser et offrir des opportunités dans des secteurs comme le luxe.
Pour les investisseurs, il est conseillé de conserver une partie de leur épargne en cash et d'investir progressivement. Les ETF offrent une diversification et des coûts réduits, mais il est important de vérifier leur composition.
L'inflation, bien que moins critique qu'auparavant, reste une préoccupation, notamment en raison de la perte de pouvoir d'achat des consommateurs américains. La dette publique et les déséquilibres économiques mondiaux demeurent des risques structurels majeurs. La volatilité des marchés est attendue, avec des phases de prudence et des opportunités d'investissement à saisir.