![[MASTERCLASS 1] Adaptation et tourisme - se préparer aux aléas climatiques et rendre son entrepri...](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fimg.youtube.com%2Fvi%2Fnn63iHWQkIQ%2Fhqdefault.jpg&w=1080&q=75)
[MASTERCLASS 1] Adaptation et tourisme - se préparer aux aléas climatiques et rendre son entrepri...
Audio Summary
AI Summary
Voici un résumé de la transcription, axé sur les informations clés concernant l'adaptation du secteur touristique aux aléas climatiques.
**Le tourisme : un secteur doublement exposé au changement climatique**
Le changement climatique représente à la fois le principal actif et la principale menace pour le secteur touristique. Les ressources naturelles comme le soleil, la mer et la neige sont les fondements des saisons touristiques, mais elles sont directement menacées par les phénomènes climatiques extrêmes tels que les inondations, les canicules et le recul du trait de côte. Ces événements perturbent les infrastructures, les conditions de séjour et recomposent les flux touristiques, les orientant parfois vers de nouvelles destinations plus au nord.
**Adaptation vs Atténuation : une distinction cruciale**
La distinction entre atténuation et adaptation est fondamentale. L'atténuation vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, par exemple en améliorant l'isolation thermique des bâtiments ou en optimisant les transports. Le tourisme, en tant que contributeur aux émissions (principalement via les transports), a un rôle à jouer dans ce domaine. L'adaptation, quant à elle, consiste à transformer son modèle pour faire face aux impacts inévitables du changement climatique. C'est une nécessité économique pour assurer la survie et la pérennité des entreprises touristiques, touchées par la destruction des infrastructures, la dégradation des conditions de travail ou le confort des clients.
**L'urgence économique de l'adaptation**
Contrairement à l'atténuation, souvent perçue comme une question de conviction, l'adaptation est avant tout une nécessité économique. Les dirigeants sont confrontés à des risques concrets : destruction d'infrastructures, impact sur l'appareil productif, conditions de travail dégradées, ou encore destruction des stocks et des chaînes d'approvisionnement. L'étude menée par BPI France révèle que près d'un tiers des dirigeants ont déjà été impactés par des événements climatiques extrêmes, souvent à plusieurs reprises. Les impacts les plus fréquents sont les canicules, les tempêtes, la sécheresse et le manque d'eau, suivis des crues et inondations.
**Le secteur du tourisme particulièrement vulnérable**
Le secteur du tourisme est encore plus marqué par ces impacts, avec près de 50% des entreprises se déclarant affectées par les canicules. Pour le groupe Homer, leader européen de l'hôtellerie de plein air, les aléas climatiques sont une réalité quotidienne. Le groupe a été touché par des incendies, des tempêtes, des glissements de terrain, des inondations et des épisodes de sécheresse et de chaleur extrême. Ces événements ont un impact direct sur l'exploitation des sites, les infrastructures (mobil-homes) et le confort des clients.
**L'évolution des risques et le coût des sinistres**
Les projections climatiques indiquent une augmentation significative du coût des sinistres liés aux aléas climatiques. Les sécheresses, par exemple, devraient voir leur coût augmenter de 50% d'ici 2050, voire de 200% dans certains scénarios. Les inondations et les submersions marines présentent également des risques accrus. Cette situation soulève la question de l'assurabilité de ces risques, déjà problématique pour certaines collectivités territoriales, et impacte directement les primes d'assurance pour les acteurs touristiques. Homer constate une hausse de ses primes, ainsi que des limites d'indemnisation en cas de sinistre total.
**Une prise de conscience croissante, mais une action encore insuffisante**
Bien que l'adaptation soit un défi connu des dirigeants, elle n'est pas encore une priorité. Une majorité d'entre eux considèrent que ce n'est pas un sujet prioritaire, même s'ils reconnaissent son importance. Seulement 12% des entreprises ont défini une stratégie et un plan d'action avec des résultats tangibles. L'inquiétude climatique des dirigeants est souvent reportée vers le futur, avec une perception accrue des risques à horizon 2030 et 2050.
**Les facteurs déclencheurs de l'action**
Le passage à l'action pour structurer une stratégie d'adaptation est motivé par plusieurs facteurs. La conviction personnelle des dirigeants reste un moteur important, mais les contraintes réglementaires (comme la CSRD) et la gestion de la sécurité (incendie, par exemple) jouent un rôle accélérateur. Les parties prenantes, notamment les banques, les investisseurs et les collaborateurs, poussent également les entreprises à s'engager. Dans le secteur du tourisme, les investisseurs sont particulièrement influents dans l'initiation de ces réflexions.
**Les actions concrètes et les freins à l'adaptation**
Les actions menées par les entreprises varient : installation de climatisation, technologies économes en eau, rénovation énergétique, solutions fondées sur la nature. Cependant, seulement 16% des dirigeants ont mené un diagnostic de vulnérabilité, étape préalable essentielle. Les principaux freins à l'action sont le manque de ressources financières, le manque de temps et un déficit de méthodologie et d'outils d'accompagnement.
**L'approche d'Homer : structuration et formalisation**
Le groupe Homer, bien que sensible au sujet depuis longtemps, est en phase de structuration et de formalisation de sa démarche d'adaptation. L'étude menée avec Axa Climate a permis de confirmer les risques identifiés intuitivement. Le groupe met en place une gouvernance pour l'analyse des risques, identifie les sites prioritaires et évalue sa chaîne d'approvisionnement. Des actions concrètes sont menées, comme le développement de toitures claires et d'une isolation renforcée pour les mobil-homes, ou le déplacement de transformateurs.
**La prise en compte des fournisseurs et des clients**
Homer travaille avec ses fournisseurs pour intégrer des critères environnementaux, comme les toitures claires pour les mobil-homes. L'entreprise cherche également à évaluer l'adaptabilité de sa chaîne d'approvisionnement pour garantir la continuité du service. Concernant les clients, une sensibilité croissante est observée, notamment sur la gestion de l'eau et les déchets. Cependant, il n'est pas encore certain que l'aspect écologique soit un critère de choix majeur pour l'ensemble de la clientèle. Le transport, en particulier pour les clients internationaux, représente un défi majeur en termes de scope 3, complexe à adresser en raison de la localisation des sites.
**Les défis futurs et les perspectives**
Le secteur touristique doit repenser son modèle économique face aux changements climatiques. L'exemple des stations de ski qui se tournent vers le tourisme estival ou des entreprises qui privilégient des destinations moins exposées illustre cette nécessité de pivoter. La mutualisation des recherches et des bonnes pratiques, notamment au sein des fédérations professionnelles, est également cruciale. L'adaptation est un chantier complexe, nécessitant une approche globale et intégrée pour assurer la pérennité du secteur.