
SON OEIL A ÉTÉ BROYÉ ET ASPIRÉ DANS UNE MACHINE PAR ERREUR À L'HÔPITAL, IL SE RÉVEILLE AVEC UN TROU
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Maxime, 35 ans, a été victime d'une erreur médicale lors d'une opération des sinus, qui a entraîné l'aspiration de son œil et l'a rendu borgne. L'opération, initialement prévue pour moins d'une heure, a duré plus de cinq heures. Il raconte son histoire pour dénoncer le manque de vérité et de soutien de la part du corps médical.
Avant l'opération, Maxime menait une vie normale. Il souffrait de sinusites à répétition et, après avoir consulté son médecin traitant et un ORL, des radios ont révélé que ses sinus maxillaire et frontal étaient complètement bouchés. Il a alors cherché un chirurgien ORL sur Doctolib, choisissant une praticienne à la clinique de Bercy, réputée pour être sortie première de sa promotion. Maxime avait une confiance totale dans le milieu médical, n'ayant jamais eu de problème majeur auparavant.
Lors du rendez-vous préparatoire, la chirurgienne lui a expliqué que l'opération consistait à nettoyer les sinus et qu'elle durerait moins d'une heure en ambulatoire, sous anesthésie générale. Elle ne lui a pas parlé de risques concrets de perte d'œil, se contentant de lui faire signer une décharge. Maxime a trouvé la chirurgienne calme, douce et gentille, ce qui a renforcé sa confiance.
Le jour de l'opération, Maxime est arrivé à la clinique vers 9h. Après les formalités administratives, il a été conduit en salle d'opération vers 11h30-midi. Il se souvient d'avoir été endormi avec un masque et une perfusion. À son réveil, il a constaté de nombreuses personnes autour de lui et une forte sensation de chaleur, comme s'il sortait d'un sauna, avec des poches de glace sur tout le corps. Il n'a ressenti aucune douleur, seulement une gêne.
La chirurgienne l'a informé qu'il y avait eu un problème pendant l'opération, que son œil avait été touché et qu'il y avait un risque de perdre la vue à 98%. Elle ne lui a pas dit qu'il avait déjà perdu la vue. Elle a également mentionné que l'opération avait duré plus de cinq heures et qu'il devrait aller à l'hôpital des Quinze-Vingts le lendemain pour une radio. Maxime ne comprenait pas pourquoi il devait être transféré, pensant que la clinique avait les équipements nécessaires. Il est resté à la clinique, recevant des antibiotiques toutes les heures pendant la nuit. Le personnel semblait mal à l'aise, et une infirmière avait même les yeux rouges, signe, avec le recul, qu'ils savaient ce qui s'était passé mais ne lui avaient rien dit.
Le lendemain matin, une ambulance l'a conduit aux Quinze-Vingts. En retirant le pansement de son œil, Maxime a pris une photo. Il pensait voir son œil, mais en réalité, c'était un pansement sur le globe oculaire, une compresse appelée "tulle gras" utilisée pour combler les orifices. Il ne savait pas qu'il n'avait déjà plus d'œil.
En raison des intempéries, son transfert aux Quinze-Vingts puis à l'hôpital Rothschild a été chaotique. À Rothschild, les médecins ont trouvé les comptes-rendus de Bercy incompréhensibles. Ils lui ont fait passer un IRM et l'ont opéré d'urgence. Ce n'est que le lendemain, avec sa famille présente, que les médecins de Rothschild lui ont expliqué la vérité. Ils étaient visiblement mal à l'aise, parlant d'un ton grave. L'ophtalmologiste a dit à Maxime qu'il était arrivé sans son œil, qu'il n'y avait plus rien à l'intérieur, que l'œil avait été "haché" et vidé, et qu'il ne restait que des "petits bouts de viande hachée d'œil". Tous les muscles qui dirigent l'œil avaient disparu, ainsi qu'une partie de la paupière. Les médecins ont dû nettoyer ce qui restait et couper le nerf optique pour éviter toute infection. L'opération des sinus pour laquelle il était venu n'avait même pas été faite par la première chirurgienne.
Plus tard, il a été révélé que la chirurgienne avait utilisé un "shaver", un instrument médical qui aspire et hache, après que des tentatives d'arrêter le saignement aient échoué. Elle avait traversé l'os de son crâne derrière le sinus, pénétrant dans son œil et le massacrant de l'intérieur. Elle pensait toujours être dans le sinus. Maxime pense qu'elle ne s'en est rendu compte qu'en retirant le pansement de son œil.
Maxime exprime une profonde incompréhension et de la colère face au silence et aux mensonges du personnel de la clinique de Bercy. Il ne comprend pas pourquoi on ne lui a pas dit la vérité immédiatement, et pourquoi il a fallu attendre le troisième hôpital pour être informé de la perte de son œil. Il se sent trahi, ayant l'impression qu'ils ont voulu minimiser la situation et se débarrasser de lui.
Deux jours après avoir appris la vérité, on lui a annoncé qu'il devrait subir une troisième opération pour une greffe de graisse et de peau, afin d'éviter que la peau ne se rétracte et ne forme un trou profond. Il a refusé de rester en observation pendant 10 à 15 jours, insistant sur le fait qu'il n'était pas malade. Son attitude proactive a convaincu les médecins de l'opérer plus tôt, lui faisant gagner dix jours d'hospitalisation.
Après cette opération, il a dû faire appel à une infirmière à domicile. Il raconte une anecdote où une infirmière, Mélanie, s'est évanouie en entendant son histoire, malgré son expérience dans le milieu médical.
Maxime a ensuite reçu sa première prothèse oculaire, mais le gras injecté ayant été partiellement absorbé par son corps, la prothèse n'était plus ajustée. Le plus gros problème pour lui est que, sans muscles, l'œil est fixe, ce qui rend son apparence insupportable. Son fils de 7 ans lui a dit que cela lui faisait peur.
Pour pallier ce problème, il a d'abord essayé un bandeau de pirate, mais cela n'était pas pratique au quotidien. Il a finalement trouvé des patchs autocollants qu'il a adaptés. Son fils, en le voyant avec le patch, lui a dit qu'il ressemblait à un "héros Marvel", ce qui a aidé Maxime à accepter son reflet et à reprendre sa vie, notamment le sport. Il préfère le patch à la prothèse, qu'il trouve répugnante à voir et à nettoyer.
Le regard des autres avec le patch est plus sympathique, les enfants l'appelant le "pirate", ce qui le dérange moins que d'être vu comme "bizarre" ou handicapé. Il relativise beaucoup, ayant déjà un handicap à la hanche.
Bien que le regard des autres le peine toujours (il ne sort pas sans son patch), c'est surtout sa famille qui a été profondément affectée par cette épreuve et qui ressent de la haine envers la chirurgienne. La décision de sa femme d'enregistrer la conversation à Rothschild a été cruciale pour prouver la vérité.
Maxime ne ressent pas de haine envers la chirurgienne, car il pense qu'elle n'a pas agi intentionnellement. Cependant, il éprouve une profonde colère et incompréhension face à son refus d'assumer son erreur et d'avoir menti. Il a reçu une lettre d'excuses de la chirurgienne deux mois après, mais il pense qu'elle avait une connotation juridique et qu'elle n'était pas sincère. Il ne souhaite plus avoir affaire à elle, mais veut qu'elle "paie pour ce qu'elle a fait".
Il attend de la justice des indemnités et met la pression sur la partie adverse par la médiatisation de son histoire. Il envisage de se faire faire une prothèse oculaire complètement noire, pour ne pas avoir à porter un patch en permanence chez lui.
Maxime a décidé de médiatiser son histoire après avoir reçu des comptes-rendus opératoires de Bercy affirmant qu'il était rentré chez lui et que tout s'était bien passé, suivis de nombreux mails "annule et remplace". Il a été choqué de constater qu'aucun soutien n'était proposé aux victimes d'erreurs médicales. La médiatisation a pris de l'ampleur, attirant l'attention de grands médias. Il a créé des comptes sur les réseaux sociaux pour partager son histoire et mettre la pression sur la clinique. Il a été surpris par certains commentaires misogynes, mais a également trouvé du soutien.
Malgré l'épreuve, Maxime reste positif et déterminé à avancer. Il encourage les personnes dans des situations similaires à se faire aider, notamment par leur famille et des outils comme ChatGPT pour comprendre les démarches. Il souhaite que la justice fasse son travail, qu'il obtienne les indemnités nécessaires, et qu'il puisse enfin tourner la page et avancer dans sa vie.