
Menacé par Daesh, réfugié, UFC : l'incroyable histoire de Michael Aljarouj
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J'ai grandi à Alep, en Syrie, où mon enfance était agréable avant la guerre. J'ai commencé les sports de combat à deux ans et demi, par le kung-fu et le Sanda. Alep, bien que la ville la plus détruite, a été touchée plus tard par la guerre. Les bombardements, snipers et tirs ont commencé du jour au lendemain.
Un soir, en sortant de l'église, j'ai été attaqué par un homme tentant de me kidnapper. J'ai réagi en le frappant et en le blessant avec son propre couteau, puis j'ai fui. Cet événement a poussé ma famille à décider de partir le plus tôt possible, la situation devenant trop dangereuse.
Mes parents ont choisi la France, ma tante y résidant déjà. Les ambassades étant fermées, nous avons dû passer par le Liban, un chemin périlleux et prolongé. En route, notre bus a été arrêté par Daesh. En raison de mon prénom chrétien, Michael, et de mon âge (14-15 ans), j'ai été forcé de descendre, car ils voulaient que je combatte pour eux. Leur chef m'a menacé de tuer ma famille si je refusais. Mon père a alors donné une somme importante pour ma libération.
Arrivés au Liban, nous avons obtenu des visas et le moment le plus difficile fut la séparation avec mes parents à l'aéroport. Un an et demi plus tard, ils ont pu nous rejoindre.
En France, j'ai appris le français en lisant des livres pour enfants, en regardant les nouvelles et des émissions de télévision pour m'immerger dans la langue.
J'ai découvert le MMA juste avant de quitter la Syrie et, arrivé à Créteil, je suis tombé amoureux de ce sport, décidant de devenir professionnel pour atteindre l'UFC. Après mon bac et une année d'études, j'ai tout arrêté pour me consacrer au MMA. Mon entraîneur, Gaëtan Irtel, est devenu une figure paternelle essentielle, me façonnant en tant que combattant, homme et père.
J'ai commencé ma carrière professionnelle en 2017 et en 2026, j'ai signé avec l'UFC. Je me sens français, même sans ma naturalisation, que j'ai demandée trois fois. Je me sens redevable envers la France, où j'ai été éduqué, entraîné, où mes enfants sont nés et où je travaille. Mon statut de réfugié et mon document de voyage ont compliqué ma participation à l'UFC Paris, mais j'espère que cela débloquera ma situation administrative.
Recommencer sa vie est difficile, mais tout devient plus facile quand on travaille dur. Si l'on croit