
La liberté financière en étant fonctionnaire, réaliste ?
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Un fonctionnaire de 25 ans, en couple, gagne 1600 euros par mois. Son patrimoine s'élève à 23 000 euros, principalement sous forme de livrets d'épargne, sans héritage. Il épargne 500 euros par mois, soit environ 30% de son salaire, ce qui est une discipline financière admirable compte tenu de l'inflation actuelle. Son objectif est de construire un patrimoine solide pour atteindre une stabilité et une liberté financière, sans nécessairement devenir millionnaire, et avoir l'esprit tranquille jusqu'à la retraite.
L'objectif de liberté financière est estimé à environ 330 000 euros de patrimoine, ce qui permettrait de couvrir 1113 euros de dépenses mensuelles avec un taux de retrait de 4%. Ses dépenses sont relativement faibles : 427 euros de loyer avec charges (probablement mutualisé), des frais d'électricité classiques, des courses, loisirs et un peu d'essence. Il rembourse également un prêt étudiant de 47 euros par mois.
Le principal problème de sa stratégie actuelle réside dans l'allocation de ses investissements. Bien qu'il épargne beaucoup, la majeure partie de son argent reste sur des livrets (PEL, LDDS, Livret A) dont les rendements (environ 2% pour le PEL, 1,7% pour le LDDS et le Livret A) sont inférieurs à l'inflation. Cela lui fait perdre du pouvoir d'achat réel chaque année. Son PEA, qui est potentiellement le placement le plus rentable à long terme, ne reçoit que 50 euros par mois, soit 10% de son épargne. Cette allocation est jugée insuffisante pour atteindre ses objectifs.
Son patrimoine de 24 000 euros est principalement constitué de comptes d'épargne au Crédit Agricole. Il paie très peu de frais bancaires (1 euro par an), ce qui est logique étant donné qu'il n'investit pas dans des produits plus complexes. Cependant, ne pas investir et payer peu de frais est moins avantageux que d'investir, payer un peu plus de frais, mais obtenir un rendement net supérieur. Sa diversification géographique est faible, avec une surexposition aux États-Unis via son PEA (662 euros avec une plus-value de 9%) qui est investi dans un ETF MSCI World Swap. Cet indice couvre le monde développé, excluant une partie des marchés asiatiques.
Concernant sa stratégie, il épargne 500 euros par mois, dont 50 euros vont sur son PEA MSCI World. Le reste est réparti entre un PEL, un LDDS et un Livret A. Il n'a pas d'investissement immobilier mais un prêt étudiant.
Ses questions principales sont : comment investir dans l'immobilier avec un petit capital et si son patrimoine actuel lui permettra d'atteindre la liberté financière dans la décennie à venir. Il est suggéré que la question n'est pas "comment" mais "pourquoi" investir dans l'immobilier, compte tenu de son objectif. L'immobilier, avec effet de levier sur un horizon de 25 ans et des revenus solides, pourrait être intéressant. Cependant, l'effet de levier fonctionne dans les deux sens. Le contexte actuel (projet de loi de finances 2027 limitant les LMNP, hausse des taux, baisse des prix immobiliers depuis 2020) rend l'investissement immobilier plus risqué. Les frais de mutation et d'agence réduisent immédiatement la valeur de l'investissement. Il est donc déconseillé d'investir dans l'immobilier sans une conviction forte, d'autant plus que cela limiterait sa diversification géographique.
Pour répondre à la question de la liberté financière, un simulateur est utilisé. Il est recommandé de conserver un matelas de sécurité de 6 mois de dépenses, soit 6600 euros (1100 euros de dépenses mensuelles x 6). Le reste de son capital (environ 17 322 euros) devrait être investi, principalement dans un PEA, éventuellement en prenant date sur une assurance-vie.
En investissant 500 euros par mois pendant 20 ans avec un taux de rendement annuel de 7% (historique des marchés financiers) et un taux de retrait de 4%, il pourrait générer une rente mensuelle de 1100 euros. Cependant, cette projection ne tient pas compte de l'inflation. Pour maintenir son pouvoir d'achat, il devra viser 1192 euros par mois dans 30 ans avec une inflation stable à 2%. Pour atteindre cet objectif en tenant compte de la fiscalité (estimée à 30%), il faudrait investir 500 euros par mois pendant 32 ans avec un rendement de 7% et un taux de retrait de 4%.
Concernant la question de savoir s'il faut chercher à gagner plus ou à mieux placer, il est conseillé de commencer par optimiser l'allocation de son patrimoine, ce qui demande peu d'effort. Cependant, l'impact le plus significatif viendrait d'une augmentation de ses revenus, à condition de ne pas augmenter son train de vie proportionnellement. Les leviers pour atteindre un objectif financier sont la durée d'investissement, l'augmentation du capital initial, et surtout l'augmentation des versements mensuels grâce aux intérêts composés. Augmenter les versements mensuels de 200 euros (soit 700 euros par mois au lieu de 500) permettrait d'atteindre 3800 euros de rente mensuelle contre 2900 euros sur une longue durée.
Sa note Finary est de 95/100. Sa gestion budgétaire est admirable, il dépense moins qu'il ne gagne et investit dans son futur. En bourse, il coche toutes les cases sauf le CTO (compte-titres ordinaire), mais ce n'est pas nécessairement un inconvénient à son stade. Son matelas de sécurité est trop important, mais il a largement de quoi couvrir 3 à 6 mois de dépenses. Il a une vision à long terme, optimise sa fiscalité via le PEA et dispose d'un patrimoine très liquide. La vidéo espère l'aider à mieux définir ses objectifs et mettre en place les bons réflexes.