
🚨 La fondation Ethereum implose : faut-il vendre ?
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En mars 2026, l'Ethereum Foundation a demandé à ses employés de signer un document de 38 pages, le "EF Mandate", sous peine de licenciement. Cette décision divise l'écosystème, certains y voyant un retour aux fondamentaux, d'autres un suicide stratégique. Malgré sa position de deuxième blockchain mondiale et son rôle central dans la DeFi, les stablecoins et la tokenisation institutionnelle, le token Ethereum sous-performe Bitcoin depuis des mois. Son ratio Ethereum-Bitcoin a perdu 60 à 65% de sa valeur relative depuis 2021, et sa dominance est à son plus bas depuis 2021, représentant environ 10% de la capitalisation totale du marché crypto, contre plus de 56% pour Bitcoin. Les ETF Ethereum gèrent six fois moins d'actifs que les ETF Bitcoin.
Cette sous-performance n'est pas technique, mais résulte d'une crise de confiance envers la direction du projet. La fondation a connu des turbulences, notamment des conflits d'intérêts mal gérés fin 2024 avec des chercheurs acceptant des rôles rémunérés chez EigenLayer. Début 2025, des appels à un changement de leadership ciblent Ayam Miyaguchi, la directrice exécutive, jugée trop passive. En octobre 2025, Peter Zilagy, ancien mainteneur du client Geth, dénonce le dysfonctionnement de la fondation et le sous-paiement chronique des développeurs. Au même moment, la fondation déplace 160 000 ETH (650 millions de dollars) vers un portefeuille de vente, ravivant les tensions. Des figures clés, comme Dan Krad Feist, architecte de la scalabilité, quittent le projet, et d'autres expriment leurs doutes.
Face à cette crise de gouvernance, la fondation a réagi. En mars 2025, Ayam Miyaguchi devient présidente, et deux co-directeurs exécutifs sont nommés : Xiao Wei Wang et Thomas Stanzak. L'accent est mis sur l'exécution, avec une réorganisation de la R&D autour de trois priorités : scaler le L1, augmenter la capacité de données pour les L2, et améliorer l'expérience utilisateur. Des licenciements ont eu lieu. La structure Aethery Allies est lancée pour le volet institutionnel, visant à faire d'Ethereum le socle de la finance mondiale. La fondation commence également à staker des ETH, marquant un changement de posture.
Techniquement, 2025 est une année active. Pectra est activée en mai, permettant aux wallets classiques de se comporter comme des smart contracts. Fusaka suit en décembre, augmentant la capacité de données pour les L2 et réduisant les frais. Deux mises à jour majeures par an sont prévues. Cependant, en février 2026, Stanzak démissionne. Quelques semaines plus tard, le "EF Mandate" est publié.
Ce document, mi-constitution mi-manifeste, clarifie la vision d'Ethereum. La priorité absolue est donnée aux "crops" (propriétés non négociables : décentralisation, neutralité, résistance à la censure, sécurité), jamais sacrifiées pour la croissance ou la commodité. L'adoption est secondaire, le prix hors sujet. La fondation se définit explicitement comme n'étant ni une entreprise, ni une agence marketing, ni un faiseur de roi. Cela signifie un refus des "tentations institutionnelles" qui compromettraient les fondamentaux. Ethereum ne cherche pas à gagner vite, mais à ne pas être capturé.
Cette vision divise. Certains saluent un retour aux principes fondateurs, d'autres craignent que Solana ne prenne des parts de marché pendant qu'Ethereum "philosophe". Un ingénieur de Coinbase critique l'absence de concentration sur l'optimisation pour la finance.
Malgré la sous-performance du token, les fondamentaux d'Ethereum restent solides. Le réseau domine la DeFi mondiale (60% du marché des stablecoins), 30% de l'offre totale d'ETH est stakée, et les institutions tokenisent majoritairement leurs actifs sur Ethereum. La fondation a staké 46 millions de dollars d'ETH supplémentaires, signalant une confiance interne.
Le problème réside dans un modèle de valeur transformé. L'activité migre vers les L2 (Arbitrum, Base, Optimism), qui utilisent Ethereum comme couche de sécurité mais captent l'essentiel des frais. Les frais sur le L1 ont chuté, et ETH est redevenu légèrement inflationniste. C'est le résultat d'un choix délibéré : Ethereum a sacrifié des frais directs à court terme pour devenir moins cher et plus accessible, visant une domination à long terme en tant qu'infrastructure