
Votre LLC ne protege rien (sans cette structure)
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Louis et Benjamin discutent de la création de LLC et de la compliance bancaire aux États-Unis, soulignant que si la création d'une LLC est relativement simple, la gestion des comptes bancaires qui en découle est plus complexe et nécessite une expertise. Ils abordent les défis liés à l'ouverture de comptes, notamment le fait que les banques et fintech sont de plus en plus regardantes.
Benjamin, partenaire d'une vingtaine de fintechs et banques, explique que le processus d'ouverture de compte dépend fortement du profil du client et de son activité. Certains secteurs sont considérés à risque et sont souvent refusés, comme l'affiliation casino, le Forex, les CFD ou les plateformes de monétisation de contenu comme OnlyFans. Les plateformes financières impliquant la garde d'actifs clients sont également scrutées avec attention.
Un autre point crucial est le code NAICS, qui doit être choisi avec précision pour qualifier l'activité du client lors de la demande d'ouverture de compte, même s'il n'est pas obligatoire lors de la création de la LLC. La présence d'une page web détaillée est également indispensable. Benjamin insiste sur le fait qu'une page web trop vague ou réalisée avec des outils "no-code" sans suffisamment de détails est souvent rejetée par la compliance. Il donne l'exemple d'un client dont la page web, créée avec "Lovelable", a été initialement refusée à cause de métadonnées et du favicon de la plateforme, qui ont dû être supprimés.
Grâce à ses partenariats, Benjamin peut pré-filtrer les dossiers avec les banques, ce qui accélère les approbations, souvent en moins de 24 heures. Il prépare le "storytelling" du client pour expliquer son activité et s'assure que toutes les informations nécessaires sont fournies. Une fois la demande soumise, il transmet l'email d'application à son équipe de contact au sein de l'institution bancaire pour accélérer le processus.
La compliance bancaire aux États-Unis est devenue plus stricte ces dernières années. Avoir plusieurs options bancaires et des contacts directs est un atout majeur. Benjamin souligne que pour être partenaire bancaire, il faut souvent être un partenaire comptable, capable d'assurer le suivi des comptes clients. Il recommande l'utilisation de logiciels de comptabilité comme Quickbooks ou Zero pour les entreprises à fort volume (dropshipping, etc.), car cela simplifie la justification des transactions auprès des banques, même si la tenue comptable n'est pas toujours obligatoire selon les États. Une comptabilité propre est essentielle pour les déclarations fiscales et pour répondre aux demandes des banques ou de plateformes comme Stripe, qui peuvent bloquer des comptes en cas de volumes inhabituels ou de transactions suspectes.
Benjamin évoque l'intérêt des holdings, notamment pour les activités à risque. Une holding est une société mère qui détient des sociétés opérationnelles. Il est possible de commencer avec une société opérationnelle et d'ajouter une holding par la suite. Cette structure permet de dissocier les activités à risque des activités moins risquées. Par exemple, une personne gérant des comptes OnlyFans (activité à risque) et vendant des formations (activité moins risquée) devrait avoir deux sociétés distinctes. En cas de problème avec l'activité à risque (par exemple, un compte bancaire clôturé suite à un traçage de transactions liées à des plateformes de monétisation de contenu), l'autre activité n'est pas affectée.
La protection contre le risque de "l'empreinte numérique compromise" est également abordée. Les banques effectuent des recherches sur internet sur les noms de sociétés et de sites web, ainsi que sur les identités civiles associées. Si des corrélations publiques déclenchent un drapeau rouge, la demande peut être rejetée. La mise en place d'une holding, notamment au Wyoming, avec son mécanisme de "charging order" (inaccessibilité des actifs pendant au moins 3 ans), offre une protection supplémentaire contre la saisie des actifs. Cela laisse le temps de transférer les actifs vers une fondation ou un trust.
Le recours à des banques physiques est également discuté. Pour ouvrir un compte personnel aux États-Unis, il faut se rendre physiquement sur place, obtenir un numéro ITIN et un numéro de téléphone local, ainsi qu'une preuve d'adresse. Pour une LLC, un rendez-vous physique et un numéro de téléphone local sont nécessaires, mais l'EIN suffit, sans besoin d'ITIN ou de SSN. Benjamin mentionne aussi la possibilité d'ouvrir des comptes bancaires offshore pour les LLC au Panama, même à distance, sans résidence locale.
La conversation dérive ensuite vers des structures plus complexes de protection de patrimoine : les fondations d'intérêt privé et les trusts. Ces structures, considérées comme orphelines (n'appartenant à personne, mais ayant des bénéficiaires), ont pour objectifs principaux la protection patrimoniale et la planification successorale.
La fondation d'intérêt privé au Panama est une option plus abordable. Sa création coûte environ 3000 dollars (frais d'avocat, incorporation, rédaction du règlement) et l'entretien annuel est d'environ 1000 dollars. Un fondateur établit un conseil d'administration qui prend les décisions. Un protecteur (avocat, membre de la famille) peut être désigné pour vérifier que tout se passe bien. La gestion déléguée à un avocat est possible pour les personnes vivant dans des juridictions à forte imposition afin d'éviter le "place of effective management" et de montrer que les décisions sont prises au Panama. Tout ce qui est sous la fondation depuis plus de 3 ans est insaisissable.
Les trusts, en particulier ceux des îles Cook et de Saint-Kitts-et-Nevis, sont des structures plus coûteuses, allant de 15 000 à 35 000 dollars pour la création, avec des frais de gestion annuelle d'au moins 15 000 dollars, calculés en pourcentage des actifs. Il existe des trusts révocables et irrévocables. Le trust révocable permet au fondateur de modifier ou dissoudre le trust à tout moment, offrant une protection fiscale et patrimoniale faible. Le trust irrévocable, en revanche, implique un transfert définitif des actifs, rendant le trust inaltérable unilatéralement, même par le fondateur. Cela offre une protection maximale contre les procès, les créanciers et la saisie agressive, car les actifs n'appartiennent plus au patrimoine personnel du fondateur.
La gestion d'un trust irrévocable se fait indirectement par l'envoi de "lettres de souhait" au trustee (gestionnaire), qui applique les décisions sous le regard d'un protecteur. À la mort du fondateur, les mécanismes de succession s'activent de manière privée et immédiate, sans passer par un tribunal. Les bénéficiaires secondaires désignés (conjoint, enfants, etc.) prennent la place du fondateur. Les règles de distribution sont décidées au préalable et peuvent être très flexibles : transfert immédiat, revenus mensuels, paiement de frais d'université, ou même des conditions spécifiques (ex: sobriété pour l'accès aux fonds).
Les actifs détenus par ces structures sont généralement des participations dans des sociétés (holdings) qui, elles, possèdent les véhicules ou biens immobiliers. Cela simplifie la gestion et renforce la protection.
Ces juridictions (Panama, Cook Islands, Saint-Kitts-et-Nevis) ignorent les lois de succession étrangères, comme celles des héritiers réservataires en France. Attaquer ces structures est extrêmement coûteux en frais d'avocat et complexe en raison de la multiplicité des juridictions impliquées. Pour les trusts de Saint-Kitts-et-Nevis, un dépôt de 100 000 dollars est requis pour lancer une procédure, et les tribunaux locaux ne reconnaissent pas le droit étranger. Il n'y a eu aucun cas de réussite pour obtenir quelque chose contre ces trusts.
La discussion s'élargit ensuite sur la situation en France, où certains organisent leur insolvabilité de manière moins sophistiquée, par exemple en détenant des biens via des associations et en ayant des comptes bancaires avec moins de 500 euros pour éviter les saisies. Bien que cela permette d'échapper au fisc, cela ne permet pas d'accumuler de patrimoine et enferme les individus dans une situation précaire.
Les intervenants critiquent la fiscalité française qui, selon eux, décourage la création de richesse et pousse les entrepreneurs à s'expatrier ou à travailler moins pour éviter les paliers d'imposition élevés. Ils soulignent l'importance d'optimiser légalement sa fiscalité pour être plus serein et pouvoir accumuler du patrimoine.
Enfin, ils abordent la manipulation du langage et la polarisation autour du terme "capitalisme". Ils expliquent que le terme a été popularisé par des penseurs socialistes pour critiquer le "système de liberté naturelle". Ils déplorent l'appauvrissement du vocabulaire et la manipulation médiatique qui créent des cadres de pensée limitatifs, empêchant les gens de comprendre et de lutter contre les problèmes réels. Ils citent l'exemple de la gestion des incendies en France, où le gouvernement a lancé une cagnotte pour la forêt de Fontainebleau après avoir envoyé des milliards à l'Ukraine, ce qui est perçu comme une manipulation de l'opinion publique.
La conversation se conclut sur l'idée que comprendre ces mécanismes et s'éduquer est essentiel pour naviguer dans un monde où les élites manipulent les masses et où la liberté financière est de plus en plus menacée.