
Choosing the Right Mic For The Job with Kristian Kohle
AI Summary
Dans cette discussion approfondie sur la production musicale, en particulier dans le genre metal, Christian et Warren explorent les subtilités du choix et de l'utilisation des microphones, l'évolution des techniques d'enregistrement et l'importance croissante du caractère unique dans un paysage musical de plus en plus homogène.
La conversation débute sur une note personnelle, évoquant des visites de studios mémorables, notamment le célèbre Studio Atlantis à Stockholm, berceau d'ABBA. Cette connexion suédoise de Christian, moitié suédois, est brièvement explorée comme une possible influence sur son affinité pour le metal, contrastant avec son héritage allemand, et suscitant l'idée humoristique que la Finlande, avec sa densité de groupes de metal, pourrait compléter son profil musical.
Le cœur de la discussion se tourne ensuite vers les microphones, en particulier pour le genre metal. Warren lance le débat en mentionnant le microphone D6 d'Audix, souvent considéré comme un choix "metal" en raison de son attaque massive et de sa sonorité "scoopée" (avec des médiums réduits). Christian confirme que le D6 est un choix sûr pour obtenir un son de grosse caisse percutant et "metal", mais souligne qu'il s'agit d'une solution assez spécifique, limitant la flexibilité. Il présente alors une alternative plus polyvalente : le nouveau microphone pour grosse caisse d'Austrian Audio. Ce microphone à large diaphragme est décrit comme neutre avec une réponse en fréquence étendue, offrant une "toile vierge" qui peut être égalisée pour imiter le son du D6 en quelques secondes, ou orientée vers d'autres sonorités. L'idée est qu'un microphone "plat" et de bonne qualité, capable de gérer un niveau de pression acoustique élevé (SPL), peut être sculpté pour obtenir le son désiré grâce à l'égalisation, ce qui le rend plus polyvalent pour les ingénieurs qui savent comment l'utiliser. Cependant, il reconnaît que pour ceux qui débutent ou qui préfèrent une approche plus directe, un microphone comme le D6 peut être plus simple pour obtenir rapidement le son recherché.
La discussion se déplace vers les toms et la caisse claire. Christian mentionne le microphone dynamique SE Electronics V7X comme une alternative moderne et plus "snappy" (vivace) au classique SM57. Il partage ensuite une découverte récente et surprenante : le microphone clip-on dynamique D57 de Beyerdynamic. Décrit comme un microphone à condensateur, il offre une sonorité très vive, avec beaucoup d'aigus et des médiums atténués, se rapprochant d'un son "mix-ready" et idéal pour les toms et les grosses caisses, ainsi que pour les caisses claires, particulièrement sur les configurations accordées bas. Le principal inconvénient mentionné est qu'il s'agit d'un microphone cardioïde, captant plus de "bleed" (fuite) des cymbales que les microphones hypercardioïdes plus courants comme le V7X ou le MD421. Cependant, il note que le "bleed" des cymbales capté par le D57 sonne étonnamment bien, contrairement à la sonorité parfois désagréable du "bleed" des cymbales sur un MD421, et que ce problème est de moins en moins préoccupant grâce aux plugins modernes de suppression de bruit.
L'entretien aborde ensuite la guitare basse. Christian explique qu'il enregistre rarement les amplificateurs de basse de nos jours, préférant souvent le DI (Direct Input) pour le bas du spectre et un son d'ampli traité séparément. Lorsqu'il miké un amplificateur de basse, il cherche avant tout le caractère "overdrivé" ou distordu, et traite la basse comme une guitare. Il utilise souvent des baffles de guitare pour cela, car les haut-parleurs de basse sont plus "hi-fi" et peuvent sonner harsh lorsqu'ils sont saturés. Il utilise donc les mêmes microphones que pour les guitares.
Concernant les guitares électriques, le Shure SM57 est cité comme un choix classique et éprouvé, bien que Warren exprime une certaine lassitude face à sa prédominance. Christian partage une découverte récente et étonnante : le microphone pour grosse caisse M82 de Telefunken, utilisé sur un baffle de guitare. Il décrit ce microphone comme produisant un son incroyable sur les guitares, en particulier lorsqu'on désactive ses filtres internes de "scoop" et de "boost" des aigus. Il recommande à quiconque possède ce microphone de l'essayer sur des baffles de guitare ou de basse.
La discussion sur la caisse claire revient sur l'importance du compromis. Bien que des microphones à condensateur (comme le Neumann U87) puissent offrir une capture exceptionnelle de tous les aspects de la caisse claire (clarté, corps, résonance), leur sensibilité aux fuites d'autres instruments rend leur utilisation délicate dans un mix dense. Le SM57, malgré ses limitations sonores intrinsèques, offre un excellent rejet et peut être modelé pour obtenir le son désiré. L'avènement d'outils de traitement du son comme les "drum gates" (portes de batterie) modernes (par exemple, l'Oxford Drumgate) permet de résoudre certains de ces problèmes de fuite, rendant la capture de la source moins critique, bien que Christian insiste sur l'importance fondamentale d'obtenir un bon son dès le départ.
La conversation prend une tournure plus conceptuelle avec l'exploration de la créativité et de l'originalité dans la musique metal. Christian évoque sa visite au studio "The Pit" de Taylor Young, un producteur de metal réputé pour ses méthodes non conventionnelles. Young utilise une multitude de microphones inhabituels pour les guitares, y compris des microphones prévus pour d'autres applications (comme le Rode Podcaster/Procaster), ainsi que des microphones à ruban de marques moins connues. Il évite souvent les combinaisons classiques (SM57, baffle Celestion V30), ce qui conduit à des sonorités "sludgy" et distinctives, loin du son metal moderne générique. Cette approche non conventionnelle est présentée comme essentielle pour se démarquer.
Cette idée de singularité est renforcée par la discussion sur les académies et les cours en ligne. Christian, à travers sa plateforme "Cola Audio Cult", propose une approche hybride qui intègre à la fois les techniques d'enregistrement traditionnelles (microphonie) et les outils modernes (amplis virtuels, programmation de batterie). Il souligne que l'objectif est de développer un caractère et une attitude uniques, car la technologie actuelle permet à quiconque d'obtenir un son décent, rendant l'originalité la véritable valeur ajoutée. L'avènement de l'IA est également abordé comme un facteur qui pourrait homogénéiser davantage le son, rendant la différenciation encore plus cruciale. Les synthétiseurs analogiques et les équipements qui introduisent de la "randomness" (aléatoire) sont vus comme une réponse à cette tendance.
La conversation revient sur des microphones spécifiques. Le JZ Black Hole est mentionné pour sa qualité vocale, et le microphone JZ V67 est présenté comme un microphone "coup de cœur", particulièrement polyvalent et abordable, excellent pour les voix, les guitares acoustiques, et même comme micros d'ambiance pour la batterie. Il est comparé à des microphones classiques comme le Neumann U67, avec une volonté de le tester dans des contextes similaires. La discussion sur les microphones Neumann est inévitable, avec une reconnaissance de l'U87 comme un standard de l'industrie, mais aussi une exploration d'alternatives. Le AKG C414 est présenté comme un concurrent polyvalent de l'U87, offrant de multiples directivités et un pad atténuateur, le rendant utile sur une variété de sources, y compris les guitares et la batterie. Cependant, il est noté que le C414 n'est pas toujours idéal pour toutes les voix, en particulier dans le metal extrême où des voix agressives peuvent nécessiter un microphone plus "pardonnant" et moins détaillé que ce que le C414 peut offrir.
Le Neumann SM7B est réaffirmé comme un microphone clé dans le metal, particulièrement apprécié pour les chanteurs qui préfèrent tenir le microphone. Sa conception, avec une capsule plus éloignée de la grille, le rend plus tolérant aux variations de positionnement et à la proximité de la bouche. La question de la "cupping" (couvrir le microphone avec la main) est abordée, non pas comme une technique à proscrire, mais comme une décision artistique qui, combinée à d'autres effets comme les pédales de guitare, peut contribuer à un son unique et désiré par l'artiste.
Une thématique importante émerge : l'importance de s'adapter à la vision de l'artiste plutôt que d'imposer ses propres préférences techniques. Warren cite Dave Jerdan qui enregistrait le son tel qu'il lui était présenté, même s'il n'était pas la méthode la plus conventionnelle. Cette flexibilité et cette capacité à "gérer" les situations inhabituelles sont considérées comme la marque des professionnels accomplis. Il y a une critique des groupes qui envoient des pistes brutes sans vision claire, laissant tout le travail de création au mixeur. L'apprentissage de l'écoute et de l'acceptation des approches non conventionnelles est souligné comme un élément clé de la maturité professionnelle.
La discussion sur la précision rythmique est également abordée. L'idée d'une synchronisation parfaite est remise en question, avec des exemples comme Led Zeppelin où un certain "lâcher-prise" rythmique contribue au "feel". L'instinct, développé au fil des années, est présenté comme le guide ultime pour déterminer quand la précision est nécessaire et quand un certain relâchement peut améliorer le résultat.
Enfin, la conversation se conclut sur une note prospective avec l'annonce d'un nouveau microphone prototype : "The Claw". Il s'agit d'un microphone à ruban conçu en collaboration avec AEA, spécifiquement destiné à la prise de son rapprochée des guitares. Décrit comme ayant une sonorité spectaculaire, il est basé sur des designs d'anciens microphones RCA, fabriqués à la main en collaboration avec AEA, une entreprise reconnue pour son expertise dans les microphones à ruban. Ce microphone est présenté comme une innovation majeure pour les guitaristes et les ingénieurs du son cherchant à capturer le son de leur instrument avec une qualité exceptionnelle. Les auditeurs sont invités à consulter le lien vers le cours de Taylor Young et l'académie de Christian pour plus d'inspiration et d'apprentissage.