
Accord US-Iran : le vrai risque pour vos investissements
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Le problème fondamental de l'économie actuelle concernant le pétrole est un excès d'offre par rapport à la croissance économique. Les investisseurs ne doivent pas croire que ce problème est résolu. Les taux d'intérêt élevés et prolongés représentent un risque pour les consommateurs et les entreprises.
L'accord potentiel entre les États-Unis et l'Iran a provoqué une chute du baril de Brent à 77 dollars, son plus bas niveau depuis mars. Cependant, des "astérisques" subsistent, notamment 14 points dans le protocole d'accord nécessitant 60 jours d'ouverture. Les questions épineuses, comme le nucléaire iranien, sont repoussées. La question de savoir si l'offre iranienne de brut reviendra rapidement sur le marché reste ouverte.
**Prévisions à 6-12 mois pour le pétrole, l'inflation et les taux :**
* **Pétrole :** Le retour à des prix normaux autour de 70 dollars le baril prendra au minimum six mois, le temps que les acteurs économiques se réorganisent et que les circuits d'approvisionnement se rétablissent. Les réserves stratégiques utilisées pour calmer le marché sont maintenant épuisées, laissant peu de marge de manœuvre en cas de nouvelles tensions. Un problème fondamental demeure : trop de pétrole par rapport à la croissance actuelle.
* **Inflation :** L'inflation post-pétrole n'est plus un sujet majeur. Le choc pétrolier a été plus un problème de pénurie que de demande. La réorganisation des chaînes d'approvisionnement et la création de circuits alternatifs entraîneront une légère hausse des prix, mais pas une spirale inflationniste classique. Les banques centrales veulent éviter cette spirale.
* **Taux :** Le principal risque pour les marchés cet été ne vient pas de l'énergie, mais du niveau des taux d'intérêt. Les taux se détendent beaucoup moins vite que le pétrole. La Fed et la BCE maintiennent un discours vigilant sur l'inflation. Il y a un risque d'une deuxième hausse de taux à la rentrée, ce qui serait une erreur selon certains experts. Cela affectera non seulement le marché actions, mais aussi le crédit privé.
**Implications pour les investisseurs :**
* **Ne pas interpréter la baisse du pétrole comme une résolution définitive.** Le problème structurel de surproduction persiste.
* **Attention aux taux d'intérêt.** Ils restent un facteur de risque majeur, plus que le pétrole, surtout si des hausses supplémentaires sont à prévoir.
* **Les investisseurs n'ont pas paniqué.** Malgré les secousses, les investisseurs fondamentaux sont restés en position, anticipant que la crise s'arrêterait. Cela explique la résilience des marchés actions, malgré des mouvements importants sur certains secteurs comme l'IA et les semi-conducteurs.
* **Le marché américain est dopé au crédit et au levier.** Le levier des brokers et les ETF à effet de levier sont préoccupants. Les multiples de valorisation, notamment pour les bénéfices anticipés, sont élevés (21x en moyenne pour les US contre 15x pour l'Europe).
* **L'Europe est moins chère et moins risquée.** Les indices européens comme le CAC et le DAX sont latéraux depuis des mois, avec des multiples dans la moyenne. L'Asie, malgré les risques politiques, offre des opportunités, notamment la tech chinoise, sous-évaluée par rapport au Nasdaq.
**Secteurs à privilégier et à éviter :**
* **Défense européenne :** Risque faible, baisse récente.
* **Infrastructure électrique (France/Europe) :** Acteurs solides (Schneider, Legrand), lié à l'IA, gestion de projets long terme.
* **Énergie propre :** Thème intemporel pour les 4-5 prochaines années.
* **Robotique (robot taxi, etc.) :** Thème intéressant, jouable via ETF.
* **Espace :** Micro-climat en développement, événement majeur à venir.
* **Quantique :** Plus spéculatif, retour du souverain, investissements lourds.
* **Santé :** À aborder avec prudence, décevant ces derniers temps.
**Stratégie d'investissement pour l'été :**
* Injecter l'épargne progressivement : un tiers maintenant, un tiers fin septembre, et garder un tiers en cash pour octobre.
* Ne pas vendre ses positions actuelles, mais être prudent sur les nouvelles acquisitions, surtout sur le long terme (15 ans).
* Les ETF offrent une diversification et un coût avantageux, mais il faut vérifier les pondérations.
**Risques persistants :**
* **Dette publique :** L'éléphant dans la pièce, un frein énorme à la croissance en Europe, Chine, États-Unis et Japon. Le marché finit toujours par réévaluer ces déséquilibres.
* **Crédit privé :** Besoin de liquidités fraîches et peu chères, milieu fragilisé par les taux élevés. Risque sur le crédit auto, le crédit immobilier.
* **Consommateur américain :** Perte de pouvoir d'achat due à des salaires réels négatifs, malgré la résilience apparente.
* **Politique monétaire :** La BCE semble vouloir marquer sa détermination face à l'inflation, mais pourrait faire une erreur en remontant encore les taux dans un contexte de ralentissement économique.
* **Marché américain :** Dopé au crédit, au levier, et concentré sur quelques valeurs technologiques. Le risque pourrait venir d'une correction de ces "bulles" technologiques, notamment les semi-conducteurs.
**SpaceX :**
* Le prix d'introduction et la hausse initiale à plus de 220 dollars sont jugés excessifs compte tenu des pertes de l'entreprise (5 milliards en 2023).
* Bien que l'avenir soit prometteur (IA, Starlink), le coût actuel est trop élevé.
* Une valorisation plus raisonnable se situerait autour de 100-130 dollars, voire en dessous du prix d'introduction (135 dollars).
* Une part importante des dépenses de SpaceX est allouée à XAI, une division IA en concurrence directe avec d'autres géants de la tech, nécessitant d'énormes montants de cash.
* L'histoire de SpaceX est plus proche du private equity, avec une capacité d'évolution rapide sous l'impulsion d'Elon Musk, similaire à Tesla.
**Perspectives sur les marchés :**
* **Technologie américaine :** Le marché est soutenu par les semi-conducteurs. Un signal d'alerte pourrait être une révision à la baisse des capex des "Magnificent Seven". Une rotation pourrait avoir lieu, affectant potentiellement Nvidia.
* **Europe :** Moins pondérée en tech, elle pourrait surperformer les États-Unis si la tech américaine refroidit. Le Dax est dans la moyenne des prix, offrant un potentiel de rebond.
* **Asie (Chine) :** Sous-évaluée par rapport aux sommets de 2021, malgré les risques politiques. Les autorités chinoises pourraient stimuler la consommation, bénéficiant aux secteurs européens dépendant de la Chine (luxe, automobile).
**Taux d'intérêt et crédit immobilier :**
* Les banques font du "dumping" sur les taux de crédit immobilier, mais leur marge de manœuvre pour les baisser davantage est limitée si les taux directeurs remontent.
* Attendre une baisse des taux pour investir dans l'immobilier n'est pas conseillé.
* Le rachat de crédit sans avoir vendu son bien précédent est risqué, surtout dans les zones où le marché immobilier se tend.
**Scénario de retour à 110 dollars le baril de pétrole :**
* Jugé peu probable à court terme en raison des impératifs électoraux américains et de la volonté d'éviter un bourbier.
* Cependant, la possibilité d'un "cygne noir" existe. La protection passe par la conservation d'une partie de son cash.
**Risque principal pour l'économie mondiale en 2026 :**
* **Alain Pitous :** Non, les risques sont toujours là. Les déséquilibres commerciaux et économiques persistent. Le yen et la dette publique sont des déclencheurs potentiels de crise.
* **Alexandre Baradez :** Ce ne sera pas la géopolitique elle-même, mais les conséquences de ce qu'elle a déclenché : taux d'intérêt plus élevés, impact sur les consommateurs et les entreprises. Une correction de 10-15% aux États-Unis, ramenant les valorisations à la moyenne, serait saine.
**Rendez-vous :**
* Alain Pitous : LinkedIn, X, Substact "carnet d'allocation".
* Alexandre Baradez : X, LinkedIn, Facebook, Instagram, YouTube (chaîne IG France, "market live").