
AI Threatens Crypto Security
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Cette semaine, l'actualité crypto est dominée par des préoccupations macroéconomiques et des avertissements concernant la sécurité cryptographique face à l'intelligence artificielle (IA). Le marché a connu une période difficile, avec Bitcoin en baisse d'environ 3% à 82 300 $ et Ethereum en baisse de 6% à 2 500 $. Les altcoins ont également subi des pertes significatives, certains affichant des baisses de 13% à 17%.
Les rendements obligataires du Trésor américain continuent d'augmenter, atteignant leurs niveaux les plus élevés depuis 2002, avec le bon à 10 ans à 5,3% et le bon à 30 ans à 5,7%. Cette hausse rapide des taux est perçue comme un signe que "quelque chose va casser" dans l'économie. L'impact se fait déjà sentir sur le marché immobilier, avec des taux hypothécaires fixes sur 30 ans atteignant 7,5% aux États-Unis. Historiquement, un environnement de rendements élevés n'a pas favorisé le Bitcoin, mais certains analystes suggèrent que des taux plus élevés injectent plus d'argent dans l'économie, qui pourrait être alloué aux actions, ce qui pourrait expliquer les records du S&P et du NASDAQ. Cependant, d'autres pensent que cela accélère la dépréciation des monnaies fiduciaires, renforçant la thèse initiale du Bitcoin.
Le prix du pétrole a également dépassé les 100 dollars le baril, en partie à cause des coûts d'assurance élevés liés aux tensions géopolitiques dans le détroit d'Ormuz, malgré un flux constant de pétrole.
Malgré ces vents contraires macroéconomiques, le Bitcoin n'a pas encore capitulé, et la baisse actuelle est considérée comme un "flush" normal de mi-marché haussier. Robinhood a effectué son premier achat de Bitcoin pour sa trésorerie d'entreprise, acquérant 25 millions de dollars de BTC. Bien que ce ne soit pas une somme énorme par rapport à la capitalisation boursière, c'est un geste symbolique d'alignement avec la communauté crypto. Michael Nato, un analyste, reste haussier sur le Bitcoin, ne s'inquiétant pas tant que le prix ne tombe pas en dessous de 78 000 $, et prévoyant une possible montée à 100 000 $ si le prix dépasse les 90 000 $.
Une nouvelle majeure concerne Tom Lee de Bitmine, qui a annoncé qu'il arrêterait d'acheter de l'ETH une fois qu'il aurait atteint 5% de l'offre totale d'Ethereum. Il est à 98% de cet objectif et s'attend à l'atteindre beaucoup plus tôt que prévu (un an au lieu de cinq). Lee a acheté la majeure partie de son ETH pendant le marché baissier et se dit "confortable" avec sa position. Il a également maintenu ses prévisions de prix incroyablement haussières pour l'Ether, prévoyant un mouvement de 25x, ce qui porterait l'ETH à environ 65 000 $. Cependant, il a précisé que Bitmine cessera d'acheter de l'ETH pour l'instant afin de maximiser la valeur actionnariale, en se concentrant sur les rachats d'actions, l'expansion de leur infrastructure de staking (Maven), et des investissements extérieurs à l'ETH. Certains analystes y voient un signal positif, interprétant la limite de 5% comme un seuil de matérialité pour les entreprises publiques, au-delà duquel elles seraient soumises à une réglementation accrue en tant que gestionnaires d'actifs.
L'alerte la plus sérieuse de la semaine vient de Justin Drake, un chercheur d'Ethereum, qui a appelé l'industrie de la blockchain à "commencer calmement à planifier un mode bunker". Il recommande une migration massive et contrôlée des actifs vers de "nouvelles adresses" dont les clés publiques restent cachées derrière un hachage. Cela signifie que les fonds devraient être déplacés vers des adresses n'ayant jamais effectué de transaction sortante. La raison invoquée n'est pas la menace quantique, déjà connue, mais une nouvelle menace potentielle : la "super-intelligence mathématique" de l'IA.
Drake estime qu'il est "raisonnable de se préparer à la possibilité que l'ECDSA se brise avant le Q-day (l'ère quantique), dans le pire des cas, en quelques mois et non en années". Par "se briser", il entend que la cryptographie à clé privée pourrait être compromise en une semaine avec du matériel disponible (un grand cluster de GPU). Cette annonce fait suite à la publication par OpenAI de centaines de nouvelles découvertes mathématiques, ce qui suggère que l'IA est devenue extrêmement compétente en mathématiques.
L'ECDSA (Elliptic Curve Digital Signature Algorithm) est utilisé par au moins 25% de tous les Bitcoins dont la clé publique est visible sur la chaîne, ainsi que par toutes les adresses Ethereum ayant effectué une transaction sortante et toutes les adresses Solana. Si l'ECDSA était brisé, cela mettrait en péril une grande partie des fonds crypto. Justin Drake a souligné que les courbes elliptiques semblent "particulièrement vulnérables à la super-intelligence".
Matthew Green, un cryptographe respecté, a également exprimé des préoccupations, affirmant qu'il pourrait y avoir une perte de cryptographie à clé publique, y compris le chiffrement utilisé pour le HTTPS, les services bancaires, les e-mails, les mots de passe, et les paiements par carte. Une telle rupture aurait des conséquences bien au-delà de la crypto.
Cependant, cette alerte a suscité des réactions mitigées. Le chef de la cryptographie chez Coinbase a qualifié l'avis de Drake de "très mauvais", arguant que la capacité de l'IA à prouver des théorèmes difficiles n'indique pas que des problèmes intrinsèquement difficiles ne le sont pas. D'autres, comme Mert, ont rejeté l'avis de Drake, estimant qu'il est plus probable de perdre de l'argent en déplaçant superficiellement des fonds que par une rupture fondamentale de la cryptographie du jour au lendemain. Mert a également rappelé que Justin Drake, bien que très compétent en mathématiques et cryptographie, n'a pas toujours eu le meilleur bilan en matière de prévisions de délais.
Vitalik Buterin a confirmé cette semaine que la feuille de route "Lean Ethereum" (Ethereum allégé) s'oriente vers une cryptographie "hash-only" (basée uniquement sur le hachage) plutôt que sur les lattices, ce qui la rendrait moins susceptible à ce type d'attaque d'IA. Cependant, cette transition prendra des années, laissant une période de vulnérabilité. Si le chiffrement était brisé, la confidentialité sur Ethereum pourrait devenir impossible, ce qui aurait des implications majeures pour des projets comme Zcash ou les fonctionnalités de confidentialité avancées.
En parallèle, deux L2 d'Ethereum, Blast et Abstract, ont annoncé leur fermeture cette semaine, citant des modèles économiques non viables. Blast, qui avait atteint 2,3 milliards de dollars de TVL, a déclaré que les coûts de maintenance dépassaient les revenus. Abstract, le L2 de Pudgy Penguins, n'a pas réussi à trouver son marché. Starknet, un autre L2 majeur, envisage de devenir un L1 pour des raisons de résistance quantique, ciblant 2027. Certains y voient une manœuvre pour augmenter la valeur de leur jeton, car devenir un L1 impliquerait de devoir financer sa propre sécurité en émettant plus de jetons.
Sur le front réglementaire, la FinCEN a retiré ses règles proposées concernant les portefeuilles non hébergés et les "mixers" de crypto-monnaies. Ces règles, proposées en 2020, auraient exigé des échanges de vérifier l'identité des portefeuilles non-custodiaux pour des retraits supérieurs à 3 000 $ et de signaler au gouvernement les mouvements de plus de 10 000 $, transformant de facto tous les portefeuilles on-chain en bases de données KYC/AML. Le retrait de ces règles est une victoire majeure pour la vie privée et la souveraineté des utilisateurs, bien que certains craignent que l'IA puisse rendre ces règles obsolètes en permettant déjà aux gouvernements de retracer les transactions.
Enfin, la commissaire Hester Peirce de la SEC, surnommée "Crypto Mom", a terminé son mandat. Saluée pour son approche équilibrée et ses propositions de "safe harbor" pour les jetons, elle a été une voix de la raison au sein d'un organisme souvent perçu comme hostile à la crypto.
En conclusion, la semaine a été mouvementée, entre les pressions macroéconomiques, la menace émergente de l'IA sur la cryptographie, et des développements significatifs sur les L2 et le front réglementaire. L'industrie crypto est vivante, mais confrontée à des défis complexes et des incertitudes majeures quant à son avenir technologique et réglementaire.