
Archives secrètes : Les copains d'abord
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Ce programme explore des histoires d'amitié fortes et surprenantes entre de grandes personnalités du spectacle, à travers des archives secrètes, des films de famille, des photos intimes et des enregistrements sonores inédits.
L'histoire débute avec Georges Brassens et sa bande d'amis artistes au milieu des années 70. Parmi eux, Lino Ventura et Fred Mella. Fred Mella, très proche de Brassens, le filmait dans son quotidien au Moulin de la Bonde, à Crespières, où Brassens aimait réunir ses amis chaque week-end. Ces images révèlent une complicité profonde, un véritable "summum de l'amitié" selon le fils de Fred Mella. Le chanteur, souvent perçu comme un ours, était en réalité généreux et sensible, entouré de ses proches comme Raymond Devos, qui essayait ses sketchs à table, ou Bobby Lapointe, avec qui Brassens partageait un goût pour l'absurde. On y voit Brassens jardinier, ou testant son "vélo d'entraînement", toujours avec humour.
Lino Ventura, surnommé le "cuisinier personnel" de Brassens, était l'objet de moqueries tendres concernant ses fameuses pâtes. Une anecdote sur une "joute oratoire" entre les deux hommes à propos de la qualité des pâtes, capturée par Fred Mella, illustre leur amitié taquine. Cette scène a même été filmée par une équipe de télévision lors d'un concert à Montpellier.
Les amis se retrouvaient aussi chez Fred Mella à Goupillère pour fêter Noël. Des vidéos inédites montrent Brassens fumant un cigare, jouant avec les animaux, ou chantant des chansons avec Charles Aznavour au piano. Ces bœufs improvisés inspiraient parfois des duos télévisuels, comme celui de Brassens et Charles Aznavour reprenant "Les bancs publics".
Brassens écrivait et composait seul, mais confiait ses maquettes à ses amis. Une archive sonore rare présente une séance de travail pour "Les copains d'abord". Cette chanson, initialement une commande pour le film d'Yves Robert, est le fruit d'un perfectionnisme où Brassens créait plusieurs mélodies pour chaque texte. Il est entré en studio en octobre 1964, faisant 10 prises de voix, dont la 8ème a été conservée, légèrement accélérée au mixage pour le film.
René Fallet, écrivain et scénariste, était l'âme sœur de Brassens, son "vieux copain" qui le rassurait. Leur pacte ultime stipulait que le survivant ne parlerait jamais en public du cher disparu. Agathe Fallet, l'épouse de René, a conservé de nombreuses photos de ces moments intimes, révélant un Brassens bon camarade, loin de l'image de l'ours. Elle se souvient de la période à Crespières comme un très beau souvenir, où Brassens, séduisant sans le vouloir, était un "directeur de conscience" pour ses amis. Un télégramme de Pierre Onteniente, secrétaire de Brassens, demandant à René de venir à Crespières pour des conseils sur ses chansons, témoigne de l'importance de son avis.
En 1971, Brassens doit quitter son moulin à Crespières, vendu à des promoteurs. Il s'installe en Bretagne, à Les Ardrieux, où il est plus difficile de réunir sa bande. Il invite Fred Mella dans une lettre émouvante, et de nouvelles images inédites montrent Brassens dans cette nouvelle demeure, toujours entouré de ses proches.
Line Renaud, autre personnalité marquante, considérait l'amitié comme essentielle, allant jusqu'à dépasser les relations de copains. N'ayant pas pu avoir d'enfants, elle a trouvé une forme de maternité en choisissant deux "filles de cœur" : Claude Chirac et Muriel Robin. Des documents inédits révèlent le lien filial qu'elle entretient avec elles.
En juillet 1986, Line Renaud fête ses 58 ans à La Jonchère, sa propriété de Rueil-Malmaison. Des images inédites de cette soirée montrent les vedettes réunies et l'affection de Claude Chirac pour Line, qu'elle considère comme une "maman" et une "meilleure amie". La Jonchère est devenue un refuge pour Claude, un lieu de confidences et de confiance totale.
L'amitié de Line Renaud avec la famille Chirac est telle qu'elle est présente aux moments clés, comme le 7 mai 1995, lors de la victoire de Jacques Chirac à l'élection présidentielle. Des images inédites de cette soirée montrent Line Renaud aux côtés de Gregory Peck et son épouse, suivant le discours de Jacques Chirac. Claude Chirac, qui a "adopté" Line, témoigne du rôle fondamental de la chanteuse dans son épanouissement.
Muriel Robin est la "cadette" des filles de cœur de Line Renaud. Des images inédites de l'anniversaire des 90 ans de la mère de Line, Simone, en 1995, montrent leur complicité. Muriel se sentait comme la fille que Line aurait aimé avoir, une "maman d'amour". Leur rencontre remonte à la fin des années 80. En 2007, elles triomphent ensemble dans la pièce "Fugueuse", une aventure marquée par la complicité, le rire et une affection profonde, comme en témoignent des improvisations sur scène et l'émotion de leur séparation après six mois de représentations. En 2008, pour les 80 ans de Line, Muriel lui offre une chanson inédite, une déclaration d'amour qui souligne leur lien indéfectible.
Serge Gainsbourg, le "solitaire", a choisi de s'entourer d'une nouvelle famille d'amis dans les années 80, les policiers. Il fréquentait les commissariats de son quartier et le 36 Quai des Orfèvres. Michel Boucher, ancien patron de la brigade des stups, et Jean-Marc Bloch, de la 6e division de la PJ, sont devenus ses proches. Leur amitié est née d'une rencontre fortuite et s'est renforcée en 1987 lorsque Gainsbourg a sollicité le commissaire Boucher suite à un projet d'enlèvement de sa fille Charlotte.
Gainsbourg était un "visiteur du soir" au commissariat, se sentant "chez lui" dans cette "tribu" policière. Il participait même aux dîners de la Poularde, un club fermé de commissaires, où il se mettait au piano, même alcoolisé. Pour rentrer chez lui, il n'hésitait pas à se faire "ramasser" par un car de police, faisant du stop ou demandant le "pimpon et le bleu" (gyrophare). Thomas Dutronc se souvient d'avoir été avec Serge au commissariat à 14 ans, où il a constaté l'affection des policiers pour son père et Gainsbourg.
Serge Gainsbourg a offert un lion au 36 Quai des Orfèvres en 1987. En 1989, il rencontre Michel Boucher, alors patron des stups, et devient son ami, s'intéressant au monde de l'investigation policière. Un soir, il réalise des photos d'identité anthropométriques pour s'amuser, une blague qui inspirera la pochette de son album "You're Under Arrest". Le photographe Pierre Terrasson a immortalisé cette passion pour l'univers policier lors d'une séance au commissariat d'Aubervilliers, avec de faux policiers et Serge menotté devant une Marianne. Gainsbourg est même apparu en uniforme de policier dans une caméra cachée de Christophe Dechavanne, montrant son rapport curieux à l'autorité, entre liberté et admiration.
Sa générosité se manifestait par des dons pour les orphelins de la police. En 1988, il parraine le club de cyclistes d'André Quentin, un policier de Coutances, lui offrant un chèque de 100 000 francs et exigeant un maillot blanc marqué "Gainsbar". L'équipe Gainsbar est même invitée à "Sacrée Soirée" en 1990, un moment "sommum" pour eux.
Eddie Barclay partageait ce sens de l'amitié. Le "pape du show-business" aimait s'entourer de sa garde rapprochée. En juin 1981, sur le plateau d'Antenne Midi, il déclare que ses amis lui sont "aussi indispensables que les femmes". Le 21 juin 1984, il se marie pour la septième fois avec Cathy. Des images inédites de ce mariage à Neuilly-sur-Seine montrent Alain Delon comme témoin, et un jeune maire de 29 ans, Nicolas Sarkozy, célébrant la cérémonie avec humour. La fête se poursuit avec un déjeuner intime et la fameuse "Nuit Blanche" au Pavillon d'Armenonville, où 2000 invités vêtus de blanc, dont Pelé, se pressent pour célébrer.
Ces fêtes grandioses, lancées dans les années 60, étaient pour Barclay un moyen de promouvoir sa maison de disques et ses artistes. Léo Missire, directeur artistique, a filmé ces soirées à thème, comme la Nuit de la Mer, où l'on pouvait croiser Duke Ellington, Léo Ferré, Charles Aznavour ou Dalida. Les "idées folles" de Barclay, comme faire entrer les invités par un toboggan, étaient légendaires.
Eddie Barclay était un dénicheur de talents, débauchant des artistes comme Charles Aznavour, dont il a fait éclater la carrière. Nicoletta, repérée par Léo Missire, témoigne de la fierté de travailler pour lui, entourée des plus grands de la chanson française. Barclay organisait des déjeuners et dîners pour présenter ses jeunes talents aux patrons de presse et de télévision.
À la fin des années 70, Barclay s'offre la villa du Cap à Saint-Tropez, un lieu de fête où se mêlaient anonymes et célébrités. Des images inédites de 1982 montrent la fête des 65 ans d'Henri Salvador et la traditionnelle Fête en Blanc du 15 août, avec Thierry Le Luron imitant les amis de Barclay. Guillaume Barclay, fils d'Eddie, est devenu photographe et a conservé des milliers de clichés de la vie de son père, de ses femmes, de ses fêtes et de ses amis, connus ou inconnus. Il se souvient d'Elton John jouant "Song for Guy" juste pour lui un matin après une nuit blanche.
Jean Ferrat, lui, était ami avec Eddie Barclay mais ne fréquentait pas les fêtes en blanc. Il s'était créé une autre bande de copains en Ardèche, à Antraigues-sur-Volane, un village de paysans dont il est tombé amoureux en 1964. Des archives et témoignages inédits révèlent un homme secret, ami de pétanque et camarade engagé dans la défense de ce territoire.
Ferrat était un joueur de pétanque appliqué, détestant perdre, surnommé "Ferassou" par ses amis du village. Il travaillait ses chansons à partir du 15 septembre, quand la région se vidait. Ses parties se jouaient avec les habitants, dont Félicien, qui a inspiré la chanson "Sacré Félicien". Au début, les villageois étaient réservés, mais ont vite compris la simplicité et l'amour des gens de Ferrat. L'Ardèche l'a inspiré pour "La Montagne", un hymne à la ruralité qu'il a composé "sur le coin d'une table", un "cri du cœur" qui l'a fait adopter par le village.
Au café-restaurant L'Opodélo, Ferrat retrouvait ses amis, participant aux fêtes organisées par Hélène Bessade, une amie proche aux mêmes idées politiques. Tous les mardis gras, c'était soirée dé