
Elle perd 30 000€, ferme tout, et recommence de zéro — son histoire va vous surprendre
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Manon a un parcours de vie riche et inspirant, marqué par les voyages, l'entrepreneuriat et une quête constante de liberté. Dès l'âge de six ans, elle exprime le désir d'être sa propre patronne, une ambition qui la guidera tout au long de son chemin, malgré un environnement familial où l'entrepreneuriat n'est pas la norme.
Initialement, Manon se destine à la médecine, influencée par son grand-père. Elle obtient un bac scientifique avec mention bien et intègre la faculté de médecine. Cependant, un déclic lui fait réaliser que ce n'est pas sa véritable vocation. Elle se rend compte que ce rêve est peut-être une projection familiale, et non le sien. La charge émotionnelle liée au métier de médecin ne lui correspond pas.
Elle se tourne alors vers le droit privé des affaires, une voie qu'elle considère comme un "plan B" pour atteindre son objectif de devenir sa propre patronne. Pendant ses études de droit à Toulouse, elle profite de son temps libre pour travailler et économiser afin de voyager. À 18 ans, elle part trois mois en Irlande en tant que jeune fille au pair, apprenant l'anglais et découvrant le monde. Cette expérience est une révélation et marque le début de sa passion pour les voyages. Elle réalise l'importance de l'anglais pour le business et s'efforce de le maîtriser.
Manon explique que chaque expérience, même les échecs, est une source d'apprentissage. Elle cite l'exemple de sa première start-up, qui, bien qu'ayant échoué, a été un tremplin pour sa carrière actuelle de travel planner. Elle souligne l'importance de prendre du recul face aux échecs et de les voir comme des opportunités de croissance.
Elle aborde le défi de sortir des attentes familiales, notamment lorsque ses parents ne soutiennent pas ses choix professionnels. Elle explique qu'elle a dû faire face à des jugements et à l'incertitude, mais qu'elle était profondément convaincue de sa voie. Pour elle, la détermination et la confiance en soi sont essentielles pour avancer, même si le chemin est solitaire.
Manon évoque sa première idée de start-up : une application de rencontres sans photos, où les utilisateurs matchaient sur la personnalité avant de découvrir progressivement le physique. Bien que l'idée soit innovante, le budget nécessaire pour une telle application et les contraintes de communication la freinent. Elle réalise l'importance de s'associer, notamment avec un développeur et des experts en communication.
Son deuxième projet de start-up naît de son expérience d'étudiante à la bibliothèque de Toulouse. Elle constate la difficulté de trouver une place et imagine une application pour localiser les sièges disponibles via des QR codes. Cette application permettrait aux étudiants de cumuler des points échangeables et aux entreprises de faire de la publicité ciblée.
À 19-20 ans, alors qu'elle est en deuxième année de droit, elle participe à un concours d'entrepreneuriat à Agen. Son projet de bibliothèque est sélectionné parmi 30 candidatures. Elle remporte le premier prix, ce qui lui vaut une incubation d'un an et l'attention de Julien, un représentant d'Orange, qui l'invite à rejoindre le programme "Orange femme entrepreneuse".
Cette victoire propulse Manon sur le devant de la scène : articles de presse, interviews radio et même une rencontre avec le président de la bibliothèque de Toulouse pour tester son application. Elle se retrouve à 21 ans à la tête d'un projet prometteur, mais sans les fonds nécessaires pour le développer. Elle se heurte aux refus des banques en raison de son jeune âge et de son manque d'expérience.
C'est alors qu'une rencontre providentielle la met en contact avec un ancien camarade d'Agen, devenu banquier professionnel au Crédit Agricole. Celui-ci, se souvenant de sa détermination lors du concours, lui accorde un prêt de 30 000 euros sans même la rencontrer physiquement. Elle obtient également une garantie de 80% de France Active, réduisant considérablement son risque financier.
Grâce à une rencontre fortuite dans un train, Manon constitue son équipe de designers, graphistes et comptables. Elle gagne également une formation en "no-code" à Marseille pour développer elle-même son application. Malgré ses efforts, elle réalise que le codage n'est pas sa zone de génie et finit par payer quelqu'un pour finaliser l'application.
En parallèle de sa start-up, Manon partage ses conseils de voyage sur les réseaux sociaux. Ses publications sur l'expatriation et les changements personnels qu'elle implique deviennent virales, lui apportant une vague d'abonnés et des demandes pour organiser des voyages. Elle réalise alors le potentiel de devenir travel planner, un métier qu'elle n'avait jamais envisagé en raison des contraintes financières des agences de voyages traditionnelles.
Elle lance son activité de travel planner, proposant ses services à 30 euros pour l'organisation complète d'un voyage. Bien que ce tarif soit très bas, il lui permet de se faire connaître et de construire une clientèle. En rentrant des États-Unis, où elle a eu un déclic sur la facilité de faire de l'argent et la liberté, elle réalise que la start-up ne correspond plus à ses aspirations. Elle veut la liberté que le voyage lui offre, et non celle que la start-up pourrait lui apporter à long terme.
En décembre 2021, elle lance officiellement son application de bibliothèque, qui connaît un succès immédiat avec près de 1000 téléchargements le premier jour. Cependant, elle se sent vide et part en Thaïlande pour prendre du recul. Elle réalise qu'elle n'a plus envie de ce projet et décide d'arrêter sa start-up.
Grâce à son avocat, elle parvient à liquider sa société sans perdre d'argent, ne remboursant rien sur les 30 000 euros de prêt. Cette expérience, bien que difficile, lui a énormément appris sur l'entrepreneuriat et sur elle-même.
En avril, elle se lance à fond dans le métier de travel planner. Elle fait un "deal" avec ses parents : si cela ne marche pas dans un an, elle reprendra ses études. Cinq ans plus tard, elle est toujours travel planner. Elle explique son succès par la saisie des opportunités et des rencontres. Elle a commencé à faire des vidéos et du contenu sur les réseaux sociaux, atteignant un SMIC dès le premier mois, sans investir d'argent ni faire de publicité payante.
Manon insiste sur l'importance de la régularité dans la création de contenu pour construire une communauté et gagner la confiance des gens. Elle a développé son compte Instagram de 3 000 à 10 000 abonnés en six mois, en utilisant des outils gratuits au début.
Elle décrit le métier de travel planner comme étant très libre, surtout après les premières années d'investissement intense. Elle peut adapter ses journées en fonction de ses clients et de ses envies. L'avantage est qu'une fois les recherches et les documents de base créés pour une destination, le travail devient plus efficace pour les clients suivants.
Manon utilise l'outil japonais "Ikigai" pour aider les gens à trouver ce qu'ils aiment et ce qui pourrait devenir leur métier. Elle souligne l'importance de tester différentes activités pour comprendre ce qui nous passionne réellement.
Actuellement basée à Bali, Manon continue de voyager et de faire des collaborations avec des agences de tourisme, ce qui lui permet de voyager gratuitement et de tester des destinations pour ses clients. Elle met en avant l'importance du "personal branding" dans son métier, expliquant que c'est ce qui la différencie des autres travel planners et lui permet de construire une relation de confiance avec sa communauté.
Elle reconnaît que le plus difficile dans son métier est de rester régulière dans la création de contenu. Cependant, elle trouve un sens profond à son travail, aidant les gens à créer des souvenirs inoubliables.
Manon partage des conseils pour ceux qui souhaitent se lancer en ligne : ne pas attendre le moment parfait, car il n'existe pas. Il faut foncer, même avec peu de temps ou d'argent, car chaque effort compte. Elle insiste sur l'importance de la détermination et de ne pas se laisser décourager par le jugement des autres.
Enfin, elle partage ses destinations de voyage idéales pour différents profils : la Grèce pour un couple en crise, le Japon pour une personne perdue, Danang (Vietnam) pour un entrepreneur débutant avec un budget limité, le Portugal ou la Thaïlande pour un premier voyage, et les États-Unis (San Francisco) pour un entrepreneur ambitieux qui vise les millions.
Manon conclut en soulignant l'importance des rencontres et des opportunités qu'elles génèrent. Elle a eu la chance de croiser des personnes clés qui ont jalonné son parcours, mais elle attribue aussi son succès à son ouverture d'esprit et à sa capacité à saisir ces opportunités. Elle exprime sa gratitude pour le chemin parcouru et son désir de continuer à évoluer, envisageant même de devenir consultante pour entrepreneurs à l'avenir.