
Les derniers soldats de la paix à la frontière entre Israel et le Liban
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Ce reportage suit Zena Covax, journaliste franco-libanaise, lors d'une mission avec la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Sud-Liban) dans des zones occupées par Israël au sud du Liban. La FINUL, créée en 1978, a pour rôle d'observer les hostilités et de désamorcer les tensions, mais ses moyens d'action sont limités, rendant ses soldats souvent impuissants.
L'objectif principal de cette mission était d'accéder à une zone interdite par l'armée israélienne, une "zone de sécurité avancée" délimitée par une "ligne jaune", dans laquelle seule la FINUL est autorisée, sous escorte. Le trajet est périlleux, nécessitant le port du casque en permanence en raison des risques. La journaliste décrit un paysage "apocalyptique", marqué par des villages entièrement rasés, des maisons dynamitées, et des restes de combats comme des fils de drones FPV utilisés par le Hezbollah. Ces drones, téléguidés par fibre optique, servent à éviter le brouillage israélien. L'armée israélienne dynamite les maisons pour réduire le relief et limiter les cachettes pour les combattants du Hezbollah.
La FINUL doit non seulement documenter les violations du droit international, mais aussi naviguer entre les tensions avec le Hezbollah, avec qui elle n'a pas de canal de discussion direct, passant par l'armée libanaise. De plus, la FINUL est perçue tantôt comme un informateur pour l'armée israélienne, tantôt pour le Hezbollah, la plaçant dans une position délicate.
La mission visait à documenter l'occupation israélienne et les destructions, notamment en atteignant une base FINUL népalaise enclavée et difficile d'accès. L'armée israélienne exerce une surveillance constante par drones, frappant immédiatement tout véhicule non autorisé s'approchant de la ligne jaune. Les seules traces de vie observées étaient des animaux sur les ruines des maisons. L'armée israélienne semble s'installer durablement dans la zone, construisant et consolidant sa présence.
Un aspect particulièrement choquant est la présence de drapeaux israéliens sur les villages détruits, un message destiné à la population libanaise incapable de revenir. La FINUL documente les infractions des deux parties, agissant comme un acteur neutre. Cependant, ses soldats se sentent souvent impuissants, comptant leurs munitions, face à la puissance de l'armée israélienne, qui peut poser des mines ou dynamiter des bâtiments pour bloquer le passage.
L'avenir de la FINUL est incertain : son mandat s'arrête fin 2026, et les 7500 soldats partiront progressivement. Cette perspective inquiète la population libanaise, qui craint que le sud du Liban ne devienne une "zone de non-droit" similaire à Gaza, sans témoins ni forces de l'ONU pour observer la situation. La situation est d'autant plus critique que le mandat de la FINUL se termine alors que le Liban est occupé, au "pire moment". La journaliste exprime sa difficulté à décrire aux Libanais l'état actuel de leurs villages, désormais inexistants, avec une destruction si massive que leur reconstruction semble impossible.