
Point sur le secteur énergie / Où en est-on après trois mois de conflit ?
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La vidéo aborde l'évolution prévue des prix du baril de pétrole et de l'énergie en 2026, en présentant les arguments des camps haussier et baissier. Le sujet est complexe en raison de nombreux paramètres.
Un fait établi est la déplétion des stocks mondiaux de produits pétroliers, à un rythme de 300 millions de barils par mois, due à un déficit de production de 11 à 14 millions de barils par jour. Il n'y a pas de destruction réelle de la demande. Fin juin, les stocks mondiaux seraient historiquement bas, et sans précédent en septembre. Actuellement, la consommation des stocks compense le déficit d'offre.
La Chine joue un rôle crucial. Avant le conflit, elle importait 11,5 millions de barils par jour, contre 6-6,5 millions aujourd'hui. Puisqu'il n'y a pas de destruction significative de la demande chinoise (l'activité économique restant stable), cela signifie que la Chine puise dans ses stocks à un rythme de 4 à 5 millions de barils par jour. Elle le fait pour exercer une pression à la baisse sur les prix du pétrole, ce qui est favorable à son économie.
Les partisans du camp baissier critiquent l'échelle des graphiques montrant la baisse des stocks, arguant qu'elle est biaisée en ne commençant pas à zéro. La question est de savoir à quel niveau de stock la situation deviendra critique, entraînant des pénuries généralisées et une pression haussière sur les prix. JP Morgan estime ce niveau critique à 6,8 milliards de barils, ce qui serait atteint en septembre, affectant les contrats futurs de juillet. Cependant, personne ne connaît le niveau exact de stock critique qui provoquerait une destruction de la demande par les prix.
Un autre point de débat est la vitesse de réouverture du détroit d'Ormuz en cas d'accord de paix. Cela prendrait plusieurs mois en raison du déminage, de la réorganisation des flux de tankers, de la remise en production des champs pétroliers et de la réparation des infrastructures endommagées. Il existe également un risque de pertes de production définitives dues à la fermeture prolongée des puits.
La capacité de production excédentaire des pays de l'OPEP, notamment l'Arabie Saoudite, est incertaine. Si elle existe, elle sera mesurée lors de la réouverture du détroit. Enfin, le degré de contrôle de l'Iran sur le détroit d'Ormuz reste une inconnue. Un accord favorable à l'Iran pourrait lui permettre de bloquer le trafic ou d'augmenter les droits de passage, en fonction de la situation régionale. Israël, quant à lui, ripostera en cas d'attaque, indépendamment des pressions extérieures, ce qui ajoute une prime de risque au prix du baril.
Concernant la destruction de la demande, certains experts avancent des chiffres de 4 à 5 millions de barils par jour. Cependant, cela est contredit par le bon sens. Lors de la crise financière de 2008, une forte récession n'avait détruit que 2,5 à 3 millions de barils par jour. Actuellement, l'économie mondiale est en croissance, sans crise particulière. Il n'y a donc aucune raison de consommer 4 à 5 millions de barils de moins sans signes économiques évidents.
Le trafic aérien, un secteur très sensible aux prix, est en croissance en 2026, malgré une hausse de 75% des prix du carburant aviation. Cela indique l'absence de destruction de la demande, même dans les secteurs les plus sensibles. Pour qu'une destruction réelle de la demande par les prix se produise, le baril devrait atteindre au moins 200 dollars, car des prix de 150 dollars (corrigés de l'inflation) entre 2010 et 2015 n'avaient pas entraîné de destruction significative.
Si les niveaux critiques de stocks sont atteints, les prix du baril grimperont pour provoquer une destruction de la demande nécessaire à l'équilibre. L'inertie du système signifie qu'une correction prendrait des mois même après un accord.
Pour les investisseurs, malgré les incertitudes, le secteur de l'énergie offre une asymétrie favorable entre risque et potentiel de gain. Le charbon et le gaz sont en bas de cycle, et le pétrole n'est pas en haut de cycle. La valorisation actuelle des pétrolières implique un baril à 70 dollars, alors qu'il est au-dessus de 90 dollars et devrait rester au-dessus de 80 dollars dans les 18 prochains mois.
Des anomalies de marché sont à exploiter dans le charbon et le gaz, avec une demande électrique croissante (IA, pays émergents). Il est possible de diversifier les stratégies (pétrole, gaz, charbon, huile de palme) et les zones géographiques. Pour un pari offensif sur le prix du baril, il est conseillé d'utiliser des trackers basés sur des futurs proches (ex: Wisdom Tree Brent Crude Oil) en raison de la forte backwardation, qui permet des gains mécaniques lors des roulements.
À court-moyen terme (6-12 mois), les cours du baril sont plus réactifs que les cours des valeurs pétrolières. Le ratio entre les indices de valeurs pétrolières et le pétrole brut montre que les valeurs pétrolières augmentent moins vite que le brut lors des pics. Ce ratio a bien détecté le dernier point bas majeur du secteur. Actuellement, le ratio est loin du bas de fourchette, suggérant un potentiel haussier pour le pétrole et une sortie par le haut de la figure de consolidation.
Bien que des majors comme Total soient dans le haut de fourchette de valorisation sur 10 ans, elles sont dans la moyenne normale par rapport