
Why This Lord Of The Rings Theme Is SO Unsettling
Audio Summary
AI Summary
Pour représenter la pure méchanceté d'un lieu comme l'Isengard, une mélodie dissonante et une harmonie sombre ne suffisent pas. Il faut un outil musical capable d'atteindre des niveaux de ténèbres encore plus profonds : l'utilisation du 5/4. Le thème d'Isengard, créé par Howard Shore, pourrait être imaginé comme une version en 5/4 de la Marche Impériale, mais encore plus sombre.
Ce thème n'est pas long, il est direct et nous dit exactement comment nous devons nous sentir : mal à l'aise et effrayés par cet endroit sombre et instable. Le choix du 5/4 est crucial et n'est pas une simple section transitoire ; toute la pièce est en 5/4. Le fait que ce soit un mètre impair est plus important qu'il n'y paraît. L'harmonie est minimale, souvent une ligne mélodique unique jouée par les cuivres graves, répétée et transposée. Il n'y a pas de progression d'accords claire, juste une ligne à l'unisson qui suggère une tonalité mineure sans accorder de réel soutien harmonique.
Ce 5/4 entraînant est intéressant car les accents tombent sur le un et le trois : "1 2 3 4 5 1 2 3 4 5". La Marche Impériale est souvent comparée au thème d'Isengard pour *Le Seigneur des Anneaux*. Bien que la comparaison puisse surprendre, elle est pertinente. Cependant, le thème d'Isengard est bien plus sombre. Même en 4/4, sa ligne mélodique et l'harmonie qu'elle suggère seraient brutales et impitoyables. Mais Howard Shore a choisi le 5/4 pour amplifier ce sentiment, pour faire ressentir l'aspect industriel et manufacturier du mal.
Le 4/4 aurait suffi, mais le 5/4 change complètement la sensation générale. C'est ce qui le distingue de la Marche Impériale. La Marche Impériale, bien que sombre, a quelque chose de « fun ». On l'écoute avec plaisir des décennies plus tard. C'est une composition épique, ancrée et facile à suivre. Elle nous donne presque envie de rejoindre les Stormtroopers.
Le thème d'Isengard, lui, ne nous offre aucun répit. Le 5/4 nous maintient constamment déséquilibrés. Chaque fois que l'on pense pouvoir s'habituer à l'obscurité, ce battement supplémentaire nous déstabilise. Il n'y a pas de soulagement, pas de point d'ancrage. Le 5/4 nous maintient hors du rythme, créant un mal non seulement sombre et dissonant, mais aussi étrange et inconfortable.
Contrairement à la Marche Impériale, qui représente le mal d'une manière compréhensible et qui "semble juste" dans l'histoire, Isengard est dérangeant, déplacé. Le 5/4 ajoute un déséquilibre, nous faisant perdre le rythme encore et encore. C'est un mal dérangeant, évoquant à la fois une machine industrielle, avec des marteaux frappant le métal, et un moteur en rotation. La combinaison des marteaux forgeant des armes et ce mètre impair accentuant le un et le trois rend même le martèlement irrégulier, contrairement au rythme régulier d'un forgeron. Un moteur fonctionnant de manière si inégale ne fonctionnerait pas bien.
La Marche Impériale, malgré sa noirceur, offre une harmonie magnifique, des changements de tonalité et un développement harmonique. On peut s'y installer et en apprécier le pouls sans jamais être déséquilibré. Mais avec Isengard, il n'y a pas de repos, pas de chance de respirer. On est constamment martelé dans ce qui semble être des directions différentes, sans savoir ce qui va arriver ensuite. Le 5/4 est un outil de composition simple mais brillant, qui fait du thème d'Isengard une pièce unique parmi les thèmes du mal, en s'appuyant peu sur l'harmonie et beaucoup sur le rythme pour créer un sentiment de malaise.